Publicité

Demir refuse encore un permis pour une centrale au gaz

Zuhal Demir, ministre flamande de l'Environnement (N-VA). ©BELGA

Après avoir refusé d’accorder un permis au projet de centrale au gaz de Dilsen Stokkem, la ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) a remis le couvert pour Tessenderlo.

L’entreprise Tessenderlo Group souhaitait construire une deuxième grande centrale au gaz sur son site à l’horizon 2025, à côté d’une plus petite dont elle dispose déjà. Le groupe chimique, dont Luc Tack est le grand patron, avait pour ambition que sa nouvelle centrale ait une capacité de 900 MW, ce qui en aurait fait la plus grande du pays. Le groupe avait d’ailleurs participé en septembre aux enchères prévues par le mécanisme de rémunération de la capacité (CRM), supposé assurer l'après-nucléaire belge.

Ces plans se trouvent désormais confrontés à un solide obstacle avec le refus de la ministre Demir d'accorder le permis de bâtir. Pour justifier sa décision, la nationaliste flamande avance trois raisons. Premièrement, Tessenderlo Group n’aurait pas distingué dans sa demande de permis les émissions d'oxyde d'azote de celles d'ammoniac. Or, ces dernières intoxiquent plus rapidement la nature, alors que la centrale se trouverait à proximité d'un site naturel protégé.

Deuxièmement, l'entreprise n'a pas tenu compte des émissions d'azote combinées des deux centrales. Or, deux sources d'émissions ont un effet néfaste amplifié. "Nous ne pouvons accorder une autorisation que si vous pouvez exclure un impact significatif sur la nature. Ce n'était pas le cas", a tranché la ministre.

Troisièmement, la compagnie des eaux Water-link a également donné un avis négatif, car des eaux sales seraient rejetées dans le canal Albert, dans lequel la compagnie pompe.

"La décision quant à Tessenderlo ne présume en rien les réponses qui seront données pour Wondelgem et Vilvorde."
Zuhal Demir (N-VA)
Ministre flamande de l'Environnement

Le Fédéral mal pris

Ce refus constitue également une épine dans le pied du gouvernement fédéral, qui compte sur les centrales à gaz pour mettre hors services les réacteurs nucléaires. Zuhal Demir a déjà refusé son permis à la centrale de Dilsen-Stokkem (Limbourg), tandis que la députation permanente du Brabant flamand a opposé une fin de non-recevoir au projet de centrale sur le territoire de Vilvorde. La ministre doit encore se prononcer quant à cette dernière d'ici la fin d'année, tout comme pour un autre projet situé à Wondelgem, dans la banlieue gantoise.

Les écologistes soupçonnent que ces refus servent l'agenda politique de la N-VA, qui s'est ouvertement prononcée contre une sortie totale du nucléaire. Invitée à réagir, Zuhal Demir souligne qu'elle juge chaque dossier sur son contenu et qu'elle n'entend pousser aucun agenda politique caché. "La décision quant à Tessenderlo ne présume en rien les réponses qui seront données pour Wondelgem et Vilvorde. Sans argument de poids, nous perdrons dans le cas d'un appel", conclut la ministre.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés