interview

Serge Litvine: "Pour l'organisation des vacances, je fais tout moi-même"

Serge Litvine, propriétaire du restaurant gastronomique bruxellois "La Villa Lorraine": "Je fais certains achats déraisonnables, comme les anciennes Rolex dont je fais la collection. Mais c'est une forme d'investissement." ©doc

Homme d’affaires/A commencé par investir dans l’agroalimentaire/A racheté "La Villa Lorraine", alors qu’elle n’était pas à vendre avant d’investir dans "Villa in the sky" (au sommet d’une tour)/Passionné, il a le goût de la vie, des vraies valeurs et du partage.

Pour quel type de vacances optez-vous et comment les préparez-vous?

Je fais tout moi-même, via internet, ou par téléphone lorsqu’il s’agit d’endroits où je retourne régulièrement. J’apprécie particulièrement les voyages en Italie: Venise, Naples, Rome, et Capri où je me sens particulièrement bien, heureux, et serein. Peut-être parce qu’il n’y a pas de voitures.

Je fais également des voyages plus lointains, comme aux Seychelles, et je réserve aussi les billets d’avions et les hôtels moi-même. Avant, je passais par des agences, mais à chaque fois un "détail" important était oublié: j’avais demandé une chambre dans un endroit calme, par exemple. Donc je préfère m’en occuper directement. En cas de problème (annulation, changement, etc.), on est certes davantage livré à soi-même, mais je suis philosophe et je relativise tout cela…

Utilisez-vous vos appareils technologiques durant vos vacances?

Un peu trop, hélas. Même si c’est plus pour me rassurer et vérifier que tout "roule", qu’autre chose. Je ne travaille pas pendant mes vacances, c’est une règle. Il m’arrive cependant parfois de l’enfreindre. Rester au courant me permet juste de savoir à quoi m’attendre au retour.

Avez-vous fait des jobs d’étudiant?

©doc

Lorsque j’habitais en France, près de Chambéry, je déchargeais des camions de poissons en provenance d’Italie. Je sentais le poisson pendant trois jours!

J’ai travaillé au restaurant "The Stork", l’un des plus anciens de Knokke (il existe toujours), où je me souviens d’avoir servi Gilbert Bécaud et Thierry Le Luron, notamment. C’était impressionnant.

"Dans mon portefeuille, j’ai toujours des tickets de métro de Paris car j’y suis souvent et j’aime m’y déplacer en métro. C’est un souvenir d’enfance quand je rendais visite à ma tante. Une carte Padi ‘Open water diver’. En fait, c’est un peu paradoxal: alors que je ne sais quasiment pas nager, j’adore plonger. Une carte du restaurant ‘La Sauvageonne’: à Megève comme à Ramatuelle, c’est un endroit festif et on y mange bien. Et puis mon permis de bateau."

Parlez-vous d’argent en famille et entre amis?

Je parle rarement d’argent. Cela ne m’intéresse pas, ce n’est pas mon moteur. Je rencontre d’ailleurs des gens qui ont beaucoup d’argent et qui ne sont pas heureux, et d’autres qui en ont peu mais qui sont très heureux. Je déteste les affairistes qui demandent: "où places-tu ton argent, qu’en fais-tu?" Je ne donne en outre jamais de conseil.

Quel est votre talon d’Achille en matière d’argent? Faites-vous des investissements?

Je suis un investisseur audacieux. Mais je n’investis pas pour investir. J’investis dans ce qui me plaît et ce qui me passionne: l’art moderne (Dubuffet, Vazarely). Je fais certains achats déraisonnables, comme les anciennes Rolex dont je fais la collection. Mais c’est une forme d’investissement. J’ai quelques biens immobiliers, ainsi que des actions dans les secteurs de pointe et d’avenir, notamment les biotechnologies. Sinon, je dépense volontiers pour d’autres passions: la gastronomie, les voyages, le ski…

Vous demande-t-on parfois de l’argent à prêter?

"Ne dépensez jamais au-delà de vos moyens!"

Oui, on me demande souvent de l’argent à prêter. J’accepte parfois, et que cela se passe bien ou moins bien. Avec moi, ce n’est jamais vraiment un motif de brouille.

Gérez-vous activement vos finances personnelles?

Oui, je surveille tout d’assez près. Je ne change pas de contrat ou de fournisseur pour un oui pour un non, pour autant que je ne constate pas d’excès. J’habite au Luxembourg où les habitudes sont quelque peu différentes. Je contrôle les forfaits et contrats de mes enfants.

Soutenez-vous une œuvre?

Je suis évidemment très sollicité mais j’ai choisi de me concentrer sur deux causes. Je soutiens financièrement l’organisation "Smiles" qui aide les enfants atteints du SIDA à retrouver le sourire, et d’autre part, L’Essentiel (lieu d’accueil pour les personnes handicapées) et l’ASBL Escalpade (école pour enfants handicapés) car nous étions parents d’un enfant handicapé. Nous organisons également des dîners qui sont mis aux enchères.

Préparez-vous déjà votre pension?

Non! Évidemment, on peut toujours être inquiet. Je suis sans doute trop optimiste. Je n’ai souscrit aucun produit spécifique. Mes biens immobiliers et mes placements feront office de pension.

Y a-t-il une chose, même sans valeur, dont vous ne sépareriez jamais?

La vie. Et ma famille! Sinon rien. Je ne suis absolument pas attaché aux objets et aux choses matérielles. Sans doute parce que j’ai horreur des contraintes.

Le programme scolaire devrait-il comporter des rudiments d’éducation financière?

Oui, mais alors en dernière année, histoire de laisser le plus longtemps possible leur innocence aux enfants. Il est important de comprendre le fonctionnement de l’économie de marché, d’être au courant de certaines obligations légales.

  • 1955: "L’année de ma naissance."
  • 1969: "L’année de mon déménagement en France et…  l’année érotique de Serge Gainsbourg."
  • 1982: "L’année de mon mariage."
  • 1983: "L’année de la naissance de mon premier enfant."
  • 11: "Tout simplement un chiffre que j’adore."

Publicité
Publicité

Echo Connect