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interview

"Pour Proxyclick, le confinement est une opportunité"

Gregory Blondeau, le patron de Proxyclick, est confiné à New York, où il vient d'arriver sans la plupart de ses affaires, toujours bloquées à la douane.

Gregory Blondeau, le patron de Proxyclick, vit le confinement depuis New York, où il a déménagé quelques jours avant le confinement. Sa start-up spécialisée dans le check-in en entreprise pourrait bien sortir gagnante de cette période particulière.

Déménager est rarement une opération qui se passe sans accroc. Demandez à Gregory Blondeau, le patron de Proxyclick, cette start-up bruxelloise qui avait fait l’actualité début de l’année, en levant 15 millions de dollars. Son entreprise propose un système de gestion des entrées dans les bureaux. Présente dans 7.000 bâtiments à travers le monde, l’entreprise travaille notamment avec L’Oréal, Revolut et Pepsico.

"Depuis le 11 septembre 2001, c’est le pire moment pour déménager à New York."

L’argent frais avait notamment pour objectif de continuer l’expansion sur le sol américain. Pour la gérer au mieux, Gregory Blondeau a donc embarqué femme et enfants direction New York pour de nouvelles aventures. La famille est arrivée le 20 février, quelques jours avant une curieuse période appelée confinement. "Depuis le 11 septembre 2001, c’est le pire moment pour déménager ici", affirme le patron depuis un appartement presque vide. "La majorité de nos affaires sont bloquées à la douane. La pièce où je me trouve se résume à un bureau, une chaise et un lit, qu’on a achetés en urgence", ajoute le patron. On a connu mieux pour un nouveau départ. Pas de quoi affecter l’optimisme du patron, qui gère une équipe de 70 personnes.

"Je suis un éternel optimiste, je ne serais pas entrepreneur sinon", explique-t-il. Mais outre sa situation personnelle, il doit aussi faire avec un confinement devenu mondial. "Tous nos travailleurs sont encore en activité depuis chez eux. On a l’habitude de travailler à distance avec nos équipes réparties entre Bruxelles, New York et Singapour." Passer ses journées seul devant son écran n’est toutefois pas l’idéal. À commencer, pour gérer les nouveaux arrivés. Mais là encore, le patron voit du bon dans la situation. "On a engagé 4 personnes la semaine dernière. Assez étonnamment, on n’a jamais été aussi organisé pour les accueillir."

Un "must have"

Au niveau de la vie d’entreprise, même si tout le monde a encore du travail, l’activité a pris un joli coup dans l’aile. "De manière générale, on constate une baisse de 70% de l’utilisation de notre service. Notre activité suit exactement la courbe de confinement", ajoute Gregory Blondeau. La baisse ne fait toutefois pas trop mal au niveau comptable, les revenus de l’entreprise ne dépendant pas du nombre de fois que l’appli est utilisée.

"De manière générale, on constate une baisse de 70% de l’utilisation de notre service. Notre activité suit exactement la courbe de confinement."

"On a quelques contrats postposés ou temporairement suspendus mais en réalité, le confinement est une opportunité pour nous", explique le CEO. "Notre offre passe d’un statut de ‘nice to have’, à ‘must have’. La manière de gérer ses visiteurs va changer radicalement. De nombreuses grandes entreprises nous contactent pour préparer le retour au bureau: automatisation de l’envoi de questions aux visiteurs avant leur arrivée, check-in avec smartphone, limitation du nombre de personnes sur site." 

L’entreprise continue d’ailleurs à signer de nouveaux contrats. "Nous venons de signer avec une grande boîte pour ses 35 implantations dans le monde", assure-t-il.

"Je crois que tous ceux qui se chargent des enfants à la maison en cette période méritent un Oscar."

D’un point de vue pratique, le quotidien de l’entrepreneur est essentiellement fait de vidéoconférence. "Je suis huit heures par jour sur zoom", sourit-il. "Je profite du décalage horaire. Je débute ma journée avec l’Europe puis j’enchaîne avec les États-Unis et je termine avec l’Asie en soirée". Les journées sont bien remplies, mais Gregory Blondeau ne va pas s’en plaindre. Surtout quand il voit le quotidien de son épouse, qui se charge des trois enfants, aussi confinés. " J’entends que c’est parfois rock’n’roll. Je crois que tous ceux qui se chargent des enfants à la maison en cette période méritent un Oscar", rigole-t-il.

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