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À Bruxelles, une entrepreneure sur deux n'a plus de trésorerie

La secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique, Barbara Trachte (Ecolo), et la directrice générale d'hub.brussels, Isabelle Grippa, à droite. ©saskia vanderstichele

La conciliation vie professionnelle-vie privée et le financement figurent parmi les difficultés principales évoquées par les femmes entrepreneures, selon une enquête d'hub.brussels.

Les femmes entrepreneures sont davantage affectées par la crise que les hommes, selon une étude menée par hub.brussels et sa plateforme Women in Business. Environ 200 femmes entrepreneures bruxelloises (dont 79% sont des cheffes d’entreprises et 16% des porteuses de projet) ont été sondées, afin d'obtenir un premier aperçu de leur situation face à la pandémie.

"Elles sont plus impactées, car surreprésentées dans les secteurs les plus touchés", explique Isabelle Grippa. Alors qu'on dénombre seulement 28% de femmes parmi les indépendants bruxellois, on atteint quasiment la parité avec 45% de femmes dans les secteurs de l'Horeca, du tourisme, de l'évènementiel et de la culture, frappés de plein fouet par la crise, détaille la directrice générale d'hub.brussels. À l'inverse, la crise a été bénéfique pour le secteur de la tech, où l'on ne recense que 8% des indépendantes.

Selon l'étude, plus de 30% des répondantes ont dû fermer leur activité en raison des mesures sanitaires, tandis qu'elles sont près d'un quart (24,8%) à avoir dû la stopper à certaines périodes, par manque de rentabilité. On note toutefois une hausse de l'activité pour 14% des sondées, surtout dans les secteurs des services et du commerce de détail.

90%
Parmi les entrepreneures bruxelloises interrogées, 51% disposent encore de trésorerie, mais 90% d'entre elles ne pourront pas tenir plus de six mois.

Les trois quarts des entrepreneures interrogées ont vu leur chiffre d'affaires diminuer, jusqu'à - 70% dans la culture et l'événementiel, ainsi que dans l'horeca et le tourisme. Concernant la trésorerie, l'enquête d'hub.brussels dresse un constat "accablant": 49% des répondantes n'ont plus de trésorerie aujourd'hui, 51% disposent encore de trésorerie, mais 90% d'entre elles ne pourront pas tenir plus de six mois.

Freins exacerbés par la crise

Face à des problèmes de trésorerie, les femmes seraient d'autant plus fragiles qu'elles accèdent moins facilement aux financements. L'étude donne ainsi la répartition des prêts octroyés durant la crise selon le genre. On recense 15% de femmes pour les prêts Horeca de finance&invest.brussels, et 30% pour les prêts Recover. "Les dossiers introduits par des femmes ont cependant de bons taux d'acceptation. Chez Brusoc, qui soutient les TPE, ce taux s'élève à 84%, contre 63% pour les hommes", rapporte Barbara Trachte (Ecolo), secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique.

Outre des besoins de financement et de réseautage, le volet qualitatif de l'enquête a permis d'identifier le frein principal à l'entrepreneuriat féminin: la gestion de l'équilibre vie privée et vie professionnelle, le confinement ayant fait exploser le compteur des heures dédiées aux soins à la famille, déjà plus élevées chez les femmes que les hommes avant la crise, selon une étude de la VUB.

Biais de genre

Alors que l'entrepreneuriat féminin progressait, comment retrouver la tendance d'avant Covid ? De façon générale, le niveau régional se retrouve un peu "en bout de chaîne", relève Barbara Trachte. Il est vrai, par exemple, que la conciliation vie privée et vie professionnelle dépend notamment du congé parental, une compétence fédérale. Et que la sensibilisation à l'entrepreneuriat se joue dès l'école...

Mais l'écologiste actionne les leviers dont elle dispose. "Le règlement de l'appel à projets pour l'accompagnement des entrepreneurs dans la transition économique, pour un budget total de 3 millions d'euros, favorise les projets qui soutiennent les publics les plus éloignés de l'entrepreneuriat."

À l'instar de ce qui se fait déjà chez hub.brussels, Barbara Trachte entend aussi s'attaquer aux biais de genre dans les administrations et les jurys qui examinent les dossiers. Enfin, l'enquête sur l'impact de la crise sera soumise à des réseaux de femmes entrepreneures, pour améliorer l'accompagnement existant.

"Résilience incroyable"

"L'envie d'entreprendre est cependant toujours là. C'est le point positif de l'enquête", souligne Isabelle Grippa. Malgré ce constat difficile, les répondantes font preuve d’une résilience incroyable et d’optimisme : 90% souhaitent continuer leur activité, 77% des entrepreneures en devenir ambitionnent de se lancer dans les prochains mois et plus de 55% prévoient de repenser leur business model afin qu’il soit plus en phase avec les nouvelles opportunités économiques et habitudes du consommateur.

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