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L'homo technologicus est entré dans une ère sans barrières

Rédacteur en chef adjoint

L'intelligence artificielle et la biologie synthétique ont ouvert un champ des possibles si large qu'elles permettent l'émergence d'activités business infinies. Une explosion cambrienne qui n'est pas sans danger.

Dans l'intelligence artificielle, la concurrence débridée n'est pas une condition nécessaire. C'est la leçon que nous ont livrée récemment OpenAI, la société derrière le fameux robot conversationnel ChatGPT, et Google, père du non moins célèbre moteur de recherche.

Tous deux devaient présenter leurs nouveautés. Une coïncidence qui a poussé d'aucuns à voir le premier bousculer le deuxième sur son terrain de jeu: du ChatGPT dans un moteur de recherche, de quoi faire tomber Google de son piédestal.

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Le moteur de recherche de Google bénéficiera désormais des dernières avancées de l'IA, capables de révolutionner l'expérience de recherche.

Il n'en a rien été. Au contraire, chacun est resté dans son pré carré. Mais tous deux y ont livré des avancées renversantes, voire déroutantes.

Robot conversationnel

Jugez du peu. Un robot conversationnel utilisant voix, rire, sensibilité, à même d'interpréter vos émotions, capable de voir et de décrire la pièce dans laquelle vous vous trouvez. C'est le nouveau GPT-4o d'OpenAI, l'extension maximaliste de son produit phare, son évolution la plus anthropomorphique.

Google n'était pas en reste, bien là où on l'attendait. Son moteur de recherche bénéficiera désormais des dernières avancées de l'IA, capables de révolutionner l'expérience de recherche pour en délivrer les réponses les plus précises, les plus circonstanciées, les plus adaptées à nos interrogations.

Ces deux monstres technologiques n'ont donc pas à jouer à qui peut décrocher le nouveau graal. Pourquoi? Parce qu'ils ont déjà assez dans leur assiette.

Un "éventail des possibilités qui confine à l'absurde"

Dans le monde de l'intelligence artificielle, "l'éventail des possibilités confine à l'absurde", estime Jan Rabaey, l'orateur de l'événement New Insights de L'Echo et du Tijd le 22 mai prochain. Pour ce professeur émérite à l'université de Berkeley, l'imbrication de l'IA au cœur des spectaculaires avancées dans la biologie synthétique élargit encore le champ des possibles.

L'homo technologicus est entré dans une nouvelle explosion cambrienne. Cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux conséquences environnementales, sociétales, militaires de ces avancées.

Robots humanoïdes, puces biologiques, implants cérébraux… cette double vague "libère le pouvoir de manipuler ces deux fondements universels: l'intelligence et la vie", écrit aussi Mustafa Suleyman, cofondateur de DeepMind, en introduction de son récent livre "La Déferlante". Une déferlante dans laquelle va s'enfoncer notamment chez nous, à Wavre, le projet Quantum Biospace, dont le but est de lancer l'IA dans le développement de médicaments et de diagnostics, un nouveau monde ouvert justement par DeepMind dont l'intelligence artificielle permet aujourd'hui de modéliser les 200 millions de protéines connues à ce jour.

L'homo technologicus est entré dans une nouvelle explosion cambrienne, une ère où tout est possible, où tout peut éclore, sans barrières, où le darwinisme économique n'impose pas une concurrence délétère. Cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux conséquences environnementales, sociétales, militaires de ces avancées. L'ère du Cambrien, rappelons-le, s'est refermée sur une extinction de masse.

Homo Technologicus

Après ChatGPT, la prochaine révolution de l'IA arrive à toute vitesse. L'Echo vous emmène dans un monde où les frontières entre l'homme et la machine s'estompent. Un monde où l'intelligence artificielle et la robotique s'entendent pour se rapprocher encore plus de l'homme. Êtes-vous prêt pour l'homo technologicus?

©Filip Ysenbaert
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