L'interview rétro de Georges-Louis Bouchez

©Photo News

Alors que la page 2018 se tourne et que 2019 pointe le bout de son nez, L’Echo a demandé à une série de personnalités politiques de jeter un œil dans le rétroviseur 2018 et de se projeter en 2019.

1. Quel a été, à titre personnel, votre meilleur moment de l’année?

Quand même le 14 octobre, vers minuit, lorsque les résultats des élections sont tombés. Beaucoup de paris avaient été faits, du choix de monter "Mons en mieux" au lieu d’une traditionnelle liste MR à l’arrivée de personnalités marquantes et jeunes. Et au final, nous avons décroché 11 élus à Mons, un score jamais atteint depuis les années 70 par une liste autre que le PS. Et j’ai récolté 4.976 voix de préférence, ce qui me classe dans le top 15 wallon. C’est l’aboutissement d’années de travail.

2. Et le pire?

C’est compliqué. 2018 était pour moi une bonne année. Et je suis optimiste; j’oublie les mauvais moments. Alors je ne pointerai pas un moment, mais des dizaines. Un phénomène, en fait, qui prend de l’ampleur. La montée des raccourcis dans le monde politique rend le débat, argument contre argument, de plus en plus difficile. Alors c’est vrai que je suis un "fighter" et que la communication, c’est aussi l’art de la "punchline", mais je n’élude pas le débat. C’est cela que je vise: les raccourcis et l’absence de fond dans le débat public.

3. Quel événement dans l’actualité vous a le plus marqué?

Sans aucun doute, le parcours des Diables Rouges. Mais je rajouterais peut-être ceci, une des dernières "trumperies" en date. Le retrait des troupes américaines de Syrie. Ou comment une décision dont, objectivement, tout le monde se fout ici risque d’accentuer les problèmes du monde. Quelle légèreté! L’histoire n’apprend-elle rien? N’a-t-elle pas déjà illustré ce que cela donnait, de mener une action militaire puis de s’en aller sans attendre le retour de la stabilité?

4. Complétez cette phrase: "En 2018, la Belgique…"

…m’a rendu fier. Franchement. Un petit pays, arrivé à la troisième place de la Coupe du monde. Champion du monde de hockey. Avec des artistes tels que Stromae ou Alice on the roof. Je suis fier du Premier ministre aussi, de sa gestion, de ses discours aux Nations unies. Alors oui, la Belgique, on en rit. Elle énerve, par son manque d’ambition. Mais c’est l’un des dix ou quinze pays où il est le plus agréable de vivre dans le monde. C’est mon côté belgicain.

5. La proposition de loi déposée par votre parti en 2018, tous niveaux de pouvoir confondus, dont vous êtes le plus fier?

Le tax shift, qui ne date pas de 2018 mais y déploie toujours ses effets. Et, au-delà, la baisse des charges sur le travail. Il faut poursuivre dans cette voie. La société doit mieux récompenser la classe moyenne, les gens qui bossent.

6. Une position ou un propos tenu par votre parti ou quelqu’un de votre parti dont vous n’êtes pas spécialement fier?

Même si le cdH n’y est pas pour rien, cela relève d’une responsabilité collégiale au gouvernement wallon: je regrette que nous ne soyons pas allés plus loin dans la suppression des provinces. Je salue le travail des agents, qui seront repris par d’autres niveaux de pouvoir. Mais le conseil et le collège provinciaux doivent disparaître. Il y a trop de gens qui occupent des fonctions politiques sans que cela soit légitime. Le rôle du gouverneur est également suranné. Et peut-être remplacé par la désignation d’un haut fonctionnaire, comme le préfet en France.

7. Si vous pouviez changer une chose, comme ça, d’un coup de baguette magique, ce serait…

Je viens d’une région où le chômage est à 20%. Alors j’opterais pour le plein-emploi. Parce que telle est la meilleure politique sociale: un emploi décent, rémunéré à la hauteur de l’effort. Je rajouterais davantage de justice fiscale, aussi.

8. Votre bonne résolution  pour 2019?

Je ne me sens pas mal avec ce que je suis, mais je dirais ceci. J’aimerais passer plus de temps avec les gens que j’aime. Et faire plus de sport, même si j’en fais déjà pas mal.

9. Selon vous, quelle est  la personnalité de  l’année 2018?

Jamal Khashoggi à titre posthume car il a exercé son rôle essentiel pour la démocratie qu’est celui de journaliste, au péril de sa vie. Mais surtout, en tant que libéral, je suis certain qu’il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux, selon la phrase d’Emiliano Zapata, souvent mis en exergue par la gauche.

10. Et à qui revient le bonnet d’âne  pour 2018?

 François Hollande qui fait de la récupération auprès de gilets jaunes et se permet des commentaires sur Macron, alors qu’il est responsable de bon nombre des problèmes actuels de son pays. Ce n’est pas lui en particulier que je vise mais un tel comportement qui frôle l’absence de dignité. Il a été en fonction, il connaît la difficulté de la tâche et fait du simplisme. Cette absence de grandeur et de prise de hauteur est trop présente en politique. Il suffit de regarder chez nous, quand le cœur saigne…

11. La réalisation professionnelle dont vous êtes le plus fier en 2018?

©doc

"Mons en mieux". D’avoir fondé le mouvement, qui a joué l’ouverture sans tomber dans la liste "gadget", et de sa réussite électorale. Il y a autre chose, aussi: un dossier remporté en tant qu’avocat. En droit du travail, loin d’être gagné d’avance et très important pour la personne concernée.

12. La photo de l'année

©Photo News

Le Premier quitte la Chambre pour aller démissionner chez le Roi. Cette photo illustre le sens de l'État de Charles Michel et sa capacité à se démarquer du chemin tracé à l'avance.

13. Votre principal défi en 2019, à titre personnel, c’est…

Il est évident. J’ai écrit l’an passé un livre portant dix débats et formulant une série de propositions. Mon ambition est qu’un maximum d’entre elles se retrouvent dans le programme du MR, et d’être à la bonne place pour pouvoir les mettre en œuvre. Après le défi communal, il faut passer à l’étape suivante. 2019 sera une année cruciale; il y aura un avant et un après. Comme cela a été le cas pour 2018.

14. Qui est la révélation de l’année 2018?

J’en citerai deux. Laura Laune, bien qu’elle ait gagné "La France a un incroyable talent" fin 2017, c’est véritablement en 2018 qu’elle s’est révélée sur scène et au grand public. Elle est hennuyère, jeune, pleine de talent et surtout elle n’a peur de rien. Elle a un côté Desproges sur l’aspect corrosif et humour noir. Je ne suis pas un admirateur mais, en tant que libéral, je trouve qu’il est important de savoir casser le politiquement correct avec intelligence, ce qu’elle sait faire. Par ailleurs, j’ai toujours beaucoup de respect pour ceux qui prennent des risques, ce qui est son cas. Enfin, elle est née à Frameries en 1986, comme moi, je me sens solidaire. Comme seconde personnalité, je pointerai Charles Leclerc, pilote de F1, qui, avec une voiture modeste, la Sauber, a réalisé des performances incroyables.

15. Votre livre coup de cœur en 2018?

"US vs. them, the failure of globalism" du politologue américain Ian Bremmer et que m’a offert Theo Francken. Ce livre explique le populisme, pour le combattre. Il ne se satisfait pas de la bien-pensance de la gauche qui, dans son mépris pour le peuple, lui explique sans cesse ce qu’il doit penser, dire ou faire. C’est un livre qui détaille les injustices multiples de notre monde et souligne qu’une partie de la population n’est jamais écoutée.

16. Votre chanson  préférée de l’année, c’est…
J’ai des goûts très éclectiques, mais je dirais "La pluie" d’OrelSan, avec Stromae en featuring.

17. La citation, la phrase, le tweet ou le discours que vous retiendrez de 2018?

 "Young people have helped lead all of our great movements. How inspiring to see it again in so many smart, fearless students standing up for their right to be safe; marching and organizing to remake the world as it should be. We’ve been waiting for you. And we’ve got your backs." Barack Obama. Ce n’est pas spécialement poétique, mais il rappelle à quel point la jeunesse est le moteur du changement.

18. Quel est le chiffre de 2018?

43%. C’est le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans qui sont présents sur le marché de l’emploi à Mons. C’est juste dramatique. De manière générale, le taux d’activité à Mons est d’à peine 50%, alors que la moyenne belge frôle les 70%.

19. Le film, la série, la pièce de théâtre, l’exposition ou l’événement culturel qui vous a marqué ou que vous avez le plus apprécié?

"Darkest hour", de Joe Wright. Il faut savoir que Winston Churchill est mon personnage politique préféré. Ce discours qu’il prononce! Il n’y a rien à faire, ne pas être un tribun en politique, c’est comme un joueur de foot aux pieds carrés. Winston Churchill est fascinant. C’est un homme qui a connu d’avantage d’échecs que de succès, mais on ne retient que sa plus grande victoire.

"US vs. them, the failure of globalism" du politologue américain Ian Bremmer et que m’a offert Theo Francken. Ce livre explique le populisme, pour le combattre. Il ne se satisfait pas de la bien-pensance de la gauche qui, dans son mépris pour le peuple, lui explique sans cesse ce qu’il doit penser, dire ou faire. C’est un livre qui détaille les injustices multiples de notre monde et souligne qu’une partie de la population n’est jamais écoutée.

16. Votre chanson  préférée de l’année, c’est…
J’ai des goûts très éclectiques, mais je dirais "La pluie" d’OrelSan, avec Stromae en featuring.

17. La citation, la phrase, le tweet ou le discours que vous retiendrez de 2018?

 "Young people have helped lead all of our great movements. How inspiring to see it again in so many smart, fearless students standing up for their right to be safe; marching and organizing to remake the world as it should be. We’ve been waiting for you. And we’ve got your backs." Barack Obama. Ce n’est pas spécialement poétique, mais il rappelle à quel point la jeunesse est le moteur du changement.

18. Quel est le chiffre de 2018?

43%. C’est le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans qui sont présents sur le marché de l’emploi à Mons. C’est juste dramatique. De manière générale, le taux d’activité à Mons est d’à peine 50%, alors que la moyenne belge frôle les 70%.

19. Le film, la série, la pièce de théâtre, l’exposition ou l’événement culturel qui vous a marqué ou que vous avez le plus apprécié?

"Darkest hour", de Joe Wright. Il faut savoir que Winston Churchill est mon personnage politique préféré. Ce discours qu’il prononce! Il n’y a rien à faire, ne pas être un tribun en politique, c’est comme un joueur de foot aux pieds carrés. Winston Churchill est fascinant. C’est un homme qui a connu d’avantage d’échecs que de succès, mais on ne retient que sa plus grande victoire.

"US vs. them, the failure of globalism" du politologue américain Ian Bremmer et que m’a offert Theo Francken. Ce livre explique le populisme, pour le combattre. Il ne se satisfait pas de la bien-pensance de la gauche qui, dans son mépris pour le peuple, lui explique sans cesse ce qu’il doit penser, dire ou faire. C’est un livre qui détaille les injustices multiples de notre monde et souligne qu’une partie de la population n’est jamais écoutée.

16. Votre chanson  préférée de l’année, c’est…
J’ai des goûts très éclectiques, mais je dirais "La pluie" d’OrelSan, avec Stromae en featuring.

17. La citation, la phrase, le tweet ou le discours que vous retiendrez de 2018?

 "Young people have helped lead all of our great movements. How inspiring to see it again in so many smart, fearless students standing up for their right to be safe; marching and organizing to remake the world as it should be. We’ve been waiting for you. And we’ve got your backs." Barack Obama. Ce n’est pas spécialement poétique, mais il rappelle à quel point la jeunesse est le moteur du changement.

18. Quel est le chiffre de 2018?

43%. C’est le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans qui sont présents sur le marché de l’emploi à Mons. C’est juste dramatique. De manière générale, le taux d’activité à Mons est d’à peine 50%, alors que la moyenne belge frôle les 70%.

19. Le film, la série, la pièce de théâtre, l’exposition ou l’événement culturel qui vous a marqué ou que vous avez le plus apprécié?

"Darkest hour", de Joe Wright. Il faut savoir que Winston Churchill est mon personnage politique préféré. Ce discours qu’il prononce! Il n’y a rien à faire, ne pas être un tribun en politique, c’est comme un joueur de foot aux pieds carrés. Winston Churchill est fascinant. C’est un homme qui a connu d’avantage d’échecs que de succès, mais on ne retient que sa plus grande victoire.

Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content