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Vespucci Analytics, comprendre les utilisateurs sans les traquer

Michael Dawant et Achraf Ait El Hadj sont au tout début de leur vie d'entrepreneurs. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Une très jeune start-up belge a mis au point un outil qui permet d'analyser le comportement des utilisateurs d'applications mobiles sans les traquer. Une idée qui attire les investisseurs.

Michael Dawant et Achraf Ait El Hadj sont au tout début de leur vie d’entrepreneurs. Ils découvrent en accéléré les montagnes russes de l’entrepreneuriat avec une idée qui fait du bruit. Purs produits de la Solvay Business School dont ils sont sortis il y a à peine un an, les deux compères ont d’abord voulu lancer une application mobile. Chemin faisant, ils se rendent compte que les outils permettant d’analyser le comportement des utilisateurs de ces applications ne sont pas légion. Depuis que les solutions qui enregistrent le comportement des utilisateurs en filmant leur écran n'ont plus bonne presse, un vide s’est créé.

La fin du tracking à l'ancienne

Vespucci Analytics profite des restrictions plus importantes imposées par Apple aux développeurs et éditeurs d’application au sein de l’app store.

La dernière version du système d’exploitation d’Apple interdit d’utiliser un identifiant unique pour distinguer un utilisateur d’un autre. Il est encore possible de le faire, mais il faut un pop-up qui demande le consentement explicite de l'utilisateur. Une petite fenêtre qui représente la fin du tracking à l'ancienne, car la grande majorité des utilisateurs refusent d'être suivis.

Autre nouveauté, l’enregistrement vidéo des comportements des utilisateurs est désormais lui aussi soumis à l’apparition d’un pop-up très intrusif suite à des plaintes pour des enregistrements réalisés à l’insu des utilisateurs. Ce type d’outils n’a donc plus la cote chez Apple, qui reste le magasin d’applications représentant le plus de valeur pour les éditeurs et développeurs. Le champ est désormais libre pour des solutions moins intrusives.

Le duo flaire l'opportunité en septembre 2020 et décide de créer un outil d’analyse qui utilise des modèles statistiques pour analyser le comportement des utilisateurs d’une app. Six mois plus tard, ils tiennent leur solution avec un logiciel prêt à être utilisé. À l’inverse de leurs prédécesseurs comme Hotjar, qui proposait une carte de chaleur en fonction des actions effectuées par les utilisateurs, Vespucci Analytics propose de répondre aux questions que se pose le développeur ou l’éditeur d’une application comme : "pourquoi mes utilisateurs quittent l’application?", "pourquoi ils ne lisent que trois articles ?". L’idée est de créer une histoire, un parcours qui va subir une analyse de dispersion et de corrélation", explique Michael Dawant. "Ensuite, l’outil va appliquer un score pour chaque élément de l’écran de l’application pour déterminer son importance dans l’histoire", enchaîne Achraf Ait El Hadj.

"L’idée est de créer une histoire, un parcours qui va subir une analyse de dispersion et de corrélation."
Michael Dawant
Cofondateur de Vespucci Analytics

La solution répond surtout à un besoin auprès de clients ayant un nombre important d’utilisateurs sur leur application. Vespucci Analytics n’a donc pas tardé à trouver ses premiers clients, une dizaine à l’international nous précise-t-on du côté des fondateurs, qui restent volontairement vagues sur leur identité. Car il s’agit d’un sujet sensible, la start-up s’étant engouffrée dans une brèche toute récente suite à l’interdiction d'Apple de traquer les utilisateurs dans les applications.

Des investisseurs internationaux de renom

L’idée a en tout cas déjà séduit des investisseurs de premier plan. La jeune pousse vient de clôturer une première levée de fonds de 800.000 euros. Le tour de table est mené par SeedCamp, connu pour avoir été le premier à investir dans la néo-banque Revolut; on retrouve ensuite Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel, et Diaspora VC, un fonds français basé à San Francisco. Pas surprenant de retrouver des fonds anglo-saxons, car l’outil a une vocation internationale - ils n’ont aucun client belge pour l’instant - et de l’aveu des fondateurs : "Nous n’étions que deux pendant les six premiers mois, il fallait directement viser des gros clients internationaux." La maturité digitale entre aussi en compte, ce type d’outil étant utilisé systématiquement outre-Atlantique, ce qui n'est pas le cas en Belgique. "On n’essaye pas d'éviter la Belgique, mais on ne veut pas se coincer", expliquent les deux fondateurs.

800.000
euros
Vespucci Analytics vient de clôturer sa première levée de fonds. Le tour de table est mené par SeedCamp, connu pour avoir été le premier à investir dans la néo-banque Revolut; on retrouve ensuite Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel, et Diaspora VC, un fonds français basé à San Fransisco.

Un accord en or

Pour s’assurer un flux suffisant de clients pour ses premiers mois d’activité, la start-up a réussi à s’intégrer dans le catalogue d’outils proposés par la plateforme Segment qui permet à ses utilisateurs d’intégrer une seule fois leurs données pour utiliser une multitude de logiciels.

L’outil devrait évoluer dans les prochains mois, assurent Michael Dawant et Achraf Hait El Hadj, peut-être vers une version permettant d’analyser les sites web, peut-être vers du ciblage. Pour ça ils ne seront pas seuls, ils ont maintenant des fonds et même leur deux premiers employés.

Le résumé

  • Vespucci Analytics a mis au point un outil qui permet d'analyser le comportement des utilisateurs d'applications mobiles sans les traquer.
  • Les deux fondateurs viennent de lever 800.000 euros auprès de fonds d'investissements réputés dans le milieu technologique.

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