Trois questions à Pieter Van Neste (Truncus)

Pieter Van Neste, Managing Partner du gestionnaire de patrimoine flamand Truncus. ©RV-DOC

"Il y a deux choses que nous faisons systématiquement après une forte correction boursière: acheter des obligations d’entreprises et chercher des actions de qualité qui étaient trop chères avant la correction", confie Pieter Van Neste, Managing Partner du gestionnaire de patrimoine flamand Truncus.

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1. Le krach boursier de mars a-t-il provoqué de la panique parmi vos clients?

«Nous sommes proches de nos clients et nous les rencontrons au moins deux fois par an. Nous prenons à cœur notre responsabilité fiduciaire. Après le krach de février/mars, nous avons fourni beaucoup d’informations à nos clients. Nous les avons tous contactés par téléphone. Ces périodes ne sont pas faciles. Personne n’aime perdre de l’argent.

La baisse s’est accompagnée de l’échange d’énormes volumes. Dans le passé, il a été démontré que si une telle baisse est déclenchée par les investisseurs institutionnels, le marché se retourne tôt ou tard. Nous savions que le marché était dominé par l’émotion. À ce moment-là, il s’agit de convaincre nos clients qu’il n’y a aucune raison de paniquer et de leur éviter de prendre des décisions qu’ils pourraient regretter par la suite. Parmi nos 140 clients, seuls deux ont vendu. C’est beaucoup moins qu’en 2008-2009, où de nombreux clients étaient complètement sortis du marché.»

2. Après cette courte, mais forte baisse, Truncus a-t-il modifié sa stratégie d’investissement?

"Il y a deux choses que nous faisons dans ces circonstances. La première est d’acheter des obligations d’entreprises. Nous savons que les obligations sont fortement touchées en cas de ventes massives à cause du manque de liquidité. Prenez les obligations d’Immobel ou de Kinepolis. Les particuliers les achètent pour deux raisons: pour le coupon et pour le remboursement à l’échéance. Après leur émission, ces obligations sont en général peu liquides. Si elles deviennent soudain très liquides, vous savez que le marché panique et vend à bas prix. Les banques sont alors obligées de valoriser ces obligations au prix négocié le plus bas. Mais vu que les volumes sont limités, vous ne pouvez pas les acheter à ce prix-là. En cas de krach, les obligations plus liquides, comme Peugeot ou Enel, baissent aussi énormément, mais vous pouvez les acheter au cours le plus bas vu que les volumes sont importants. Après une crise, les obligations les plus liquides se reprennent très vite

3. Et quelle est la deuxième opportunité dont vous parlez?

« Pendant la pandémie de coronavirus, nous avons sélectionné des actions de qualité ayant été pénalisées par la crise. »
Pieter Van Neste
,Managing Partner du gestionnaire de patrimoine flamand Truncus

«Pour les actions, nous appliquons principalement une approche bottom-up et nous recherchons des entreprises dont le cours est nettement inférieur à leur valeur intrinsèque. En cas de krach comme celui que nous avons connu au printemps, il devient intéressant de chercher des entreprises de qualité habituellement survalorisées. Vu la forte baisse de leur cours, vous avez l’occasion d’acheter des actions de qualité que vous n’aviez pas en portefeuille parce que vous les trouviez trop chères.

Nous avons donc profité de l’occasion pour acheter certaines de ces actions. Je pense à des entreprises comme Air Liquide, le spécialiste en gaz industriels, à LVMH, spécialisée dans le luxe, et au gérant pharmaceutique Roche. Nous avons également acheté des actions Microsoft, MasterCard, BlackRock et Amazon.»

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