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Actions cycliques: le timing fait toute la différence

Il est possible d’engranger de belles plus-values en investissant dans des valeurs cycliques, à condition de bien s’informer. Vient ensuite le second facteur de réussite, à savoir le choix du meilleur moment pour acheter… et pour vendre.
Des exemples classiques d’actions cycliques sont: les constructeurs automobiles, le secteur sidérurgique et chimique (en particulier la chimie de base) et les sociétés minières. ©BELGAIMAGE

Les actions cycliques méritent certainement une place dans tous les portefeuilles équilibrés et diversifiés. Cependant, elles exigent un peu plus de connaissances et de savoir-faire que les autres actions si vous souhaitez profiter de leur hausse et éviter d’être pénalisé par la baisse qui suivra inévitablement.

Qu’entend-on par action cyclique?

Comme leur nom l’indique, il s’agit d’actions d’entreprises particulièrement sensibles aux cycles économiques. L’analyste d’ING Stijn Demeester nous donne sa définition: "Les actions cycliques sont des actions qui sont, davantage que d’autres, exposées à la conjoncture économique." Cette exposition peut se ressentir de différentes manières: via la demande, mais aussi par exemple via les matières premières dont l’entreprise a besoin pour fabriquer ses produits.

5%
rendement du dividende d'aperam
Le producteur d'acier inoxydable Aperam est un bel exemple d'action cyclique capable de résister aux tempêtes: dépourvue de dettes, l'entreprise génère même au cours actuel (qui affiche déjà une belle reprise) un rendement du dividende de près de 5%.

Parmi les exemples classiques, on peut citer les constructeurs automobiles, le secteur sidérurgique et chimique (en particulier la chimie de base) et les sociétés minières. Lorsque l’économie se porte bien, la demande pour leurs produits augmente, et leurs résultats financiers s’améliorent. En principe, du moins, car de nombreux autres facteurs jouent un rôle, comme la concurrence, la régulation des marchés ou la géopolitique. Les sociétés de production ne sont pas les seules cycliques. Certaines sociétés de services dépendent également de la conjoncture, comme les banques ou les sociétés d’intérim.

On trouve aussi des entreprises cycliques dont le cycle ne coïncide pas (totalement) avec la conjoncture. Un exemple typique est le secteur des tankers, où les taux de fret sur le marché spot peuvent jouer un rôle capital au niveau des résultats. Ces taux de fret sont essentiellement déterminés par l’offre et la demande. Pas tellement par la demande de pétrole, mais de capacité de transport – en d’autres termes, de tankers. L’offre porte donc sur la flotte disponible. Si de nouveaux navires sont mis en circulation et que peu de navires anciens sont envoyés à la casse, les expéditeurs peuvent choisir parmi de nombreux tankers, ce qui fait baisser les taux de fret. En cas de pénurie de tankers, les tarifs augmentent. Les cycles du secteur des tankers peuvent être très courts, mais en cas de surcapacité, les périodes de vaches maigres peuvent durer des années.

Mais revenons aux valeurs cycliques classiques. "Lorsque l’économie redémarre, vous devez déjà avoir acheté vos actions cycliques", estime Alex Martens de KBC Asset Management. "Souvent, il est possible de profiter d’un levier opérationnel: lorsque le chiffre d’affaires d’une entreprise cyclique augmente, les bénéfices connaissent généralement une hausse plus importante. Après un cycle, il arrive souvent que ces entreprises aient fortement réduit leurs coûts ou aient par exemple fermé une usine."

Comment les investisseurs peuvent-ils miser sur cette cyclicité?

"Tous les cycles économiques connaissent plusieurs phases. En règle générale, le cycle commence par une phase de croissance économique, il atteint ensuite un sommet qui est suivi par une période de contraction, et enfin par un creux", explique Stijn Demeester. "Les pics et les creux sont souvent caractérisés par des attentes excessives de la part des investisseurs, dans un sens positif ou négatif."

Dans un monde idéal, les investisseurs achètent une action à bon prix, attendent que son cours augmente et la revendent lorsqu’elle a atteint son pic.

Dans un monde idéal, les investisseurs achètent une action à bon prix, attendent que son cours augmente et la revendent lorsqu’elle a atteint son pic. Mais comment savoir si ce pic est atteint? "Si une action se négocie à un prix avantageux par rapport à sa valorisation moyenne ou historique, associé à des attentes plutôt moroses en termes de résultats, vous pouvez être certain que ses bénéfices recèlent un potentiel de hausse et que vous disposez d’une marge de sécurité raisonnable pour acheter", explique le spécialiste d’ING.

Chiffres du PMI

Mais avant de vous lancer, vous devez bien étudier la question. Vous devez connaître la situation économique et son évolution attendue. Le taux de croissance économique – l’évolution trimestrielle du PIB – donne une image assez claire. Cependant, il est plutôt rétrospectif et donc peu utile pour un investisseur.

Pour Alex Martens, les chiffres du PMI (Purchasing Managers Index) sont de meilleurs indicateurs, en particulier pour les valeurs industrielles. Cet indice reflète les attentes des directeurs des achats et est donc prospectif. "Si le PMI du secteur industriel se situe aux alentours de 40 pendant la phase descendante du cycle économique, cela signifie que vous êtes proche du plancher." Cela peut être un signal d’achat pour des valeurs industrielles. Le marché de l’emploi peut également constituer un bon indicateur, mais dans l’autre sens. "Si le taux de chômage est très bas, cela signifie généralement que nous nous situons à la fin du cycle. Vous savez que l’économie est proche d’une récession et qu’il vaut mieux s’abstenir d’investir dans des actions cycliques", indique Alex Martens.

Bilan financier

D’autre part, vous devez aussi savoir comment se porte l’entreprise que vous convoitez. "Pour savoir si une entreprise représente un bon investissement, il est important d’analyser son bilan financier", explique Stijn Demeester. "Est-il suffisamment solide pour résister à une tempête? L’entreprise dispose-t-elle d’une politique de dividende capable de garantir un certain rendement en période difficile?" L’analyste d’ING cite l’exemple du producteur d’acier inoxydable Aperam. Cette entreprise n’est pas endettée et génère même au cours actuel (qui affiche déjà une belle reprise) un rendement du dividende de près de 5%. "Pour moi, ce sont des raisons de croire à la qualité de cette entreprise." À l’inverse, si une entreprise est fortement endettée, vous devez placer un point d’interrogation à côté de son nom, ajoute-t-il.

Prix des matières premières

Parmi les autres éléments à prendre en compte, il cite le fonds de roulement et les prix des matières premières. Le fonds de roulement est une mesure de l’efficacité opérationnelle d’une entreprise et de sa santé financière à court terme. "Dans la période actuelle de basse conjoncture, de nombreuses entreprises ont réussi à réduire leur fonds de roulement pour pouvoir continuer à générer du cash. C’est rassurant", explique Stijn Demeester. Les matières premières, qui suivent également le cycle économique, sont une autre paire de manches. Si les prix des matières premières augmentent et que les entreprises ne peuvent pas – ou du moins pas immédiatement – répercuter ces hausses sur leurs clients, les marges peuvent se retrouver sous pression.

Pour illustrer ses propos, Alex Martens prend comme exemple le krach boursier de février/mars lié à la crise du coronavirus: "Dans les mois qui ont suivi, tout le monde était très pessimiste à propos de l’économie. Selon eux, nous nous dirigions tout droit vers une dépression comparable à celle des années 1930 et nous allions voir déferler un tsunami de faillites. Lorsque vous entendez ce genre de choses, c’est souvent le bon moment pour acheter."

Entre-temps, de nombreux titres se sont déjà repris. "La première phase, où les ventes de voitures ont commencé à augmenter, est déjà derrière nous. Nous nous trouvons actuellement dans la deuxième phase, où les bénéfices des entreprises retrouvent des couleurs. Suivra peut-être une troisième phase de “greed” (cupidité) pendant laquelle les cours remonteront en flèche et le balancier sera entièrement poussé de l’autre côté. Lorsque tout le monde se montre positif, c’est le moment de commencer à réduire ses positions." Demeester confirme: "Lorsque vous avez l’impression que nous allons vers une période d’excès sur le plan des estimations de résultats et de valorisations, il vaut mieux vendre."

Tout ce qui précède confirme qu’il n’est pas simple d’investir dans des valeurs cycliques. Vous devez absolument vous informer sur les entreprises dans lesquelles vous souhaitez investir. Ensuite, il s’agira de choisir le bon moment pour acheter. "Ces investissements ne conviennent pas à tout le monde", poursuit Demeester. "Si votre objectif principal est de protéger votre capital, vous pouvez investir dans des valeurs cycliques uniquement si vous disposez des connaissances nécessaires." Il conseille: "Choisissez des entreprises dont le bilan est solide. Et “go with the flow”, essayez autant que possible de “timer” le cycle."

Le saviez-vous?

Des exemples classiques d’actions cycliques sont: les constructeurs automobiles, le secteur sidérurgique et chimique (en particulier la chimie de base) et les sociétés minières.

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