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Comment épargner pour un enfant?

Commencé tôt, l’effort d’épargne que vous consentez pour vos enfants se transformera en un sacré coup de pouce lorsqu’ils quitteront le nid. Avec un horizon de placement d’une vingtaine d’années, vous pouvez vous permettre de prendre une part de risque pour faire fructifier le capital de votre enfant. Quelles formules existent, avec quel risque et quel rendement espéré?
©ANP XTRA

Félicitations! Votre bébé est né. Pour ses premiers mois, il aura surtout besoin de lait, de vêtements et d’une demi-tonne de Pampers. Gérable. Mais dans dix-huit ans, il voudra sans doute une voiture, devenir propriétaire, prendre une année sabbatique pour découvrir le monde ou entamer des études et prendre un kot. Alors que vous n’arrivez pas encore à imaginer qu’un jour il marchera, il est pourtant déjà temps de penser au petit coup de pouce que vous pourrez lui donner pour démarrer dans la vie, si toutefois vos finances vous le permettent. Selon une étude réalisée en mai à la demande de Keytrade Bank, les Belges épargnent ou investissent en moyenne 72 euros par mois et par enfant, dans l’optique de leur constituer un capital de 10 à 25.000 euros lorsqu’ils quittent la maison. Pour un tiers des Belges, épargner pour ses enfants est d’ailleurs une priorité absolue.

Que l’effort d’épargne soit mensuel ou ponctuel (étrennes annuelles, cadeaux d’anniversaire, etc. ), différentes possibilités s’offrent aux parents pour sécuriser et faire fructifier ce baby-magot... Avec, comme le souligne Nicolas Cellières, gérant du bureau de planification financière Optivy, la nécessité d’envisager, pour chaque solution, les frais, la fiscalité et la flexibilité qui lui sont associés.

Dans tous les cas, vous devrez toujours choisir entre un produit qui vous appartient jusqu’à ce que vous décidiez d’en faire bénéficier votre enfant - avec l’inconvénient qu’il entre dans la masse successorale en cas de décès prématuré des parents - ou un produit directement souscrit au nom de votre enfant - avec le risque qu’il ne soit pas encore assez mature pour l’utiliser à bon escient le jour de sa majorité.

Il n’y a donc, sans surprise, pas de solution toute faite. Mais dans un contexte d’épargne à long terme, certains placements pourraient mieux vous convenir que d’autres, en fonction de votre profil d’investisseur et de la manière dont vous voulez ou pouvez épargner.

Nous avons effectué la simulation d’un ménage qui épargnerait ou investirait 72 euros par mois pendant 18 ans pour son enfant, en partant du principe que les conditions actuelles des différents produits resteraient inchangées.

1- Le compte d’épargne

Qu’il soit classique ou réservé aux jeunes, le compte d’épargne reste naturellement la solution de facilité et de sécurité pour loger l’épargne constituée pour un enfant. Mais dans le contexte de taux d’intérêts extrêmement bas, il ne faudrait la voir que comme une solution transitoire en attendant de décider de la manière dont l’argent sera investi. "Les formules d’épargne classiques sont réservées à des horizons inférieurs à cinq ans", rappelle ainsi Nicolas Cellières.

Les banques sont de moins en moins nombreuses à proposer des comptes d’épargne spécifiquement destinés aux jeunes. Ceux qui existent encore sont en général assortis d’une série de conditions mais leur rendement reste toujours moins élevé que celui offert sur les comptes online, champions du marché.

Ainsi, vous pouvez déposer jusqu’à 500 euros par mois sur un compte ING Tempo qui vous rapporte pour le moment 1,6% (dont 0,4% de taux de base), tandis que le compte jeune actuellement le plus rémunérateur, chez Fintro, plafonne à 1,3% (dont 1% de taux de base).

Si vous ouvrez un compte d’épargne au nom de votre enfant, vous pourrez difficilement disposer des montants déjà versés en cas de coup dur et vous perdez le contrôle sur l’utilisation qu’il fera de son capital à sa majorité. Vous pourriez dès lors décider de le mettre à votre nom, mais cela présente deux inconvénients en cas de décès prématuré. Si vous décédez avant de lui avoir donné la somme, elle entrera dans votre succession et sera donc soumise aux droits de succession. Et si le compte a été ouvert par un grand-parent ou un parent éloigné, difficile d’être certain que l’enfant bénéficiera bien de la somme en cas de décès, étant donné que le capital sera récolté par les héritiers, conformément à la dévolution légale ou aux dispositions prises par exemple dans un testament. Un compte d’épargne avec stipulation pour autrui remédie en partie à ces problèmes. Il est ouvert à votre nom, avec votre enfant comme bénéficiaire. Vous décidez de la date à laquelle l’argent sera libéré et restez aux commandes jusque là, ce qui vous permet de changer les paramètres du compte à votre guise.

=> Capital escompté à 18 ans: 16.641 euros (avec un taux d’intérêt de 0,8%)

2- Les plans d’épargne via fonds ou sicav

Avec un horizon de placement de 18 ans minimum, l’épargne que vous constituez pour votre enfant serait sans doute mieux logée, en tout cas partiellement, dans un plan d’investissement en actions et obligations. Certaines banques proposent des plans d’épargne mensuelle, à partir de 25 euros par mois. Les sommes versées sont investies dans des paniers de fonds, et le client choisit le degré de risque qu’il veut prendre. C’est par exemple le cas chez KBC, Deutsche Bank, Belfius et chez Keytrade Bank. Les parents peuvent l’ouvrir au nom de leur enfant, à leur nom avec ou sans attribution à autrui. "L’avantage de ce procédé est qu’il lisse l’achat des parts à des valeurs différentes", explique Nicolas Cellières. Mais il n’assure, naturellement, aucune protection du capital versé...

En termes de fiscalité, une taxe boursière est prélevée à la sortie ainsi qu’un précompte mobilier de 25% sur la plus-value générée sur la partie obligataire.

Capital escompté à 18 ans: 21.251 euros (60% investi en obligation pour un rendement attendu de 3% et 40% investi en actions pour un rendement escompté de 5%).

3- L’assurance-vie

Les produits d’assurance-vie sont de bons instruments de structuration patrimoniale, car ils permettent d’être certain que les sommes versées reviendront bien à l’enfant désigné. "C’est en quelque sorte un testament financier. Une assurance-vie tombe également dans la masse successorale pour le calcul des droits de succession et le contrôle des parts réservataires, mais ne suit pas nécessairement la dévolution légale", explique Nicolas Cellières.

Les parents (ou grands-parents) sont les souscripteurs et l’enfant est l’assuré à qui reviendra le capital. Les parents gardent le contrôle jusqu’à l’échéance, en général 18, 21 ou 25 ans. Des assurances complémentaires peuvent être souscrites pour assurer le versement des futures primes au cas où l’effort d’épargne serait stoppé en raison d’une lourde invalidité ou d’un décès des parents. Il existe plusieurs types de contrats.

La branche 21 est le contrat le plus sûr, car le capital est garanti. Mais le taux garanti par les assureurs est extrêmement faible. Le potentiel de gain réside surtout dans la participation bénéficiaire que peut accorder l’assureur chaque année. Actuellement, "retenons Patronale, Credimo et Generali qui offrent des formules avec un taux garanti de 1,25% pendant 8 ans ainsi qu’AG et Vivium qui proposent du 1% pendant toute la durée du contrat", indique Kristof De Paepe, du site guide-épargne.be. Il ne faut par ailleurs pas perdre de vue la taxe d’entrée de 2% sur les primes versées, les éventuels frais de gestion et les frais en cas de sortie anticipée.

=> Capital escompté à 18 ans: 18.017 euros (hypothèse d’un taux garanti de 0% et d’une participation bénéficiaire annuelle de 2%).

La branche 23 présente un rendement potentiel plus élevé mais n’offre aucune garantie de rendement ni de capital. C’est un peu l’équivalent "assurance" des sicav proposées par les banques. Une taxe de 2% est également prélevée sur le versement des primes.

=> Capital escompté à 18 ans: 21.768 euros (60% investi en obligation pour un rendement attendu de 3% et 40% investi en actions pour un rendement escompté de 5%)

La branche 44 n’est pas une branche officielle mais un mix des deux précédentes branches packagé par les assureurs dans un seul produit. Une partie est placée sans risque avec un taux garanti et le reste est investi dans des fonds et sicav.

=> Capital escompté à 18 ans: 20.547 euros (60% investi en branche 21 et 40% investi en branche 23)

4- L’immobilier

Le Belge adore l’épargne, mais il adore aussi la brique. Les parents disposant d’un budget conséquent pourraient être tentés d’acheter un bien immobilier pour le mettre directement au nom de leur enfant et ainsi lui assurer un départ plus que confortable dans la vie.

Mais selon Nicolas Cellières, investir dans l’immobilier dans le cadre d’une épargne destinée aux enfants est à "proscrire", car cela génère trop d’implications juridiques, fiscales et risque de créer de réels problèmes lors de la succession. Par ailleurs, l’enfant, étant propriétaire, pourrait sans problème vendre le bien à 18 ans pour utiliser l’argent. Et quid si les parents ont d’autres enfants plus tard et n’ont pas la possibilité matérielle d’acquérir un bien similaire pour le reste de la fratrie? L’égalité entre les enfants serait alors rompue.

Par ailleurs, le notaire Renaud Grégoire souligne qu’il est pratiquemment impossible de contracter un emprunt hypothécaire pour acheter un bien immobilier au nom de son enfant. Le crédit étant conclu par les parents, la banque ne peut pas hypothéquer le bien étant donné qu’il appartient à l’enfant. Cela nécessiterait l’autorisation du juge de paix, qui sera souvent réticent. Par ailleurs, s’il est propriétaire d’un immeuble, l’enfant ne pourra plus jamais profiter des avantages fiscaux pour habitation propre et unique lorsqu’il voudra acheter un bien pour l’occuper.

A l’immobilier direct, Nicolas Cellières préfère de loin l’investissement dans les SIR, les sociétés immobilières cotées. "Le rendement brut de l’investisseur est compris entre 4 et 7%", souligne-t-il. Il rejoint ainsi de nombreux analystes et stratégistes qui n’imaginent pas un portefeuille d’investissement sans une (bonne) part réservée à ces ex-sicafi.

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