chronique

Bruxelles, capitale de la cybersécurité ? Un choix à assumer

Journaliste

Bruxelles veut devenir la capitale européenne de la cybersécurité. Au-delà du symbole, osera-t-elle enfin faire un choix stratégique pour son économie numérique?

Bruxelles, nouvelle capitale européenne de la cybersécurité? Voilà une ambition qu’on attendait pas. La Belgique a officiellement déposé sa candidature auprès de l’Union européenne pour accueillir à Evere, en Région bruxelloise, le futur Centre de compétences européen en matière de cybersécurité (CCCE). Cinq autres villes européennes sont en lice. Le choix est attendu le 9 décembre prochain.

À la clef, c’est un budget d’installation de 2,8 milliards d’euros et une promesse de 80 emplois à l’horizon 2023. Ce n'est pas négligeable. Là où cette candidature est réellement intéressante, c’est au niveau de la thématique. La Belgique et encore plus Bruxelles n’ont jamais réussi à faire des choix stratégiques clairs en matière numérique.  Si le mirage de la smart city réapparaît à chaque législature régionale, il n’a jamais été clairement défini quel serait l’atout numérique majeur de la capitale de l’Europe. Dans quoi voulons-nous exceller ?

Comment Bruxelles peut-elle prétendre vouloir accueillir le siège européen de la cybersécurité quand elle n’arrive toujours pas à déployer la 5G sur son territoire?

La cybersécurité pourrait se révéler être un choix stratégique payant. Il s’agit d’un marché de 124 milliards de dollars au niveau mondial et dont la croissance ne risque pas de s’arrêter de sitôt. La Belgique possède déjà une expertise reconnue en matière de paiement électronique ce qui pourrait se révéler un avantage dans le domaine. Inspirons-nous d'une ville comme Vilnius qui, en quelques années, est devenue une capitale européenne de la FinTech.

Une stratégie claire pour exceller

Si Bruxelles remporte cet appel d’offres, cela pourrait signifier un réel changement de stratégie au niveau régional. Il faudrait évidemment embrayer ensuite avec un plan complet pour créer un véritable écosystème en matière de cybersécurité pour faire de Bruxelles ce futur haut lieu de la sécurité informatique. Un bâtiment et 80 fonctionnaires ne suffiront pas pour développer une secteur d'activité complet.

Car derrière cette candidature, c’est l’espoir de la création d’un écosystème avec des entreprises, des emplois, des connaissances, des nouvelles filières d'apprentissage et une reconnaissance internationale, qui représente le véritable intérêt de cette candidature.

Toutes ces bonnes nouvelles n’arriveront pas s’il ne s’agit que d’un coup dans l’eau. Vouloir obtenir ce centre européen pour le symbole, ce serait plus que dommage. Il devrait être la première pierre d’une stratégie qui verrait Bruxelles entrer dans l’élite du secteur.

Faire avancer le dossier 5G

Mais comment Bruxelles peut-elle prétendre à accueillir le siège européen de la cybersécurité quand elle n’arrive toujours pas à déployer la 5G sur son territoire et que les enchères pour les fréquences au niveau national ne seront pas accordées avant l’année prochaine ? C’est clairement un point noir dans la candidature belge et bruxelloise. Pour autant, cela pourrait faire avancer le dossier 5G.

Voyons le côté positif, si la Belgique et Bruxelles sont choisies, il deviendra impensable de ne pas avoir la 5G, au moins dans la capitale, au risque d’être la risée européenne. Cela pourrait donc faire accélérer le dossier. On ne va pas s'en plaindre.

Cette candidature est donc bien plus importante qu’il n’y paraît et pourrait avoir des conséquences beaucoup plus importantes que les emplois directs et le symbole si, et seulement si, elle est faite avec ambition et vision. Si par malheur Bruxelles n’est pas retenue, espérons tout de même que l’ambition restera.

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