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Pourquoi investir dans un holding?

Laisser des gestionnaires professionnels faire le travail à votre place et engranger un beau bénéfice: c’est possible en achetant des parts d’un holding. Certains vous permettent même de profiter de la croissance économique aux Etats-Unis.
Le holding Brederode possède de nombreuses participations dans des entreprises américaines et pourrait de ce fait profiter du cycle de croissance démarré il y a six aux Etats-Unis. ©Lieven Van Assche

Vos activités professionnelles, voire vos connaissances insuffisantes du monde de la Bourse, vous empêchent de gérer votre épargne le plus efficacement possible? Les holdings cotés à la Bourse de Bruxelles peuvent faire votre affaire. Leurs actions vous garantissent un rendement grâce à la distribution d’un dividende et vous offrent en même temps la perspective de réaliser une plus-value sur votre investissement. Comme l’affirme GBL , le plus important holding belge et le deuxième en Europe en termes d’actif net ajusté (15 milliards d’euros), l’objectif d’un holding est de créer de la valeur à long terme pour les actionnaires.

1. Investir dans les holdings les plus performants…

Une dizaine de compagnies d’investissement se retrouvent sur les écrans de cotation de la Bourse de Bruxelles. Parmi les plus importantes, outre GBL, que l’on vient de citer, il y a Sofina , qui affiche une valeur boursière de 4,3 milliards d’euros, Ackermans & van Haaren (4,4 milliards), Brederode (1,25 milliard) et Bois Sauvage (0,5 milliard). S’y ajoutent des sociétés d’investissement plus spécifiques comme Solvac (2,5 milliards), KBC Ancora (3,1 milliards), Gimv (1,3 milliard) ou encore Financière de Tubize (2,6 milliards).

Solvac, Financière de Tubize et KBC Ancora sont qualifiées de monoholding, c’est-à-dire qu’elles ont comme principal actif une participation dans une seule entreprise, tandis que Gimv est plutôt une société d’investissement spécialisée dans les capitaux privés et le capital-risque.

Bien que le nombre de holdings dignes de ce nom soit finalement limité, il n’en reste pas moins à régler la question du choix de celui (ou ceux) qui prendra place dans votre portefeuille. Les performances, on l’imagine, risquent fort de ne pas être égales d’un holding à l’autre. Un coup d’œil sur leur évolution au cours des douze derniers mois pourrait nous mettre sur une piste.

©MEDIAFIN

On observe ainsi qu’en 2016, les actions des groupes d’investissements financiers qui se sont le mieux comportées ont été Bois Sauvage et Sofina. Elles ont enregistré des gains de respectivement 23,5 et 21,5%. Ces prestations ont permis au cours de ces actions d’atteindre de nouveaux sommets historiques: 317,7 euros pour Bois Sauvage et 128,45 euros pour Sofina. En dépit de leur hausse au terme des 12 derniers mois (entre 1 et 2%), les actions GBL et Brederode n’ont pas encore réussi à rejoindre leur sommet, qui remonte à 2007 pour le premier (95,10 euros) et à 1999 pour le second (44,1 euros). Du fait de son recul de 2,5% au cours des 12 derniers mois, le titre du holding anversois Ackermans & van Haaren n’a pas réussi à améliorer son plus haut historique établi en 2015 (144,4 euros).

Sur une plus longue période, soit depuis mars 2009, lorsque les marchés avaient touché un plancher depuis 2000, Ackermans & van Haaren (+ 258%) signe néanmoins le meilleur parcours boursier, devant Brederode (+ 249%), Sofina (+ 165%), Bois Sauvage (+ 100%) et GBL (+ 56%). À ces pourcentages, il y a lieu d’ajouter les dividendes distribués chaque année.

2.… ou copier leurs gestionnaires

Voilà pour les performances. Mais celles réalisées dans le passé peuvent-elles suffire à nous aider à établir notre sélection d’action? Comme le dit la formule à laquelle les prévisionnistes de tout bord ont fréquemment recours, ces performances ne présagent pas nécessairement de celles à venir. On pourrait penser que les actions des holdings ayant sous-performé jusqu’ici dans leur secteur se mettront à rattraper leur retard. Dans ce cas, GBL serait à privilégier. D’autant qu’il reste à cette valeur une marge de progression de 20% pour revenir à son sommet. L’idée est sans doute à creuser. Il faut toutefois garder à l’esprit que ce n’est pas la première année que GBL reste à la traîne dans son secteur.

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Et si, plutôt que de jeter son dévolu sur l’action d’un holding, on "copiait" les décisions d’investissement prises par leurs gestionnaires? Prenons un exemple: GBL avait annoncé au milieu de l’été 2015 avoir acquis une participation dans le groupe allemand Adidas. Ceux qui ont suivi GBL dans cette démarche ont engrangé à ce jour une fort belle plus-value de plus de 100%… Pour autant, il n’est pas certain que l’on puisse gagner à tous les coups. Si d’autres titres détenus dans le portefeuille de GBL ont bien performé en 2016, tels Umicore (+ 42%), Total (+ 11%) ou encore LafargeHolcim (+ 12%), il reste que des 9 participations stratégiques ou pépinières cotées de ce holding, 3 (Pernod Ricard, Engie et Ontex) affichent tout de même un return négatif en 2016. Si on avait jeté son dévolu sur l’une de ces trois actions…

3. Profiter des participations non cotées

Par ailleurs, il devient moins évident de s’inspirer des décisions d’investissement prises par les gestionnaires. Les holdings choisissent en effet de plus en plus d’investir dans le "private equity", c’est-à-dire dans des sociétés non cotées sur les marchés boursiers, soit directement, soit via des fonds dédiés à cette activité. GBL s’est tourné vers ce type de placement pour une petite partie de son portefeuille. Ce sont surtout Sofina (22% maximum de ses capitaux propres en 2015 en Asie et aux Etats-Unis) et Brederode qui sont actifs sur ce segment. Et les bons résultats obtenus par ces investissements comptent pour beaucoup dans la bonne tenue de leurs actions en Bourse.

Les holdings choisissent de plus en plus d’investir dans le «private equity», c’est-à-dire dans des sociétés non cotées sur les marchés boursiers. Sofina et Brederode sont les plus actifs dans ce segment.

Selon des chiffres publiés par la banque Degroof Petercam à la fin du mois de novembre, Brederode et Sofina sont les deux holdings qui affichent les plus fortes décotes dans leur secteur par rapport au prix des actifs détenus dans leur portefeuille. L’explication tient au fait que le marché ne connaît pas la véritable valeur de ces sociétés non cotées et joue donc une certaine prudence.

Gimv entre dans cette catégorie de holdings actifs dans le "private equity", mais son action, qui affichait une prime de 7,7% fin novembre, n’apparaît pas particulièrement bon marché.

4. Profiter du cycle de croissance américain

+2%
Les économistes tablent sur une croissance de 2% de l’économie américaine en 2017.

La zone géographique privilégiée par un holding peut être un autre élément intéressant à suivre. Alors que l’Europe peine à retrouver une croissance forte à l’instar de celle des Etats-Unis, l’élection de Donald Trump à la présidence américaine permet de penser que le cycle de croissance, qui a démarré il y a six ans et est actuellement toujours soutenu, sera prolongé dans ce pays. Les économistes tablent sur une croissance supérieure à 2% en 2017.

Le holding Brederode possède de nombreuses participations dans des entreprises américaines et pourrait de ce fait profiter du cycle de croissance démarré il y a six aux Etats-Unis.

Dans ce registre, Brederode pourrait favorablement se distinguer dans la mesure où ses lignes d’investissement sont constituées pour une part très importante d’actifs américains. Indéniablement, Brederode est la valeur dollar par excellence parmi toutes celles des holdings cotés à Bruxelles. C’est un peu moins le cas, voire beaucoup moins parfois, pour les autres holdings davantage investis en Europe. Au profit de Brederode, il faut encore ajouter la hausse du dollar face notamment à l’euro. L’an passé, le billet vert a progressé de près de 5% contre l’euro.

Avec un portefeuille concentré principalement en Europe, GBL se différencie des deux holdings cités ci-avant, Brederode et Sofina. On épinglera toutefois sa participation de 9% dans le cimentier franco-suisse LafargeHolcim, qui effectue 20% de ses affaires aux Etats-Unis, ainsi que celle de 2% dans Total, qui réalise 8% de ses ventes là-bas aussi et établit son bilan financier en dollar.

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Topo assez semblable pour la Compagnie Bois Sauvage qui, par l’intermédiaire de Surongo America, détient 30,3% de Noël Group (bouchons synthétiques Nomacorc entre autres) aux Etats-Unis. En ce qui concerne la société de portefeuille Gimv, elle concentre ses affaires aux Pays-Bas, en France et en Belgique principalement.

5. Opter pour des monoholdings

Les actions de ce qu’on appelle les monoholdings ne sont pas dénuées d’intérêt, dans la mesure où Financière de Tubize détient 36,2% du groupe pharmaceutique UCB, dont 47% des affaires sont réalisées Outre-Atlantique. Si l’action UCB devait profiter de sa présence aux Etats-Unis, il va de soi que celle de Financière de Tubize ne manquera pas d’en bénéficier aussi. Reste cependant à savoir comment Donald Trump va gérer le dossier des prix des médicaments.

Bien que les Etats-Unis ne comptent à ce jour que pour 8% des ventes de Solvay, en particulier dans les matériaux composites destinés au secteur aérospatial, Solvac, qui détient le tiers du capital du chimiste, est digne d’intérêt aussi. Enfin, pour ceux – peu nombreux à ce jour — qui pensent que les taux d’intérêt continueront à monter en Europe et assureront des profits supplémentaires aux banques, KBC Ancora peut s’avérer une bonne idée également. Ce holding détient 18,6% de la banque KBC. Ces trois "monoholdings" affichaient il y a un mois une décote d’environ 41%, 30% et 32% respectivement.

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