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Comment acheter une voiture dans un marché sous tension?

Retard dans le neuf, hausse des prix de l'occasion, disparition progressive des moteurs thermiques: acheter une voiture semble n'avoir jamais été aussi compliqué.
En fonction des constructeurs et des modèles, les délais de livraison peuvent malgré tout encore être courts. C'est notamment le cas pour la Ford Mustang Mach-E. ©REUTERS

Plus aucun moteur diesel ou essence à Bruxelles d'ici 2035, instauration progressive de zones basses émissions en Wallonie à partir de 2023, allongement du délai de livraison pour des véhicules neufs suite à une pénurie mondiale des semi-conducteurs, envolée des prix sur le marché de l’occasion, etc.

Voici en bref les quelques chamboulements auxquels le marché de l’automobile est confronté depuis plusieurs mois. Dans un tel contexte, il devient difficile pour celui qui envisage d’acheter un véhicule (ou qui a besoin de remplacer le sien dans les plus brefs délais) de s’y retrouver.

1/ Quels sont les délais pour obtenir un véhicule neuf?

En raison de la pénurie mondiale qui touche les semi-conducteurs, de nombreux secteurs de l’économie font face à de très gros retards de livraison, et c’est particulièrement le cas du secteur automobile. Cependant, les constructeurs ne sont pas tous impactés de la même manière. Et s’ils le sont, ce n’est pas forcément le cas pour tous leurs modèles de véhicule.

"Les impacts de cette crise sont variables dans le temps et par modèle", réagit Karl Schuybroek, le porte-parole de Renault. "Il n’est donc pas possible de donner une estimation précise de l’allongement des délais."

"Il n’est pas possible de donner une estimation précise de l’allongement des délais."
Karl Schuybroek
Porte-parole de Renault et Dacia

Même son de cloche chez Volkswagen. "Les modèles peuvent être aléatoirement impactés en fonction de notre approvisionnement en semi-conducteurs et en fonction également de l’approvisionnement chez nos sous-traitants", ajoute Jean-Marc Ponteville, son porte-parole. De son côté, Nissan parle également d’une situation très volatile selon les modèles.

Chez Ford, l’allongement des délais sur certains modèles est surtout dû au succès qu’ils peuvent rencontrer (et qui n’avait pas été estimé dans un tel ordre de grandeur).

Ce délai peut aussi être impacté par la distance qu’il y a entre la Belgique et l’usine de fabrication. Par exemple, les modèles Fiesta et Focus sont assemblés en Allemagne. "Les délais sont donc courts et vont de 4 à 6 semaines", selon Jo Declerq, son porte-parole. "Si vous envisagez plutôt l’achat d’une Mustang ou d’une Explorer – qui sont des modèles assemblés aux États-Unis – comptez plutôt 4 à 6 mois. En revanche, les délais sont courts pour la Mustang Mach-E, le premier SUV 100 % électrique de Ford qui dispose d’un stock central pour l’Europe."

En résumé, il reste possible, en fonction des constructeurs et des modèles, d’obtenir rapidement un véhicule.

2/ Quid pour un véhicule de stock?

Pour les plus pressés, les concessionnaires disposent encore et toujours d’un certain nombre de véhicules de stock. "Nous pouvons faire face aux demandes les plus urgentes", assure Bart Hendrickx, le porte-parole de Suzuki.

Une affirmation partagée par Jo Declerq de Ford qui précise en outre qu’il y a du stock pour pratiquement toutes les motorisations les plus courantes actuellement (voir question 6). "Notre réseau aussi dispose d’un stock adéquat pour satisfaire les ventes des prochains mois", complète Melvin Keuter, le porte-parole de Nissan.

Chez Volkswagen et Renault aussi, il reste du stock, "bien que celui-ci ait drastiquement diminué", rapporte Karl Schuybroek.

3/ Quid pour un véhicule d'occasion?

Pour ceux qui ont besoin d’une voiture, mais qui ne sont pas prêts à payer le prix plein, il y a bien entendu le marché de l’occasion. Mais attention, plusieurs concessionnaires ont confirmé cette semaine (voir l’Echo du 8 septembre 2021) une envolée réelle des prix sur ce marché.

En effet, comme les délais d’attente pour certains véhicules neufs sont trop longs, les consommateurs se tournent plus volontiers vers le marché de l’occasion (ce qui induit une augmentation de la demande). Cependant, il y a actuellement une baisse de l’offre: puisque les délais de livraison de véhicules neufs sont plus longs, le nombre de véhicules d’occasion arrivant sur le marché diminue automatiquement. Cette tension entre l’offre et la demande entraîne donc une hausse des prix.

5 à 10%
hausse des prix
La hausse des prix pour certains véhicules d'occasion, selon Traxio.

Cependant, cette augmentation – qui oscille entre 5 à 10% selon Traxio, la fédération de la mobilité – ne touche pas l’ensemble du marché de l’occasion. "Il s’agit des modèles très en vogue, les SUV, les voitures avec moteur à essence, respectant les dernières normes euro ou encore des occasions très récentes, avec peu de kilomètres au compteur", détaille Filip Rylant, le porte-parole de Traxio. "Les clients recherchent des véhicules récents, qui s’approchent du véhicule neuf."

Une tendance confirmée par Bastien Van den Moortel, porte-parole de Mercedes-Benz. "La catégorie des véhicules de 0 à 2 ans – qui respectent les nouvelles normes environnementales en vigueur ou à venir (voir questions 4 et 5) – fait l’objet de la demande la plus forte."

Par ailleurs, bien que Renault indique que le stock de ses véhicules d’occasion soit faible, il n’y a pas chez eux de réelle augmentation de prix pour les particuliers. "Mais sans doute une marge de négociation plus faible due à la disponibilité réduite des véhicules", concède Karl Schuybroek.

4/ Quelles sont les normes environnementales en vigueur?

Actuellement, il existe trois Zones de Basses émissions (ZEB ou LEZ pour Low Emission Zone) en Belgique: la Région Bruxelloise ainsi que les centres-villes d’Anvers et de Gand.

Dans les grandes lignes, pour ce qui concerne la capitale, les véhicules essence sans norme Euro ou de norme Euro 1 ne peuvent plus y circuler. Pareil pour les véhicules diesel sans norme ou de norme Euro 1, 2 ou 3.

Depuis 2020, seuls les véhicules essence à partir de la norme Euro 2 sont encore autorisés à rouler dans le centre d’Anvers et de Gand. C’est aussi le cas pour les véhicules diesel de norme Euro 5. Il existe une dérogation pour les diesels de norme Euro 4, moyennant l’achat d’un permis (hebdomadaire, mensuel, trimestriel ou annuel).

5/ Quelles normes faudra-t-il respecter à l’avenir?

Cependant d’ici 2025, seuls les véhicules diesel de norme Euro 6 auront encore accès à ces deux villes flamandes (de même que ceux de norme Euro 5 moyennant ici aussi l’achat d’un permis).

Le moteur thermique sera banni des rues de la capitale d'ici quinze ans. ©Photo News

Du côté de la capitale, les véhicules essence de norme Euro 2 seront interdits à partir du 1er janvier 2025.

Pour ce qui concerne les véhicules diesel, ceux de norme Euro 4 ne seront plus les bienvenus à partir du 1er janvier 2022. Cette interdiction s’étendra aux diesels de norme Euro 5 à partir du 1er janvier 2025.

À plus long terme, la motorisation diesel sera interdite à Bruxelles à partir de 2030. Les motorisations essence et LPG suivront ensuite en 2035.

Quid en Wallonie? La Région a planifié elle aussi une sortie progressive du diesel entre 2023 et 2030. À partir du 1er janvier 2023, les véhicules thermiques alimentés à l’essence ou au diesel sans norme ou de norme Euro 1 seront interdits. En 2024, ce sera le cas pour la norme Euro 2, puis la norme Euro 3 en 2025 et la norme Euro 4 en 2026. À partir du 1er janvier 2028, les véhicules diesel de norme Euro 5 seront interdits. Et ce sera ensuite au tour des diesels de norme Euro 6 en 2030.

6/ Quelles motorisations privilégier?

Pour faire un choix éclairé, vous devez d’abord établir votre profil de conducteur (dont le nombre de kilomètres parcourus par jour et par trajet), mais aussi tenir compte de l’environnement dans lequel vous roulez le plus souvent (petits déplacements en ville ou longs trajets sur autoroute par exemple).

Actuellement, même s’il est condamné à disparaître (voir question 5 et 6), le diesel (de norme Euro 6) reste un choix à privilégier pour les conducteurs qui parcourent beaucoup de kilomètres et principalement sur autoroute.

Celui qui fait moins de 20.000 km/an et qui est sensible au prix d’achat aura intérêt à privilégier un véhicule essence (car les modèles hybrides et électriques sont généralement plus chers).

Les conducteurs qui sont sensibles aux émissions de CO2 et qui parcourent quand même beaucoup de kilomètres peuvent par contre se rabattre sur le CNG. Notez que les véhicules CNG disposent en sus d’un réservoir à essence (au cas où il n'y aurait pas de CNG disponible à proximité).

Pour ceux qui réalisent de courtes et moyennes distances et sont très sensibles aux émissions de leur véhicule, un full électrique est recommandé.

Ils peuvent aussi opter pour un véhicule hybride, c’est-à-dire qui permet d’alterner deux moteurs: un électrique et un thermique. Le marché propose des véhicules "full hybride" ou "plug-in hybride".

Dans le premier cas, la voiture roule grâce à l’électricité produite par le freinage régénératif (système dynamo), tandis que, dans le deuxième cas, la batterie du véhicule doit être chargée à l’aide d’une prise.

Une plug-in hybride combine les avantages d'une électrique en ville et l’autonomie longue distance d’une thermique.

C’est la nouvelle grosse tendance sur le marché, selon plusieurs constructeurs. Concrètement, cette technologie permet de charger sa voiture à domicile et d’avoir une autonomie en propulsion électrique jusqu’à 100 km (en fonction des constructeurs et des modèles), soit bien assez pour des déplacements domicile-travail.

Pour les plus longs trajets, le véhicule peut également faire le plein en diesel ou en essence. En résumé, ces véhicules permettent de combiner les avantages de l’électrique en ville et l’autonomie longue distance des moteurs thermiques.

7/ Reste-t-il des véhicules en leasing?

Si vous n’êtes finalement pas prêt à acheter un véhicule ou que vous préférez en louer un pour le moment, notamment pour tester si un nouveau type de motorisation vous convient ou tout simplement parce que vous craignez de ne pas pouvoir bien le revendre plus tard sur le marché de l'occasion, il reste la formule du leasing pour particuliers.

D’après un coup de sonde auprès des différents constructeurs, il y a du stock chez certains pour satisfaire la demande au cours des prochains mois. Pour d’autres, comme chez Dieteren par exemple, les délais de livraison pour des modèles comme l’Audi A1, Q2 ou Q3 vont de 4 à 5 mois. Pareil chez Renault. "Ici aussi, les ressources sont plus réduites et les délais plus ou moins longs en fonction du modèle", précise Karl Schuybroek.

Attention, avant de sauter sur une telle offre, pesez le pour et le contre et lisez attentivement toutes les conditions du contrat.

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