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Le recommandé électronique, la nouvelle tuile de bpost

©BELGA

Le recommandé électronique est désormais disponible en Belgique. Pour l'heure, il est réservé aux entreprises mais pourrait à terme faire pression sur les revenus de bpost qui gère annuellement quelque 30 millions de recommandés.

La société de Saintes, Ipex, lance le recommandé électronique. Envoyé par mail, ce document dispose de la même valeur légale que le recommandé papier. "Le recommandé électronique a pour vocation de remplacer également les courriers ordinaires puisque son coût est bien inférieur à celui d’un simple timbre-poste", lit-on dans un communiqué de l'entreprise. Cette nouveauté pourrait faire mal à bpost , pour qui le recommandé est une véritable vache à lait.

Et pour cause. Chaque année en Belgique, 33 millions de recommandés sont envoyés. Quelque 30 millions le sont par le biais de bpost. Au prix facturé de 5,30 à 6 euros, cela représente un chiffre d'affaires d'environ 170 millions pour l'entreprise postale. De plus, bpost avait déjà mis en garde dans son rapport annuel 2015 d'une possible influence négative des initiatives gouvernementales en matière de communication électronique.

Actuellement, le recommandé électronique d'Ipex n'est disponible que pour les clients "corporate" et donc pas pour les particuliers.

Comment cela fonctionne-t-il?

©Capture d'écran

La technologie est néerlandaise. Ipex a ainsi noué une alliance stratégique avec Aangetekend BV. Leader aux Pays-Bas, cette alliance permet au Néerlandais de prendre pieds en Belgique avec ce recommandé digital.

Il  fonctionne via un logiciel simple via le programme Outlook ou une autre solution XML pour les plus grands formats. L'expéditeur envoie donc le recommandé permettant au destinataire de signer le document. Cette signature électronique avancée (SEA) est depuis la loi du 1er juillet 2016 juridiquement valable.

Son prix varie entre 0,23 et 0,697 euro, selon le nombre d'envois.

La solution hybride de bpost

Baudouin de Hepcée, porte-parole, indique que pour l'heure bpost offre une solution "hybride" à ses clients professionnels via le "QuichStamp". Il s'agit d'une procédure simplifiée pour  l'affranchissement des recommandés. Grâce à un code-barre,  l'expéditeur ne doit plus passer par un bureau de poste. "Nous suivons l'évolution des technologies pour voir quelle solution complète mettre sur le marché. Actuellement, nous préférons investir dans ces solutions hybrides."

En 2017 ou 2018, bpost ira plus loin en proposant à ses clients d'envoyer électroniquement leurs recommandés. bpost se chargera de l'impression et de l'expédition sous forme papier du document au destinataire. "Cette solution nécessite une plate-forme d'authentification tant du destinataire que de l'expéditeur. Cela demande des investissements lourds. Il faudra donc encore du temps avant d'arriver à une transition complète", conclut Baudouin de Hepcée.

Quant au "Certipost", solution dans laquelle la société postale a des années durant investi, elle n'est plus d'application. Elle permettait l'authentification du signataire de document à l'aide d'un certificat numérique. 

L'agenda numérique

Le cadre juridique des recommandés s'est longtemps fait attendre. Mais un projet de loi du ministre Alexander De Croo a ouvert la loi en juillet dernier à cette solution. De quoi, avait-il affirmé réduire les coûts d'envoi mais aussi améliorer les problèmes d'archivage. "Juridiquement et techniquement parlant, il n'y a plus besoin de poursuivre la correspondance officielle via le papier", indique Rodolphe van der Straten, patron d'Ipex.  

Dans son rapport annuel de 2015, bpost avait déjà mis en garde d'une possible influence négative des initiatives gouvernementales en matière de communication électronique.

©Photo News

Mais quel serait exactement cet impact? Les analystes se refusent à tout chiffre, parlant d'un "coup très dur". "Il faudra encore du temps avant de voir les effets matériels de cette solution", explique Marcel Achterberg de Degroof Petercam. Le plus surprenant est qu'Alexander De Croo est également en charge des services postaux.

Ipex ne divulgue pas plus de prévisions. "Dans notre stratégie de croissance, le recommandé électronique est pris en compte, sans tout autant viser d'objectifs élevés de chiffre d'affaires."

Ipex n'est pas l'unique challenger de bpost. TBC-Post est aussi sur les rangs. La société a lancé une procédure en ligne afin de récupérer les recommandés manqués sans passer par un point poste.

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