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Un comité de direction sur deux est exclusivement masculin

Depuis plusieurs années, les sociétés cotées sont légalement tenues de nommer au minimum un tiers de femmes et un tiers d'hommes au sein de leur conseil d'administration. ©Filip Ysenbaert

Selon une enquête de la rédaction, 14% à peine de tous les top managers des sociétés belges cotées sont des femmes. Plus de 95% sont blancs et deux sur trois ont plus de 50 ans.

D'après une enquête de la rédaction sur la composition du top management des sociétés belges cotées, la diversité a du mal à trouver le chemin des comités de direction. L'analyse porte non seulement sur l'équilibre entre hommes et femmes, mais aussi sur l'âge, la nationalité, l'origine ethnique et la formation.

Une bonne gestion de la diversité représente une arme puissante dans la guerre des talents.

Elle révèle que la moitié des entreprises disposent d'une équipe de direction – c'est-à-dire le niveau en charge de la gestion quotidienne de l'entreprise et qui rend compte au conseil d'administration – composée exclusivement d'hommes. En outre, une partie importante de ces comités – soit 45% du total – sont des bastions masculins blancs. En d'autres termes, on n'y trouve aucune femme ni quelqu'un d'une autre couleur de peau.

Ces chiffres sont de loin inférieurs à ceux des conseils d'administration de ces mêmes entreprises. Le conseil d'administration est l'organe qui contrôle la (bonne) gouvernance, qui fixe la stratégie et qui est responsable de la nomination et de la révocation des membres de la direction.

14%
À peine 14% des membres de comités de direction de sociétés cotées sont des femmes en Belgique.

Depuis plusieurs années, les sociétés cotées sont légalement tenues de nommer au minimum un tiers de femmes et un tiers d'hommes au sein de leur conseil d'administration. Cette obligation légale s'est traduite par l'augmentation régulière du nombre d'administratrices. L'an dernier – et pour la première fois de notre histoire –, plus d'un tiers du nombre total d'administrateurs étaient des femmes, contre moins de 10% il y a dix ans.

Mais cette tendance ne se retrouve donc pas au niveau des comités de direction, où l'on ne compte que 14% de femmes managers et 3% de femmes CEO. C'est à peine mieux qu'il y a dix ans où 10% des managers étaient des femmes.

De plus, l'équilibre entre les genres n'est qu'une des facettes de la diversité. Les chiffres montrent que les comités de direction sont surtout blancs (95%) et gris (deux directeurs sur trois ont plus de 50 ans).

Guerre des talents

La pression sociale pour que les sociétés s'intéressent à la diversité augmente et l'idée fait de plus en plus son chemin qu'une bonne gestion de la diversité représente une arme puissante dans la guerre des talents. C'est aussi un critère important du score ESG, qui évalue les entreprises sur la base de leur durabilité (Environnement), de leur implication sociale (Société) et de la qualité de leur gouvernance (Gouvernance). De plus en plus d'investisseurs s'intéressent à ces critères.

Aux Pays-Bas, une "obligations de moyens" va être instaurée pour des objectifs adaptés et ambitieux au plus haut niveau du management.

Ces dernières semaines, une majorité a été trouvée aux Pays-Bas en faveur d'une "obligation de moyens": à l'avenir, les 5.000 plus grandes entreprises du pays devront publier des objectifs "adaptés et ambitieux" pour le plus haut niveau de leur management. Si ces objectifs ne sont pas atteints, les entreprises devront s'expliquer. Le gouvernement ne fixe donc ni quota ni objectif, mais une obligation de reporting.

En Allemagne, une loi a été votée avant l'été pour obliger les entreprises cotées à nommer au moins une femme au sein de leur direction, si cette dernière compte plus de trois membres. Pour les entreprises dont l'État allemand est l'actionnaire principal, le quota a été fixé à 30%. En anticipation des nouvelles règles, le géant du sport Adidas, le groupe chimique Bayer et le fabricant de chips Infineon ont nommé une femme au sein de leur comité de direction.

Dans notre pays, la secrétaire d'État à l'Égalité des chances, Sarah Schlitz (Écolo) a plaidé en février en faveur de règles concernant l'équilibre entre les genres au sein des directions des entreprises. Son cabinet a fait savoir que, sur la base des rapports annuels de 2021, une analyse sera menée sur l'équilibre entre les genres au sommet des entreprises cotées. Cette analyse sera publiée au début de 2022. Des recommandations suivront pour modifier la loi.

Série | "C'est qui le patron?"

Les comités de direction des entreprises belges cotées sont-ils toujours grisonnants, masculins et blancs? Ou bien les femmes sont-elles admises? Les managers d'une autre origine sont-ils invités à s'assoir à la table du comité de direction?

Nous avons, pour la première fois, passé en revue tous les comités de direction et avons cartographié la situation de la Belgique.

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