chronique

La différence ne fait pas encore recette

La diversité des milieux sociaux représentés dans l’écosystème des start-ups belges est aussi faible que le revenu que peut s’accorder un entrepreneur lors de sa première année d’activité.

Si nous vivons dans une société historiquement patriarcale, le monde numérique vit lui dans une bulle remplie d’hommes et majoritairement blancs. Tout ce qui ressemble à autre chose qu’un jeune homme blanc d’une trentaine d’années et issu d’une école de commerce a toujours eu du mal à se faire une place. Pour un secteur qui se veut à la pointe de l’innovation, on repassera.

Les initiatives se multiplient pour inverser la tendance mais les mentalités doivent encore évoluer. De nombreux témoignages d’entrepreneurs souffrant d’une non-représentativité et d’un manque de considération nous parviennent avec le même constat: on ne les prend pas au sérieux. La différence ne fait donc pas recette dans le secteur digital.

Quand on parle de diversité ou de mixité, il ne faut pas penser qu’à ce qui se voit.

Quand on parle de diversité ou de mixité, il ne faut pas penser qu’à ce qui se voit. La diversité des milieux sociaux représentés dans l’écosystème des start-ups belges est aussi réduite que le revenu que peut s’accorder un entrepreneur lors de sa première année d’activité. L’accès aux financements privés est extrêmement cadenassé en Belgique et se retrouve être une affaire de réseau et de connexions dans un petit monde fermé. Autant d’obstacles qui s’ajoutent au parcours du combattant que constitue déjà la création d’une entreprise innovante.

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Le secteur public essaye d’agir notamment sur la question de la présence des femmes dans le monde digital. En deux ans, la politique mise en place par la Région bruxelloise dans le cadre de son Plan digital NextTech à travers la plateforme 1819-Women in Tech. brussels a réussi, avec ses partenaires, à créer une dynamique positive dans l’écosystème tech bruxellois. Le nombre de start-usp créées par des femmes a augmenté de 10% en deux ans pour atteindre les 18%. Plus intéressant encore, c’est l’augmentation du nombre d’étudiantes dans les écoles de code sur le territoire de la Région bruxelloise. Pour susciter encore plus de vocations, la Région organise, du 7 au 14 octobre prochain, la 3e édition de son Women Code Festival.

Même si l’on a pu croire que le digital était un secteur à part avec des codes issus d’une génération internet ouverte sur le monde, il s’avère qu’il a une fâcheuse tendance à se replier sur lui-même.

Une semaine événementielle qui peut paraître un peu futile face à un problème aussi profond que le manque de femmes dans le secteur digital en Belgique. Pourtant, c’est via ce type d’initiative que l’on suscite des vocations et que l’on peut mettre en avant le peu d’exemples de réussite féminine dans le secteur. Côté diversité, des initiatives comme MolenGeek ou BeCode jouent un rôle positif dans l’accessibilité à une profession digitale. Là où le travail reste peut-être le plus conséquent, c’est au niveau des écoles qui forment les futurs entrepreneurs.

Même si l’on a pu croire que le digital était un secteur à part avec des codes issus d’une génération internet ouverte sur le monde, il s’avère qu’il a une fâcheuse tendance à se replier sur lui-même. Il faut pourtant nuancer les accusations sur le secteur en lui-même puisque les responsabilités de cette hégémonie visuelle sont plus à chercher du côté du manque d’accès aux fonds, du peu de modèle d’inspiration existant et des médias. Une autocritique et un travail collectif s’avèrent donc nécessaires.

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