Publicité

Audrey Hanard (bpost): "Dans l’e-commerce, un modèle d’emploi respectueux est possible"

Audrey Hanard, 35 ans, a été bombardée en mai dernier à la présidence de bpost. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

On a fait connaissance avec Audrey Hanard, la nouvelle présidente (35 ans) de bpost, lors d'un Midi de L'Echo au Cercle de Wallonie Liège. Elle aime l’idée "d’évacuer cette opposition clanique et souvent stérile entre direction et syndicats".

Qui est Audrey Hanard, la nouvelle présidente de bpost? On a fait connaissance avec la consultante de 35 ans, bombardée à la présidence de bpost en mai dernier, lors d’un Midi de l’Echo cette semaine au Cercle de Wallonie Liège.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle sait ce qu’elle veut et qu’elle affiche l’ambition de faire bouger l’entreprise, notamment en matière de relations sociales et de flexibilité. Mais pas à la hache. Si elle parle clair, vite et pratique le langage de la performance, c'est dans une perspective sociétale précise.

"On sait tous que le courrier va diminuer très fortement à l’avenir, d’où la nécessité de se réinventer. La transition vers l’e-commerce et le colis est une transition logique, naturelle et nécessaire pour bpost."

Elle abonde. "L’entreprise a déjà beaucoup changé, mais on n’est qu'au début de la transformation de bpost. On va faire d’un réseau courrier qui sert aussi des colis, un réseau colis qui sert aussi du courrier."

"On vient de dégager un accord social en vue du rush sur les colis en fin d'année."
Audrey Hanard
Présidente de bpost

Pour autant, l’e-commerce est-il fait pour un opérateur public (l’État détient 51% de bpost)? Selon Audrey Hanard, cela ne fait pas un pli. "L’e-commerce laisse beaucoup d’oubliés au bord de la route. Le caractère public de bpost a tout son sens, car nous sommes le dernier homme, ou la dernière femme, qui permet à tout un chacun d’avoir accès à l’e-commerce, mais aussi à d’autres services digitaux. Par exemple, depuis quelques mois, le citoyen peut passer du recommandé papier à une version digitale. On va développer ce genre de services dans le futur."

Mais comment fait-on, demande-t-on à la consultante (elle a démarré chez McKinsey, elle est aujourd’hui associate partner chez Dalberg, à Londres), pour rendre plus agile une entreprise de la taille de bpost, 36.000 employés? "Le sujet est sur la table du conseil d'administration. Il s'agit de voir qui peut insuffler l'innovation et l'agilité dans les différentes business units. Je n'en dirai pas plus à ce stade, mais il faut s'assurer que des gardiens de l'agilité soient présents à tous les niveaux de l'entreprise."

©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Pour bpost, Audrey Hanard a une ambition majeure. "Je veux que bpost démontre que dans l’e-commerce, un modèle d’emploi différent de nos concurrents est possible." Mais encore? "Dans l’e-commerce, beaucoup de nos concurrents travaillent quasi exclusivement avec des intérimaires et des indépendants, souvent très mal payés et très mal couverts en matière de sécurité sociale ou d'assurances. Si bpost démontre qu’on peut développer un opérateur international de qualité qui réponde aux besoins de ses clients tout en respectant une qualité d'emploi, je serai très heureuse."

"Le climat s’apaise au sein de l’entreprise"

Audrey Hanard estime encore qu’après une période mouvementée, marquée notamment par l’éviction du CEO Jean-Paul Van Avermaet et un sérieux remaniement du conseil d’administration, "le climat s’apaise au sein de l’entreprise. Il y a plus de calme dans les relations avec les syndicats, ce qui n’empêche pas de faire bouger l'entreprise. Par exemple, on vient de dégager un accord social en vue du rush sur les colis en fin d'année. On est arrivé à un accord qui donne la possibilité à nos propres équipes, notamment au siège, de prester des heures supplémentaires, y compris le samedi avec compensation, pour prêter main forte aux équipes de distribution. Je salue l'approche d'équipe des syndicats. L’entreprise avance dans le bon sens."

Elle aime l’idée "d’évacuer cette opposition clanique et souvent stérile entre direction et syndicats".

Audrey Hanard aime l’idée "d’évacuer cette opposition clanique et souvent stérile entre direction et syndicats". "Pourquoi pas offrir à ceux qui apportent chaque jour leur talent et leur travail un poids comparable à ceux qui y apportent leur capital?", écrivait-elle il y a un an au nom du Groupe du Vendredi, ce lieu de réflexion rassemblant des jeunes Belges francophones et néerlandophones d’horizons variés. Une piste pour bpost? Elle laisse la question sans réponse définitive, mais avance tout de même un pion: "Je constate que ça se fait en Allemagne et que ça marche."

Congé parental

Il est bien possible qu’elle vienne un jour chez bpost avec la proposition d’élargir le congé parental, dans la foulée de cette proposition faite par le Groupe du Vendredi aux partis politiques de le porter à trois mois pour chaque parent. "Je ne l'ai pas encore abordé en interne, mais c'est un mouvement de société à opérer, en vue d'une égalité homme-femme, avec le soutien de l'État pour ne pas créer de différence entre entreprises. En tant que citoyenne, j’estime que chacun dans la famille doit pouvoir profiter à égalité de ce moment si particulier qu'est la naissance d'un enfant. Deux semaines ne suffisent pas à un homme pour devenir papa."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés