Proximus: concentrer des services variés pour devenir incontournable?

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Proximus n’est plus la régie d’antan. À la suite d’acquisitions et de développements, le groupe a transformé le métier de téléphoniste en fournisseurs de services de pointe où les data remplacent la voix. Voici le dernier numéro de notre série sur la face cachée de Proximus (5/5).

De plus en plus, Proximus va s’inviter sur le terrain du contenu, au-delà du seul transfert de données. Puisque l’entreprise dispose de l’infrastructure, puisqu’elle a l’accès jusqu’au client final, pourquoi ne lui proposerait-elle pas elle-même du contenu, au lieu de servir celui des autres? Diffuser le foot, c’est déjà cette idée. Mais cela pourrait aller beaucoup plus loin, au travers d’écosystèmes où les services des uns et des autres sont associés. C’est exactement ce à quoi s’essaient actuellement certaines grandes banques belges, qui commencent à proposer des services non bancaires sur leur application pour smartphone et tablette (comme le paiement d’un ticket de train, d’un plein d’essence ou de titres-services).

Ce n’est pas pour rien que Marc Raisière, le CEO de Belfius, a un jour avoué qu’il rêvait d’un mariage entre Proximus et la banque qu’il dirige. Il observe que 1,5 million de Belges se connectent sur l’app Belfius au moins une fois par jour en moyenne. Il rêve de leur offrir mille services… dont la télé.

Tôt ou tard, une concentration de services variés se produira sous telle ou telle marque rassembleuse.

En 2017, le banquier a publiquement fait part de son intérêt pour un rapprochement avec l’opérateur télécoms. Un ballon d’essai qui a fait "pschiiit", la CEO de Proximus Dominique Leroy a décliné poliment. Mais, qui sait, on en reparlera peut-être un jour. Alors que les banques se digitalisent à grande vitesse (le smartphone est désormais le canal bancaire numéro un) et que les opérateurs télécoms cherchent du contenu à proposer sur leur réseau, on pourrait bien les voir un jour converger, ou du moins s’associer dans un partenariat, un écosystème.

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Avant d’en arriver là, les grandes enseignes retail tentent d’abord d’exister elles-mêmes sur l’écran du consommateur. Chacun s’observe, personne ne veut lâcher son lien avec le client au profit d’un autre. C’est une des raisons expliquant que ces fameux écosystèmes n’ont pas encore dépassé le stade du PowerPoint dans les états-majors. Mais, tout le monde en est conscient, ce round d’observation aura une fin. Sur l’écran d’accueil du smartphone de Mr et Mme Tout-le-monde, les places sont chères, seules quelques applications y figureront. Qui sera demain l’application n°1 sur laquelle se connecteront les Belges? Tôt ou tard, une concentration de services variés se produira sous telle ou telle marque rassembleuse. À ce jeu-là, Proximus a une belle carte à jouer.

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