Le constructeur de piscines LPW Pools veut bâtir un groupe européen

Le co-CEO Guillaume de Troostembergh en train d'inspecter une coque dans l'usine de piscines d'Aarschot. ©Debby Termonia

Après avoir repris l'alsacien Walter, le fabricant belge de piscines LPW Pools construit un groupe intégré avec de nouveaux objectifs et un changement d'échelle.

Les fabricants et les vendeurs de piscines figurent parmi les gagnants de la crise; on l'avait vu au cœur de l'été quand on avait appris que leurs commandes s'envolaient. Confinement et restrictions aux voyages expliquent évidemment ce mouvement de réinvestissement dans la maison et le jardin. Chez LPW Pools, le fabricant de piscines en coques de vinylester basé à Aarschot, on entend bien saisir l'occasion pour accélérer sa croissance. De 700 piscines écoulées en 2019, il est passé à plus de 1.000 cette année. L'entreprise en a profité pour racheter Walter Piscine, un fabricant alsacien de couvertures de sécurité, et bâtir un nouveau groupe à trois, avec Walter et avec Covrex, un fabricant de volets de piscine qui faisait déjà partie de son périmètre: le nouvel ensemble s'appelle TSHP pour "The Swimming Pool Hub" et a pour ambition de camper un acteur européen.

"Le marché de la piscine est structurellement en croissance", estime Guillaume de Troostembergh, co-CEO de TSHP. "Les Belges, les Allemands ou les Français investissent davantage dans leur maison en raison des taux d'intérêt bas et du réchauffement; la crise du Covid-19 est venue accélérer la tendance, mais le marché va rester orienté à la hausse sur le long terme. Nous nous attendons d'ailleurs à enregistrer l'an prochain un exercice encore meilleur que 2020." Cerise sur le gâteau, la spécialisation du groupe dans les piscines à coque lui permet de croître plus vite que ses concurrents privilégiant le béton: il ne dépend pas de la main-d’œuvre disponible pour augmenter ses capacités de manière brusque, comme actuellement.

Un holding, 2 usines, 3 filiales

De 33 millions d'euros en 2019, le chiffre d'affaires de LPW Pools, qui intègre déjà Covrex, va grimper à 43 millions cette année. S'ajouteront à ce montant la dizaine de millions d'euros réalisés par Walter Piscine, pour totaliser 54 millions au niveau de TSHP. Et les 30 emplois de la firme alsacienne porteront l'effectif global du groupe à 120 personnes.

54
millions
Le nouvel ensemble TSPH va réaliser cette année un chiffre d'affaires de 54 millions d'euros.

Le siège de TSHP restera à Aarschot, en Belgique, tandis que les deux usines continueront à tourner sur leurs sites actuels, soit Aarschot pour LPW et Covrex et Brumath, en Alsace, pour Walter. "On a créé une structure de holding où l'on a centralisé les services partagés: finances, ressources humaines, stratégie... Et l'on conserve les trois sociétés filles", détaille Guillaume de Troostembergh. "Cette organisation nous permettra d'absorber d'autres entreprises à l'avenir et de continuer à en mutualiser les services." Car l'entrepreneur a, de son propre aveu, "pris goût aux acquisitions". "Nous prévoyons d'en effectuer une autre en 2021, et nous avons les ressources pour en faire tous les deux ans."

"On a pris goût aux acquisitions; on prévoit d'en effectuer une autre en 2021."
Guillaume de Troostembergh
Co-CEO de TSPH

Objectif, bâtir un "one stop shopping" pour les constructeurs de piscine à l'échelle du continent, où ceux-ci pourront trouver non seulement les piscines et les types de couvertures (volets, bâches hiver, bâches à bulles...) qu'ils souhaitent, mais aussi les pièces. "Chacune de nos trois composantes est bien implantée dans quelques marchés: LPW en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, Walter en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Scandinavie, tandis que Covrex est présente également sur des marchés lointains comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Israël et le Chili... Nous allons développer des synergies commerciales au départ des trois marques et intégrer tous leurs produits dans un même réseau de distribution."

Le groupe s'est fixé pour projet de doubler son chiffre d'affaires d'ici sept ans, par une combinaison de croissances interne et externe. Dans l'espoir de créer à terme une marque homogène sur le marché européen de la piscine.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés