Le hand spinner, l'arbre qui cache une forêt de produits dangereux

©AFP

Plus de 2.000 produits dangereux ont été retirés du marché l’an dernier. Mais les contrôles restent insuffisants, estime l’organisation européenne de consommateurs Beuc.

Contrairement à une idée largement répandue, ce n’est pas parce que le marquage "CE" orne un produit que ce dernier est considéré comme sans danger. L’essentiel des quelque 2.000 produits qui ont été reconnus l’an dernier dangereux en étaient d’ailleurs estampillés. Bien que cette indication ne soit qu’une déclaration du fabricant, "de nombreux consommateurs confondent le marquage ‘CE’ avec un label de test indépendant ou croient qu’il signifie que le produit a été approuvé par l’UE", déplore la fédération européenne des associations de consommateurs (Beuc), qui demande à la Commission de le supprimer des emballages.

À défaut d’accéder à cette requête, la Commission a publié lundi les faits d’armes des débusqueurs de produits dangereux. Selon le rapport annuel sur l’utilisation du mécanisme d’alerte rapide de l’Union (Rapex), les contrôleurs des États membres ont tiré 2.201 fois la sonnette d’alarme l’an dernier pour prévenir de la présence de produits de consommation posant un risque sérieux pour la santé ou la sécurité.

Dangereux hand spinners

Les fabricants belges en ont produit une dizaine: une barrière pour bébés qui pose un risque de strangulation, un porte-tétine qui risque d’étouffer l’enfant, une ponceuse-électrocuteuse, etc. Mais la vedette de l’année ne vient pas du plat pays: c’est sans conteste la toupille de main (hand spinner), très populaire dans les cours de récréation, dont neuf références ont été retirées du marché en 2017.

Quand les hand spinners sont composés de petites pièces facilement détachables, ils constituent un danger pour les enfants, qui peuvent les avaler.
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Les modèles LED, qui s’allument en tournant, posent particulièrement problème. Quand les hand spinners sont composés de petites pièces facilement détachables, ils constituent un danger pour les enfants, qui peuvent les avaler. Danger amplifié par l’accès aux piles plates qui, une fois ingurgitées, provoquent des brûlures.

Avec le système d’alerte rapide, les hand spinners dangereux "ont été rappelés, arrêtés aux frontières et ports, ou détruits", indique le rapport de la Commission. Ce sont les jouets qui ont fait l’objet du plus grand nombre d’alertes européennes (29% du total), suivis par les véhicules à moteur (20%) et les vêtements (12%). Sans surprise, la majorité des produits dangereux venaient de Chine (53%), et un quart de l’Union européenne.

Chercher pour trouver

Avec 18 notifications de produits dangereux émises l’an dernier, la Belgique fait partie des pays qui utilisent relativement peu le système d’alerte. Or "plus les autorités cherchent des produits défectueux, plus elles en trouvent et, malheureusement, il existe de grandes différences d’un pays à l’autre", souligne le Beuc. "Sachant que la Belgique abrite le port d’Anvers (le 2e port maritime d’Europe, NDLR), on pourrait s’attendre à un chiffre plus important", remarque Pauline Constant à la fédération des défenseurs des consommateurs.

10 produits belges
Balançoire pour bébé, porte-tétine, ponceuse, camions… Dix produits belges ont été retirés du marché l’an dernier.

À l’administration fédérale de l’Économie, on relativise le peu de notifications, en soulignant que d’autres pays font moins bien. Et on relève une "différence de philosophie" dans l’utilisation que les États font de ce système d’alerte. La Belgique aurait fait le choix de n’utiliser le Rapex que dans les cas où des produits sont "vraiment dangereux et doivent absolument être écartés du marché", tandis que d’autres auraient moins de scrupules à lancer l’alerte pour des problèmes moins aigus.

Le défi pour tous, souligne la Commission, consiste à répondre aux nouveaux comportements de consommation: contrôler les produits achetés en direct sur internet par le consommateur complique la tâche des services d’inspection. Un défi auquel la Commission pourrait partiellement répondre en présentant, le mois prochain, son "New Deal pour le consommateur": une modernisation des règles existantes.

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