Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"

Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Cinq profils clés de la génération 2020, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

A seulement 22 ans, Félicien Bogaerts ne fait déjà plus partie des petits nouveaux dans la maison RTBF. Chroniqueur sur Classic 21 depuis ses 16 ans, il est désormais aussi le présentateur de l’émission culturelle "Plan Cult" sur la Trois. En parallèle, le jeune homme est aussi à la tête de trois ASBL, Mr Mondialisation, Biais vert et J-Terre "des médias indépendants se focalisant sur les questions de l’environnement". Forcément donc, lorsqu’on lui demande comment il voit 2020 et les années à venir, il évoque directement son sujet de prédilection. Et il n’est pas vraiment du genre optimiste.

"Marcher pour le climat est très bien pour rassembler les gens mais la portée est assez limitée."

Félicien Bogaerts 
  • 22 ans
  • Animateur radio/télé RTBF
  • Réalisateur du court métrage Anita
  • Fondateur des ASBL Mr Mondialisation, Biais vert et J-Terre
L’APP indispensable

"Facebook malheureusement que j’utilise beaucoup pour faire la promotion des contenus des différents médias indépendants que j’ai lancés, c’est le meilleur moyen pour toucher du monde mais je m’en passerais volontiers si c’est possible".

LA boite dans laquelle investir

"Mr Mondialisation, Biais vert et J-Terre, les trois ASBL que j’ai fondées et pour lesquelles je donne beaucoup de temps et d’énergie.

LA citation

"Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre. Ni de réussir pour persévérer". De Charles le Téméraire. La première partie me tient particulièrement à cœur.

"C’est difficile de l’être quand on voit la situation actuelle". Le jeune homme s’implique donc autant qu’il peut. Il a notamment réalisé "Anita", un court métrage s’inspirant librement de l’ascension de Greta Thunberg et fut des manifestations pour le climat. "Ce genre d’initiative est très bien pour rassembler les gens mais la portée est assez limitée. On le constate d’ailleurs dans le fait qu’elles ne dérangeaient pas vraiment les autorités. Il faut des actions concrètes. J’étais abasourdi de voir lors du passage dans le quartier européen des lobbyistes nous applaudir alors qu’ils sont plutôt de l’autre côté du problème", explique le jeune homme.

 

Félicien Bogaerts veut toutefois croire au rôle que peut avoir sa génération dans le changement. "Nous avons l’avantage d’avoir la vie devant nous pour avancer même si on a un peu tendance désormais à présenter les jeunes comme un groupe social à part entière. Mais c’est une partie de la population aussi diversifiée que les autres. Néanmoins, je pense que même ceux qui ne sont pas encore convaincus le seront d’ici trente à quarante ans. On arrivera à une situation où ils n’auront pas d’autres choix". Si la priorité sera environnementale pour lui, elle sera aussi économique.

"Je suis issu de la bourgeoisie mais les revendications des gilets jaunes me parlent aussi. On le voit encore avec le classement Forbes, les extrêmement riches le sont toujours plus. Ce n’est pas non plus tenable à long terme. On nous a toujours dit que l’évolution technologique et la croissance libérale finiraient par mettre fin aux inégalités. Ce n’est visiblement pas le cas", lance le jeune homme. "Quand des parents élèvent des enfants avec 400 euros par mois, je peux comprendre qu’il n’aient pas le temps à penser au climat car leurs priorités immédiates sont ailleurs". Le jeune homme n’a donc pas vraiment une vision très rose de l’avenir. "Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas être heureux pour autant et encore moins qu’il ne faut pas se battre. J’apprécie particulièrement la citation de Charles le Téméraire, "point n’est besoin d’espérer pour entreprendre".

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

  1. Olivier Symon: "Il faut oser sortir de ces prisons dorées"
  2. Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"
  3. Louise Hannecart: "Il n'y a pas que la croissance éternelle"
  4. Rosalie Compère: "Ma peur? Qu'on oublie le passé"
  5. Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"
Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

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