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6 vaccinés sur 10 estiment que l'extension du pass sanitaire provoquerait des tensions

À compter d'octobre, les entités fédérées pourront imposer le Covid Safe Ticket dès l'âge de 16 ans, notamment dans l'horeca. ©James Arthur

Le 34e baromètre de motivation révèle que les avis sur l'étendue d'un Covid Safe Ticket sont divisés, même chez les vaccinés. Les experts suggèrent de mettre l'accent sur son caractère temporaire.

Selon le dernier rapport du baromètre de motivation, réalisé sur base de données collectées entre le 3 et le 8 septembre 2021, l'étendue d'un Covid Safe Ticket (CST) reste une question sensible au sein de la population et pourrait agir comme une arme à double tranchant. Les personnes non vaccinées (886 sujets interrogés) y restent fermement opposées, car elles le perçoivent comme un instrument de pression.

Selon le document, rédigé par des chercheurs de l’université de Gand, l’UCLouvain et l’ULB, "92% des personnes non vaccinées vivent le CST comme un moyen de pression pour les obliger à se faire vacciner".

Réactions politiques

Du côté des responsables politiques, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) ne souhaite pas débattre d'une obligation vaccinale généralisée. Mais il estime que les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner peuvent être privées d'un certain nombre de libertés.

"Si l'objectif est de pousser les gens à se faire vacciner alors c'est un coup de canif dans le contrat passé avec les citoyens."
Sophie Wilmès
Vice-Première ministre

"Si vous ne voulez pas être vacciné, vous devez être prêt à vous faire tester tous les jours lorsque vous sortez et cela va rapidement coûter cher", a-t-il déclaré jeudi.

Au MR, on se dit pour une mesure proportionnée et limitée dans le temps, car le CST est contraire aux promesses faites à la population. Selon la vice-Première ministre Sophie Wilmès, "le MR ne sera jamais pour une société de pass et de contrôles. Car si l'objectif est de pousser les gens à se faire vacciner alors c'est un coup de canif dans le contrat passé avec les citoyens", a-t-elle déclaré jeudi.

Des Régions nuancées

Les personnes vaccinées (2.120 personnes sondées), quant à elles, considèrent le CST comme une évidence. Le rapport indique que "près de 7 personnes vaccinées sur 10 estiment que le CST a une valeur informative et qu'il attire l'attention du public sur les situations à risque".

Selon les chercheurs, les Bruxellois sont plus favorables au CST en raison de la situation épidémiologique dans la capitale.

Elles y voient surtout un outil pour assurer la sécurité et la santé et pour motiver les personnes non vaccinées. Elles plaident donc pour une extension progressive selon les contextes à haut risque.

La tendance varie toutefois selon les Régions. Le fait que les Bruxellois, en particulier, soient plus favorables au CST est logique au vu de la situation épidémiologique dans la capitale, estiment les chercheurs. De fait, le pass sanitaire fait moins l'objet d'un soutien en Wallonie et en Flandre, en particulier dans les domaines éducatif et professionnel.

Les sujets vaccinés divisés

Cette tendance se reflète aussi dans le soutien aux mesures. Le rapport précise que la proportion de personnes vaccinées qui sont motivées est plus faible en Flandre qu'en Wallonie et à Bruxelles.

De façon générale, six personnes vaccinées sur dix, pensent également que l'introduction du CST peut provoquer des tensions. Les chercheurs soulignent donc que la façon de communiquer sur le CST sera déterminante.

Les chercheurs estiment qu'il serait judicieux de lier l'utilisation du CST aux chiffres de l'épidémie. Cela soulignerait le caractère temporaire de son utilisation.

Une mesure temporaire

Ils recommandent aux décideurs politiques de présenter le CST comme un "outil nécessaire pour assurer la sécurité de la population et le bon fonctionnement du secteur des soins de santé" et non pas comme "un instrument permettant de recouvrer la liberté".

Pour cette raison, il serait judicieux, selon eux, de lier l'utilisation du CST aux chiffres de l'épidémie. Cela soulignerait, en outre, le caractère temporaire de son utilisation.

Enfin, les chercheurs estiment opportun d'utiliser le pass sanitaire uniquement dans des lieux où il est perçu comme légitime et où son contrôle est une tâche de routine, comme lors d'événements et dans les boîtes de nuit.

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