Upignac se lance dans le poulet

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Upignac étend son activité en reprenant Ardenne Volaille, dont le propriétaire entre dans le capital du spécialiste du foie gras.

C’est un fameux pas en avant que vient d’accomplir Michel Petit, le patron fondateur d’Upignac, le célèbre producteur de foie gras basé à Upigny (Eghezée), dans le Namurois. Quatre ans après avoir repris le contrôle du groupe dont il était sorti en 2012, voilà qu’il étend son activité vers le poulet en rachetant Ardenne Volaille.

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millions
Upignac augmente son capital de 10 millions d’euros pour intégrer la famille Wenkin dans l’actionnariat.

"Grâce à cette acquisition, nous nous dotons d’une expertise en matière d’élevage. Parallèlement à cela, nous offrons à Ardenne Volaille notre connaissance dans les domaines de la transformation de la viande et de l’exportation", explique Michel Petit.

Ardenne Volaille a pignon sur rue en Wallonie. Basée à Bertrix, en province de Luxembourg, la société des frères Jean-Claude et Francis Wenkin n’a aujourd’hui plus rien à voir avec le petit poulailler créé en 1989 dans la ferme familiale d’Assenois.

Leur créneau d’activité, la production de poulets de qualité supérieure, a très vite attiré l’attention des distributeurs, à commencer par Colruyt, désireux de compléter son offre avec un poulet de qualité. Les poulets Val Dieu, nourris aux céréales du moulin qui fait face à l’abbaye du même nom, sont aujourd’hui bien connus des consommateurs du nord et du sud du pays.

Les frères Wenkin dans le capital d’Upignac

La transaction entre Michel Petit et les frères Wenkin passe notamment, dans le chef d’Upignac, par une augmentation de capital de 10 millions d’euros. Une opération qui doit permettre aux frères Wenkin d’entrer dans l’actionnariat de la société namuroise.

Ces derniers détiendront ainsi 16 % du capital d’Upignac Group, la famille Petit restant l’actionnaire majoritaire, avec 71%. Le reste du capital (13 %) est détenu par la Société régionale wallonne d’investissement (SRIW), montée à bord il y a quatre ans au moment de la sortie des grands actionnaires belges du géant brassicole AB InBev.

À la suite de cette opération, le foie gras Upignac et les marques Val Dieu, Le Poulet de Bastogne, Crêtes d’Ardennes et Coq des Prés seront logées sous le même toit.

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La société luxembourgeoise a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros, contre 12,5 millions pour le spécialiste du foie gras.

Depuis son retour dans l’entreprise, la famille Petit a investi dans une série de PME de l’agroalimentaire wallon de terroir. L’acquisition d’Ardenne Volaille s’inscrit pleinement dans cette logique. Et constitue une belle source de diversification pour un projet visant à proposer des produits alimentaires haut de gamme fabriqués en Belgique. Outre le canard et le foie gras, il s’agissait aussi, jusqu’ici, de fruits et de jus de fruits naturels, pressés au départ de fruits cueillis dans le pays. Il y a désormais la volaille en plus.

Upignac a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre? En rachetant Ardenne Volaille, il avale en tout cas plus grand que lui: la société luxembourgeoise a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros, contre 12,5 millions pour le spécialiste du foie gras. Même chose pour la croissance: les revenus d’Ardenne Volaille sont en hausse de 20 %, ceux d’Upignac ne progressant que de 15%.

40 millions d’euros de chiffre d’affaires

Pour cette année, Michel Petit table sur un chiffre d’affaires combiné de 40 millions d’euros. Les deux entités, qui emploient quelque 150 salariés, seront intégrées juridiquement au sein d’Upignac Group. Les autres activités de la famille Petit – les fruits et la société de production des jus de fruits naturels Le Pressoir d’Upigny – ne font pas partie de la transaction.

La famille Wenkin n’est pas le premier actionnaire extérieur d’Upignac. En 2012, le spécialiste du foie gras avait ouvert son capital à Gourmet Food Collection, un holding formé en majorité de grandes familles belges actionnaires d’AB InBev (les de Pret, de Mévius, de Spoelberch et Cornet de Ways Ruart). Ce holding avait acquis la majorité des parts, l’idée étant de stimuler la croissance et de favoriser une percée de la marque au niveau mondial.

Le retour aux sources se fera dès 2015, Michel Petit et ses proches reprenant le contrôle intégral du groupe Upignac et les familles d’AB InBev quittant le navire.

Les parties étaient alors restées muettes sur les raisons de ce revirement stratégique, Michel Petit se bornant à déclarer que "c’était mieux pour le développement de l’entreprise".

"Nous avons repris 100% du capital, ce qui nous permettra de développer le groupe de manière plus souple, plus facile, et d’y intégrer aussi l’activité fruitière (fruits et jus de fruits) lancée avec succès par nos enfants", avait-il alors ajouté.

Ces dernières années, le patron fondateur d’Upignac s’est toutefois davantage tourné vers les marchés étrangers. En Asie par exemple, le Japon, Hong Kong et les États du Golfe sont devenus des marchés prioritaires. L’entreprise d’Eghezée étend aussi ses activités au Canada.

L’évolution est en tout cas tangible: alors qu’en 2015, les exportations ne représentaient quasiment rien, les marchés extérieurs ont rapporté l’an dernier environ un cinquième des revenus d’Upignac. Ce n’est sans doute qu’un début.

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