chronique

Pourquoi devrions-nous être fiers du succès de Odoo !

Depuis plusieurs mois, on ne parle que d'elle, cette fameuse start-up devenue scale-up. Vous l'avez deviné, je parle d'Odoo. Malgré quelques dérapages dans ses actions pour recruter des talents (voir article de L'Echo du 7 décembre "La guerre des talents digitaux fait rage"), il n’en reste pas moins que nous devrions en être fiers de ce succès, et ce pour plusieurs raisons.

Nous connaissons trop bien le syndrome en Wallonie de "pour vivre heureux, vivons cachés". Nous avons tellement de pépites dans notre belle région, qu’elles soient petites ou grandes, mais qui malheureusement ne le font pas savoir.

Et c'est là que le bât blesse. Si nous voulons avoir des entreprises qui se développent, qui s'ouvrent vers l'international, qui créent de l’emploi, nous devons avoir des exemples. Sinon, comment donner envie si personne ne nous montre que c'est possible de devenir un leader mondial depuis la Belgique !

"Si nous voulons avoir des entreprises qui se développent, qui s'ouvrent vers l'international, qui créent de l’emploi, nous devons avoir des exemples"
Simon-Pierre Breuls
Cofondateur d'Universem

Odoo en est un bel exemple qui, au lieu de se faire jalouser ou critiquer, devrait justement nous montrer la voie vers le succès, montrer que c'est possible, même depuis une ferme dans un village perdu du Brabant Wallon !

Créer un écosystème

Comme l'a rappelé Jean Stephenne (ancien CEO de GSK Belgique) dernièrement dans les colonnes de L’Echo, il est important de créer un écosystème pour développer une filière durable et non (ou plus difficilement) délocalisable.

Nous avons un très bon exemple de cet écosystème avec le secteur biotech/pharma en Belgique. Grâce à des poids lourds du secteur, toute une série de PME a pu se créer et se développer et pour beaucoup d’entre-elles, devenir des leaders dans leur marché de niche.

"Odoo peut devenir ce moteur comme l’a été Netlog en Flandre qui a fait beaucoup de petits qui sont devenus de magnifique scale-ups "
Simon-Pierre Breuls
Cofondateur d'Universem

Le gouvernement wallon a fait du digital une priorité pour cette législature (il était plus que temps !), mais sans réel écosystème privé, les ambitions politiques resteront un vœu pieux. Si nous voulons devenir une région portée par l’innovation (Industrie 4.0, e-santé, smartcities …) et le digital, il nous faudra des moteurs.

Odoo peut devenir ce moteur comme l’a été Netlog en Flandre qui a fait beaucoup de petits qui sont devenus de magnifiques scale-ups ,voire même des licornes (comme Combell ou Collibra).

Prenons un exemple concret, Odoo emploie aujourd’hui en Belgique environ 700 personnes en direct. Si on prend les emplois indirects des 89 sociétés partenaires, ce sont plus de 1.700 emplois. Toutes ces personnes gravitent dans un secteur d'avenir qu'est le développement de solutions IT, orientées business (ERP, CRM, transformation digitale,...).

L’avenir, ce sont les talents

Vous l’aurez compris, pour faire de la Wallonie un territoire tourné vers l’avenir, il nous faudra beaucoup de talents digitaux comme des développeurs. Des entreprises comme Efficy ou Easy ne pourront continuer leur très belle croissance que s’ils peuvent recruter des talents ayant une belle expérience.

En effet, une start-up ou scale-up doit, pour grandir, avoir à sa disposition différents profils en fonction des étapes de la croissance. Pouvoir recruter des personnes qui ont connu ces étapes, l’expérience dans de grandes sociétés est indispensable pour réussir et grandir.

Espérons qu’Odoo puisse devenir la première licorne wallonne et qu’elle puisse ainsi être la locomotive tech de toute une région qui en a bien besoin !

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