Kingspan devrait lancer une OPA sur Recticel, estime un broker

©REUTERS

Recticel va examiner en détail l'offre formulée par Kingspan pour deux de ses divisions. Une analyste juge que le scénario d'une OPA sur tout le groupe serait plus intéressant.

L’annonce de l’offre de Kingspan sur deux divisions de Recticel a été bien accueillie sur les marchés. Alors que l’action avait bondi de 21% à 9 euros juste avant sa suspension de cotation mardi matin, elle progressait encore de 2,4% ce mercredi en fin de matinée.

Rappelons que Recticel ne s’est pas encore prononcé sur cette offre non-sollicitée de 700 millions d’euros. Son conseil d’administration doit encore l’analyser avant de prendre position.

Kingspan espère mettre la main sur les activités isolation (protections thermiques et acoustiques utilisées dans la construction) qui ont dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 271,2 millions (-0,4%) sur un total de 1,45 milliard d’euros. La proposition du groupe irlandais porte aussi sur la division "mousses souples" - ventes de 621,5 millions (-0,7%)- qui serait ensuite cédée à une partie tierce dont l’identité n’a pas été révélée, tout comme les détails de la rétrocession.  

Cours recticel

Une OPA à 14 euros l'action

Nathalie Debruyne de Degroof Petercam évalue, pour sa part, la combinaison des deux divisions à 770 millions d’euros. "De ce point de vue, l’offre de Kingspan semble trop basse, et encore plus en regard des synergies", estime-t-elle. En outre, elle ne tient pas compte du potentiel de la nouvelle usine en Finlande.

L’analyste juge qu’il serait plus intéressant de voir le groupe irlandais lancer une offre décente sur l’ensemble de la société. Il pourrait vendre ensuite les entités qu’il ne souhaite pas garder.  

"Nous croyons que l’offre de Kingspan a peu de chances d’être acceptée par le conseil de Recticel dans sa forme actuelle", écrit-elle. "Si le groupe veut avoir une chance de réussir, il devra relever son offre et élargir son spectre au niveau du groupe."

En prenant en compte une valorisation d’au moins 800 millions d’euros pour les deux unités convoitées, le prix d’une OPA devrait atteindre 14,2 euros par action. Nathalie Debruyne a donc relevé son objectif de cours à ce niveau contre 10,3 euros avant. Son conseil reste à "acheter". 

Des incertitudes

De son côté, Wim Hoste de KBC Securities semble moins emballé. Le montant proposé correspond plus ou moins à la valorisation de la somme des parties qui atteint 705,5 millions d’euros, soit 10 euros par action du groupe.

"Reste à voir quelle sera la réaction du conseil d’administration de Recticel. Nous n’excluons pas la possibilité qu’il refuse cette offre", avance l’analyste. "Mais nous pensons qu’un prix plus élevé autour de 800 millions est également probable. Dans ce cas, l’action Recticel vaudra 12 euros." 

Mais l'incertitude entourant les chances de succès de cette opération et les fuites fiscales possibles lors de la redistribution du cash obtenu incitent Wim Hoste à laisser son objectif de cours inchangé à 10 euros et sa recommandation à "acheter".

Trois scénarios

La balle est désormais dans le camp du conseil d’administration de Recticel et de son actionnaire de référence, le holding Bois Sauvage qui détient une participation directe de 28%.

Trois scénarios sont désormais possibles:

Un: Recticel ferme définitivement la porte à Kingspan. Game over!

Deux: Un accord est trouvé sur le prix des deux divisions et Recticel devient une grosse tirelire entourée de matelas pour paraphraser Tom Simonts de KBC Securities.

Trois: L’Irlandais lance une OPA sur Recticel qui sera ensuite vendue par tranches.   

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