Pourquoi Umicore trinque encore après sa dégringolade

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La majorité des analystes financiers reste pourtant à l’achat sur la valeur après l’avertissement sur résultats lancé mardi matin.

Après le coup de Taser encaissé hier par l’action Umicore avec une chute de plus de 17% en clôture, on était en droit de s’attendre à un rebond, ne fut-ce que symbolique, ce mercredi matin.

Il n’en est rien. Le titre enquillait sur la tendance de la veille et abandonnait encore près de 5% à 34,2 euros en milieu de matinée. Umicore a, du coup, effacé tous ses gains du début de l’année et affiche un repli de 20% sur les douze derniers mois.

Les "shorteurs" et Akzo

Les positions prises par trois spéculateurs à la baisse, les fameux "shorteurs", sur Umicore ne facilitent pas un rebond de la valeur. Avec une position totale de 2,38% du capital, ils pèsent sur le cours afin de tenter d’enfoncer les "stop loss" des actionnaires dans le but d'entraîner l’action encore plus bas.

Autre élément qui n’arrange pas les affaires des investisseurs: Akzo Nobel qui tout comme Umicore fait partie de l’indice des valeurs chimiques du Stoxx 600 perdait 3% après avoir publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes.

Baisses en série des objectifs de cours

On le sait, la dégringolade du titre a été déclenchée mardi matin par un avertissement sur résultats lancé par le spécialiste de la technologie des matériaux. Deux facteurs vont peser sur les chiffres de ce groupe dont le moteur de croissance est lié aux véhicules électriques : une baisse de la demande de cathodes (utilisées pour les batteries électriques) en Chine et la chute des prix du cobalt.

Dans la foulée, de nombreux analystes ont revu à la baisse leur objectif de cours sur la valeur. Outre KBC Securities et Degroof Petercam mentionnés hier, ce fut également le cas de Deutsche Bank (de 37 euros à 35 euros), d’Equita (-10% à 45 euros), de Liberum (de 47 à 44 euros) et de Berenberg (de 46 à 42 euros).

Une majorité à l'achat

Mais globalement, les brokers restent positifs sur la valeur. Onze d’entre eux conseillent toujours un achat, huit recommandent de la conserver et quatre de la vendre. L’objectif de cours moyen atteint 40 euros.

Berenberg fait partie des inconditionnels. "Ces inquiétudes (sur les cathodes et le cobalt, Ndlr) sont insuffisantes pour saper notre confiance dans la ‘story’ de la croissance bénéficiaire à long terme" souligne Sebastian Bray. Il ajoute : "La tentation à ce stade est de regarder les multiples des bénéfices et de jeter l’éponge. Ne cédez pas à cette tentation. L’action se négocie avec un prime de 50% sur les bénéfices par rapport à l’indice sectoriel de l’Europe Stoxx 600 mais sur la base des nouvelles estimations des résultats, ces derniers grimperont plus vite (à hauteur de 80%) que ceux du secteur jusqu’en 2025."

Risque d'augmentation de capital

Le broker le plus optimiste sur Umicore reste ING qui n’a jusqu’ici pas touché à son objectif de cours de 47 euros. Le plus sceptique est le Credit Suisse qui a réduit son "target" à 28 euros contre 33 euros avant.

"Un environnement avec une demande plus faible et un nouveau concurrent au niveau de l’offre constituent le premier test de la résilience des prix des cathodes d’Umicore" souligne ce dernier qui estime qu’il existe encore un risque d’une possible augmentation de capital afin de maintenir les plans d’investissement dans les cathodes.

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