TakTak, des voitures d'occasion au juste prix grâce à l'IA

L'équipe de Tak Tak, de gauche à droite: Akif Alparslan (Co-fondateur), Ali Essaidi, Fahd Laamoumi (Co-fondateur - CEO), Huseyin Cakmak (Co-fondateur - CTO) et Charles Comhaire (Co-fondateur).

De l'intelligence artificielle dans le secteur des voitures d'occasion, il fallait que ça arrive un jour. La start-up Carolo TakTak s'attaque à un marché européen de 300 milliards d'euros avec beaucoup d'ambition et de technologie faite maison.

Vendre des voitures d’occasion dans la région de Charleroi, ce n’est pas exactement l’activité qu’on qualifierait d’innovante à première vue. Et pourtant. Installé dans un hangar de plusieurs milliers de mètres carrés près de Sambreville, on trouve l’équipe de la start-up TakTak au milieu des voitures et des ordinateurs. "En moyenne, les voitures ne restent qu’un ou deux jours ici ", nous souffle Fahd Laamoumi, le bonnet vissé sur le crâne. C’est lui qui est derrière le projet avec ses 3 associés. Ce carolo de naissance se qualifie lui-même comme un "pur produit de l’ascenseur social belge". "Enfant de pauvre" comme il dit, il s’est fait tout seul.

Il rêvait de travailler pour Space X, l’entreprise aéronautique d’Elon Musk. Après son diplôme, il a réussi à être sélectionné pour un programme de la NASA pendant plusieurs mois aux États-Unis. Faute de visa suffisant pour poursuivre l’aventure, il est devenu consultant chez McKinsey et a aussi fait un passage chez Schlumberger, le géant du pétrole. Il est ensuite revenu sur sa terre natale et s’est lancé par hasard dans le business des voitures avec un constat immédiat: la confiance et la transparence sont les points faibles du secteur.

Besoin de confiance, envie de transparence

Ceux qui ont déjà fait l’expérience d’aller acheter une voiture d’occasion dans les entrepôts qui rythment le paysage le long des nationales de la région ont généralement l’impression de se faire avoir, à tort ou à raison. 6 consommateurs européens sur 10 sont insatisfaits de leur expérience avec le secteur, selon une enquête de la Commission européenne. Pour remédier à ça, rendre l’expérience plus transparente et avantageuse financièrement, TakTak a eu besoin de technologie, beaucoup de technologie. Pendant plusieurs mois, les quatre associés ont développé un algorithme, des interfaces digitales pour toutes les parties impliquées et ils ont automatisé au maximum l’ensemble des processus liés à l’achat ou la vente d’une voiture. Des indispensables pour opérer rapidement avec une équipe réduite et proposer la même qualité de service aux quatre coins de la Belgique.

"L'arrivée du virement instantané a été une bénédiction pour nous."
Fahd Laamoumi
CEO de TakTak

Pour le client, cela donne une expérience digitale rapide et transparente. En un clic, il obtient le prix de sa voiture et un rendez-vous pour une analyse approfondie du véhicule. L’algorithme de TakTak propose "une estimation instantanée avec un taux de précision de 90% grâce à plus de 150 critères passés au crible en moins de deux secondes", explique le fondateur.

Autre élément déterminant pour garantir un niveau de transparence maximum: la transaction. Une fois le véhicule estimé et validé, TakTak passe le récupérer chez le particulier et le paye. "Le virement instantané a été une bénédiction pour nous", reconnait le patron de TakTak. Cela a permis de rassurer le client et de bannir le cash du processus. Derrière la machine de guerre digitale de façade, on retrouve le cœur de l’entreprise, un logiciel de gestion créé par les 4 compères qui permet d’automatiser et de gérer l’ensemble des activités. Du fait maison qui a pris du temps, mais qui évite des coûts.

David contre Goliath

Avec son modèle, la start-up s'attaque frontalement au géant mondial du secteur Auto 1, mais aussi aux plus de 4.000 marchands belges "à l’ancienne" chez qui le cash règne en maître. Auto1 est présent en Belgique sous l’appellation AutoHero et jevendsmavoiture.be et achète 3.000 véhicules par jour en Europe quand la petite équipe de TakTak en est à une centaine par mois. C’est David contre Goliath version ‘Fast & Furious’. "Plus grosse est l’opportunité, plus gros sont les problèmes à surmonter", reconnait Fahd Laamoumi. Pour écouler ses stocks plus rapidement et se démarquer, la start-up vend ses voitures entre 10 et 15% moins cher que la concurrence.

Parti de rien, TakTak compte aujourd'hui un inventaire de voitures de près d'un million d'euros, une douzaine de collaborateurs et une croissance mensuelle à deux chiffres.

Parti de rien il y a un an et demi, TakTak a aujourd'hui un inventaire de voitures de près d'un million d'euros, une douzaine de collaborateurs et une croissance mensuelle à deux chiffres. Après avoir éprouvé leurs atouts technologiques face à réalité du marché et monté la structure sur fonds propres sans se payer pendant un an, ils vont maintenant se mettre en quête d’une première levée de fonds. Si la start-up était rentable après deux semaines et pourrait devenir un acteur important dans le secteur assez rapidement, sa réussite tiendra dans sa rapidité à répliquer son modèle sur un maximum de territoires faute de quoi son volume ne sera pas suffisant pour faire le poids.

 

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