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Près d'une maison neuve sur dix est en bois

Les constructions en bois CLT offrent des propriétés de résistance supérieures à celle à ossature bois traditionnelle, notamment pour des immeubles plus hauts. ©Anthony Dehez

La construction en bois s'installe comme une alternative fiable au béton. Mais les entreprises spécialisées peinent encore à trouver leur vitesse de croisière.

Si l'on fait abstraction d'une augmentation brutale des demandes de permis ces deux dernières années, la construction à ossature bois représenterait près de 10% des constructions neuves en 2020. En 2019 et 2020, le nombre de demandes de permis de construire a en effet explosé en prévision de règles plus sévères pour les performances énergétiques des bâtiments en Flandre.

Mais sur la base des données des années précédentes, la part des maisons unifamiliales construites sur une ossature bois friserait les 10% du marché, avec 1853 maisons sur un total de près de 20.000 demandes de permis en moyenne. "La tendance se confirme depuis plusieurs années, bon an mal an", précise Hugues Frère. "Mais la croissance est un peu plus faible que lors de l'enquête précédente."

1853
1853 maisons neuves ont été construites exclusivement en bois en 2020.

Le type de construction évolue aussi. La classique ossature bois reste très largement majoritaire avec plus de 80% des constructions, la technique CLT (des panneaux collés croisés préfabriqués) s'impose de plus en plus. "Même si cette technique de préfabrication est un peu plus lourde à mettre en œuvre, elle offre des propriétés de résistance et de solidité et de rapidité de construction de plus en plus attrayante pour les candidats-bâtisseurs", poursuit Frère.

Conséquence de cette pénétration encore relativement faible de la construction bois dans le résidentiel, le secteur peine à trouver son équilibre et sa vitesse de croisière industrielle. "En dessous de 10 maisons par an, il faut considérer que l'activité n'est pas rentable pour une entreprise qui ne fait que cela. Or même si le nombre d'entreprises sur le marché ne cesse de croître, 60% d'entre elles ne dépassent pas ce seuil de 10 maisons par an." Par contre, le secteur a tendance à se concentrer puisque 15% des entreprises spécialisées représentent plus de 60% des maisons construites.

"En dessous de 10 maisons par an, il faut considérer que l'activité n'est pas rentable pour une entreprise qui ne fait que cela."
Hugues Frère
Directeur de Hout Info Bois

Triple crise

La construction représente évidemment un débouché important pour le bois mais il n'est pas le seul. La filière bois reste vivace malgré trois crises successives, les scolytes qui attaquent les résineux, la peste porcine qui a paralysé l'exploitation en Gaume pendant de nombreux mois et enfin la crise sanitaire qui a ralenti l'activité de ce secteur comme les autres. Le nombre d'entreprises actives et d'emplois dans le secteur du bois en Wallonie restent cependant en croissance.

Ces trois crises, et surtout la dernière, entrainent une flambée des prix des matières premières que subit la filière wallonne dans toute la chaîne de transformation. Mais, trop petits acteurs sur les marchés internationaux, les producteurs de bois wallons ne bénéficient pourtant pas vraiment de cette hausse de prix.

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