Doit-on imposer le masque FFP2 dans les transports en commun et les commerces?

Avec le masque FFP2, on s'approche du risque zéro en termes de contaminations par projections. ©Photo News

Le port du masque FFP2, bientôt obligatoire dans les transports publics et les commerces en Bavière, permet de diminuer les risques de contaminations. Mais est-on prêt à payer le prix d'une telle mesure supplémentaire?

Dès la semaine prochaine, la Bavière imposera le port du masque FFP2 dans les transports en commun et les magasins. À l'heure où la propagation rapide du variant britannique de l'autre côté de la Manche fait craindre une troisième vague de Covid-19 en Belgique, la question de prendre des mesures supplémentaires pour empêcher le déferlement de cas contaminés par cette souche mutante se pose.

"Imposer le masque FFP2, c'est un degré supplémentaire dans l'escalade vers l'hyper sécurité."
Bernard Rentier
Virologue ULiège

À côté d'une éventuelle fermeture des frontières, de la quarantaine pour toute personne provenant du Royaume-Uni (même pour un séjour de moins de 48 heures) ou d'un couvre-feu élargi, la possibilité de l'obligation du port de ce masque filtrant FFP2 dans les lieux fréquentés existe. L'envisage-t-on en Belgique?

Ces masques, en pénurie lors de la première vague, ne manquent plus. Les hôpitaux se fournissent sans problème, le Fédéral annonce en détenir une réserve stratégique de 14 millions d'unités, les pharmacies en vendent et ils se trouvent d'un clic sur le net.

Moins étanches

"On ne compte pas imposer le masque FFP2... mais avec cette pandémie, on ne peut jamais dire jamais!"
Vinciane Charlier
Porte-parole du SPF Santé publique

Mais pour l'instant, il n'est pas question de les imposer dans la vie quotidienne en Belgique. "Les gestes barrière restent l'élément le plus important", rappelle la porte-parole du SPF Santé publique, Vinciane Charlier. "Le masque s'y ajoute, mais s'il est mal porté ou s'il n'est pas changé, ses bénéfices sont moindres. Donc, non, on ne compte pas imposer le masque FFP2... mais avec cette pandémie, on ne peut jamais dire jamais!"

Mais quels seraient les bénéfices d'une telle mesure? "Nos masques en papier ou en tissu ne sont pas étanches", rappelle Bernard Rentier, virologue et ancien recteur de l'ULiège. "Ils protègent juste des projections directes. Chaque respiration représente un demi-litre d'air, qui passe aussi par les côtés, les porteurs de lunettes le savent... Ces masques ordinaires ne constituent pas une protection à 100% face aux virus."

Inconfort et risque zéro

Il reste possible de contracter le coronavirus dans un bus plein, même si chaque voyageur porte un masque ordinaire.

Le virologue explique ainsi qu'il reste possible de contracter le coronavirus dans un bus plein, même si chaque voyageur porte un tel masque. "Mais avec un masque FFP2, on s'approche du risque zéro", admet-il. Cela a un triple prix. Ce masque coûte plus cher, minimum 1 euro/pièce, souvent plus. Il est inconfortable, il cause une sensation d'étouffement. Il faut le changer régulièrement à cause de l'accumulation d'humidité. Plus le masque est filtrant, plus il est inconfortable.

"C'est un degré supplémentaire dans l'escalade vers l'hyper sécurité...", résume le virologue Bernard Rentier. Et si tous les pays se mettaient à l'imposer, les niveaux de production devraient être revus en très nette hausse.

Lire également

Publicité
Publicité