Louise Hannecart: "Il n'y a pas que la croissance éternelle"

Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Cinq profils clés de la génération 2020, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

En juillet, elle était encore au Pérou où elle travaillait dans une prison. Là, elle revient tout juste de trois mois à Buenos Aires où elle a œuvré à l’amélioration de la qualité de vie dans des lotissements informels. Pas le temps de se reposer. Elle se prépare déjà à repartir six mois à Bali. Tout un programme. Mais embrassé à 100%. Car Louise Hannecart a décidé d’opérer un switch tôt dans sa carrière. Après avoir suivi le chemin classique de l’ascension corporate, avec un diplôme d’ingénieure chimiste (KU Leuven) et un passage par McKinsey & Company, elle a décidé de prendre en marche le train de la nouvelle aventure du consultant: McKinsey.org, du nom de cette organisation indépendante et sans but lucratif, fondée au début de 2018, pour tenter de résoudre des défis sociétaux complexes.

"Il faut atteindre un certain équilibre entre besoins humains et environnementaux."

Louise Hannecart
  • 25 ans
  • McKinsey.org
  • Ingénieure civile, elle a présidé le MUN Society Belgium et cofondé le London Banking Circuit, mettant en relation à la City étudiants et banques d’affaires.
  • Elle a effectué un stage pour Jan De Nul en Argentine et réalisé une mission pour ExxonMobil.
  • Passée par le Junior Associate program chez McKinsey & Company de 2018 à 2019, elle a rejoint McKinsey.org en septembre dernier.
L’APP indispensable

Elle n’en utilise que très peu. Son truc? Les newsletters, comme celle de National Geographic (Plastic or planet).

LA boite dans laquelle investir

Ocean Cleanup, s’activant à extraire la pollution plastique des océans et cours d’eau.

LA citation

"Be the change you want to see in the world"

"J’ai toujours été super-passionnée et motivée d’être impliquée dans la société", raconte-t-elle. Depuis un moment de volontariat au Ghana et au Burundi dans sa jeunesse à une collaboration avec un atelier social de tricot à Ayacucho, ce fil d’Ariane fait partie de son ADN. Et nourrit sa vision de jeune travailleuse.

Et pour cause, "pour faire face aux défis à venir, la transition à opérer doit être sociétale, pas juste à analyser sous un angle business", évoque celle qui a donc décidé de faire de ce postulat son métier. Histoire d’expérimenter aux premières loges les défis inhérents à ce changement de mentalité. Que les marches pour le climat ont mis en mouvement. "Il y a eu une grande prise de conscience, venue des consommateurs, du peuple, et qui est en train de remonter vers les entreprises".

"Doughnut economy"

Alors pour la décennie qui s’ouvre, Louise espère voir plus de monde œuvrer à l’avènement d’un modèle économique où les réalités des limites planétaires sont prises en compte. A l’image de la "doughnut economy", théorisée par l’économiste Kate Raworth (université d’Oxford). "C’est se dire que l’économie ne doit pas toujours aller vers une croissance éternelle, mais atteindre un certain équilibre entre besoins humains et environnementaux". Une vision qui devra animer les leaders de demain. Jeunes ou moins jeunes. "On doit tirer partie de notre brainpower pour innover dans la manière de faire". Mais sans rester dans la parole. "Il faut désormais poser des actes" au cours des dix ans à venir. Ce qui ne sera pas simple, car le chemin est difficilement discernable, mais il n’y a pas le choix.

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

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  5. Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"
Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

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