Colruyt et Fluxys veulent produire de l'hydrogène à partir d'énergie éolienne

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Le groupe de supermarchés et le gestionnaire du réseau gazier veulent construire une usine de production d’hydrogène à partir d’énergie éolienne. Le feu vert à l’investissement pourrait bientôt être donné. Deux sites sont envisagés: Zeebruges et Anvers.

Colruyt veut produire de l’hydrogène à partir de l’électricité produite par les parcs éoliens en mer. Parkwind, sa filiale spécialisée dans l’éolien en mer, et Eoly, son fournisseur d’électricité verte, ont mené avec le gestionnaire du réseau de gaz Fluxys une étude de faisabilité portant sur la construction d’une usine de production d’hydrogène. Le travail préparatoire est terminé, apprend L’Echo, et le feu vert devrait être donné à l’investissement par les conseils d’administration de Colruyt Group et Fluxys dans les semaines qui viennent.

L’idée est d’utiliser le trop-plein d’énergie éolienne pour produire de l’hydrogène, un gaz très énergétique qui peut servir de réserve pour les moments où l’énergie est moins abondante.

Produire de l’hydrogène à partir d’électricité verte est une voie prometteuse pour la transition énergétique. Cela permet en effet de transformer, à grande échelle, de l’électricité en gaz via l’électrolyse de l’eau, et ainsi de flexibiliser notre approvisionnement énergétique. L’idée est d’utiliser le trop-plein d’énergie éolienne pour produire de l’hydrogène, un gaz très énergétique qui peut servir de réserve pour les moments où l’énergie est moins abondante. Cet hydrogène présente l’avantage d’être produit sans émettre de CO2 ni d’autre gaz à effet de serre, contrairement à l’hydrogène produit à partir de gaz.

25 millions d’euros

Si le projet aboutit, ce sera la première fois qu’on produira en Belgique de l’hydrogène vert à une telle échelle. L’installation d’électrolyse projetée aura une capacité de 12 à 25 mégawatts, avec une extension possible. L’investissement pourrait s’élever à 25 millions d’euros.

Si notre approvisionnement énergétique futur doit être constitué à terme de 70% d’énergie renouvelable, nous aurons besoin d’hydrogène pour le stockage, même s’il faut encore trouver le moyen de rentabiliser cette technique.
Isabel François
WaterstofNet

Colruyt et Fluxys envisagent deux sites. Premier emplacement visé: Zeebruges, où l’électricité offshore serait immédiatement transformée en hydrogène, qui serait injecté massivement dans le réseau gazier. Si cette localisation est retenue, la capacité pourrait, à terme, être portée de 25 à 100 mégawatts. Cela permettrait d’évoluer avec les pays voisins, les Pays-Bas et l’Allemagne, où différents projets d’hydrogène de grande taille sont en phase préparatoire.

Second site potentiel: le port d’Anvers, où la capacité du réseau gazier est limitée, mais où l’hydrogène serait utilisé par des clients industriels. Le débouché le plus rentable serait de vendre cet hydrogène comme carburant zéro CO2. Mais, vu le sous-développement du marché des véhicules à hydrogène en Belgique, Colruyt envisage plutôt l’introduction d’un système de garanties d’origine sur le marché du gaz, comme cela se passe déjà pour l’électricité.

Un atout majeur

Le nouveau réservoir de stockage pour du GNL provenant de Sibérie construit par Fluxys à Zeebruges. ©Jonas Lampens

Convertir de l’électricité en hydrogène entraîne une déperdition énergétique de quelque 30%. Cette technologie offre cependant un atout majeur: le gaz peut être stocké plus facilement que l’électricité. "Si notre approvisionnement énergétique futur doit être constitué à terme de 70% d’énergie renouvelable, nous aurons besoin d’hydrogène pour le stockage, même s’il faut encore trouver le moyen de rentabiliser cette technique ", souligne Isabel François de WaterstofNet, un cluster de quelque 45 entreprises actives dans ce domaine en France.

Reste à savoir si le projet bénéficiera d’un subside. Dans l’accord gouvernemental du nord du pays, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) affiche son ambition d’être à la pointe dans ce domaine en Europe. Le gouvernement flamand prévoit de lancer un projet pilote, sans évoquer un soutien public. Colruyt et Fluxys examinent différentes possibilités de primes à l’innovation, d’aides à l’investissement ou de subsides opérationnels.

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