Isabelle Grippa: "La capacité de résilience des Bruxellois est spectaculaire"

Confinée avec son mari et leurs six enfants, Isabelle Grippa laisse toujours la porte de son bureau ouverte.

Hub.brussels est au front pour soutenir les entreprises impactées par la crise sanitaire. Isabelle Grippa, CEO de l'agence régionale, a mis sur pied quatre pôles d'urgence.

Chargée notamment de la réalisation du monitoring de l'impact du Covid-19 sur l'économie bruxelloise et de l'acheminement du matériel médical via ses attachés économiques et commerciaux présents aux quatre coins de la planète, hub.brussels est sur le front. L'agence bruxelloise pour l'accompagnement de l'entreprise répond à 600 appels par jour en moyenne. Certains entrepreneurs de la capitale ayant contacté le 1819 ont d'ailleurs eu au bout du fil Isabelle Grippa elle-même.

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Selon hub.brussels, 40% des entreprises bruxelloises courent le risque d'une faillite.

"J'ai fait deux week-ends de permanence au téléphone. Au tout début, les questions concernaient surtout les consignes du Conseil national de sécurité. Celles-ci portent désormais davantage sur les aides financières. Dans l'ensemble, les commerçants ont vraiment été très compréhensifs et nous n'avons jamais eu d'agressivité", souligne la directrice générale qui rappelle que 40% des entreprises bruxelloises courent pourtant le risque d'une faillite.

Les 320 agents de la structure travaillent à domicile depuis la mi-mars. "Notre but est que la crise se finisse le plus vite possible, on se devait donc de montrer l'exemple en respectant de façon stricte le confinement."

Une certaine "routine de l'urgence" s'est mise en place au sein de l'agence. "Nous avons mis en route des pôles d'urgence: monitoring, mesures d'accompagnement, acheminement du matériel médical et 1819. Les agents qui n'avaient plus de travail en raison, par exemple, d'événements internationaux annulés ont rejoint l'un des quatre pôles sur base volontaire. Et nous avons directement eu plus de volontaires que nécessaire", fait valoir Isabelle Grippa qui vante les mérites du service public. "Il y a un engagement incroyable et spontané des Hubsters qui sont tous auprès de leurs bénéficiaires, même le week-end via le 1819."

La CEO se dit confiante pour l'avenir économique de la capitale. "Cela va être très difficile. Mais j'ai suivi les mesures de crise après les attentats et j'ai constaté que la capacité de résilience et de rebond des Bruxellois est spectaculaire. Je suis très confiante concernant cette capacité de redéploiement."

"Parler de relance impliquerait une volonté de revenir à l'état d'avant. Alors qu'un redéploiement implique un rebond de l'économie sur d'autres bases."
Isabelle Grippa
CEO de hub.Brussels

Redéploiement et non relance, ce choix sémantique ne doit rien au hasard. "Parler de relance impliquerait une volonté de revenir à l'état d'avant. Alors qu'un redéploiement implique un rebond de l'économie sur d'autres bases. Comme lors de toute crise, des opportunités vont surgir. Au niveau de la digitalisation puisqu'il ressort de notre monitoring que 75% des petits indépendants ne faisaient pas de commerce en ligne. Et du télétravail qui impactera positivement la mobilité de demain. On doit aussi repenser ce qui peut être produit chez nous", énumère la patronne de hub.

Une logique de tribu

Confinée avec son mari et leurs six enfants âgés de 3 à 20 ans, la Forestoise ne semble pas déstabilisée. "Il y a une logique de tribu. Cela signifie que si on pose un objet personnel sur le meuble de salon, on ne le retrouvera sans doute jamais. Par contre, il y a une solidarité qui se met en place. Les plus grands s'occupent des plus petits, les tâches ménagères sont partagées et il y a une tournante pour les repas. À table à huit le soir, on a toujours un peu l'impression que c'est la fête."

Même si elle confie que le confinement est compliqué à vivre lorsqu'on a une tendance comme elle à l'hyperactivité, Isabelle Grippa ne s'en plaint pas. "J'essaie d'aller courir 10 km trois fois par semaine, c'est ma soupape. Comme je l'ai dit aux enfants, nous avons une maison et un revenu garanti. Une grande chance quand on est face à une crise sanitaire et sociale sans précédent."

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