Proximus réfléchit à l'intérêt de conserver ses deux tours

Et si Proximus vendait ses deux tours? La réflexion est ouverte. ©Peter Hilz

L’opérateur a profité de la présentation de ses résultats, plutôt bons, pour annoncer le retour des mesures prises durant le confinement et évoquer un potentiel déménagement.

Ce vendredi, c’était au tour du troisième télécom de la bande de faire le point sur les chiffres du trimestre écoulé. Mais au final, l’annonce des bons résultats est presque passée au second plan. Le patron Guillaume Boutin a surtout profité du moment pour évoquer une série d’autres actualités importantes.

Avant même la moindre décision du gouvernement, l’opérateur a décidé de prendre les devants et de revenir à son mode de fonctionnement en confinement. Cela passera donc par la fermeture des magasins dès lundi et une série de coups de pouce. Il n’y aura plus de limite de téléchargement sur l’internet fixe et 10 GB de données mobiles supplémentaires seront offerts aux travailleurs de la santé. Proximus prévoit également des réductions pour les acteurs de l’horeca via une remise de maximum 150 euros pour les entrepreneurs n’utilisant pas leur abonnement en raison de la fermeture de leur établissement.

"Les deux tours ne sont peut-être plus idéales et plus en lien avec notre nouvelle réalité."
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

À la recherche d’un "campus vert"

L’autre grande annonce concernait la réflexion officiellement entamée autour de l’environnement de travail. Le Covid-19 ayant particulièrement affecté la manière de fonctionner de l’opérateur, un déménagement du siège social n’est plus impossible.

"Les deux tours ne sont peut-être plus idéales et plus en lien avec notre nouvelle réalité", explique Guillaume Boutin, le CEO de Proximus. " Nous allons évaluer le meilleur scénario d’un point de vue immobilier pour créer, à Bruxelles, un vrai 'Campus Proximus': plus petit, plus vert, et mieux adapté à la collaboration et aux contacts formels ou informels.»

85%
Désormais, 85% du personnel de Proximus est en télétravail.

Les choses ont effectivement largement changé depuis l’arrivée de la pandémie. Désormais, 85% du personnel de Proximus est en télétravail. "Notre manière de travailler s’est inversée avec comme nouvelle norme le travail à domicile et la possibilité de se rendre au bureau quand cela est nécessaire. C’est le cas maintenant et ce le sera encore après la pandémie", assure le patron.

Les conditions ont d’ailleurs récemment été adoptées dans la nouvelle convention collective de travail. La nouvelle version fait passer le télétravail de deux à trois jours par semaine et le nombre de travailleurs y ayant droit a considérablement augmenté.

Par rapport au télétravail, "personne ne se reverrait revenir à la situation d’avant".
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

Actuellement, le nombre de travailleurs a passé les portes des tours bruxelloises ne dépasse plus les 700. Avant la pandémie, ce chiffre grimpait jusqu’à 6.000 personnes. "Et quand je vois les résultats que nous avons affichés durant cette période et la réaction positive de nos travailleurs face au télétravail, personne ne se reverrait revenir à la situation d’avant", lance encore le patron.

Pas de décision à court terme

Les deux tours seront donc forcément démesurées. Cela tombe bien, Proximus est justement à la recherche de millions pour financer le déploiement de sa fibre optique. En mars dernier, à l’heure de présenter son plan stratégique, le groupe expliquait déjà qu’une partie de l’enveloppe de financement proviendrait de la vente d’actifs immobiliers.

A l’heure toutefois d’estimer combien pourrait rapporter la vente de son siège, le patron préfère tempérer. "Nous ne sommes pas encore à ce stade. Nous débutons seulement l’analyse sur la manière de se réorganiser.  Je ne m’attends d’ailleurs pas à pouvoir faire rapidement une annonce concrète sur le sujet. Le processus sera long et prendra des mois, voire des années", explique-t-il. Le travail de réflexion est en tout cas officiellement lancé. Proximus vient d'ailleurs de mandater BNP Paribas Real Estate en tant que conseiller immobilier.

438 millions €
L’ebitda réalisé sur le territoire belge est en hausse de 1,9%, à 438 millions d’euros.

Prévisions revues à la hausse

Côté financier, le bilan trimestriel du groupe est dans la même veine que ceux présentés par ses deux grands concurrents. Le nombre d’abonnés est en hausse avec, notamment, 57.000 abonnés mobiles, 14.000 abonnés internet et 11.000 clients TV supplémentaires.

Le chiffre d’affaires trimestriel pointe, lui, à 1,074 milliard d’euros, en très légère croissance de 0,2% par rapport à l’année précédente. L’ebitda réalisé sur le territoire belge est également en hausse de 1,9%, à 438 millions d’euros. En prenant les activités étrangères (dont BICS), ce dernier conserve une petite croissance de 0,2%, à 469 millions d’euros.

De bons résultats qui permettent à l’entreprise de revoir à la hausse une partie de ses prévisions pour l’année 2020. Proximus mise désormais sur "un ebitda sous-jacent du Groupe moins CAPEX d'au moins 830 millions d'euros. Ce montant inclut un CAPEX du Groupe estimé à moins d'un milliard d’euros."

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