Google refuse toujours de flouter les images de centrales nucléaires

©Stefaan Temmerman

Malgré une demande officielle de l'AFCN, l'organe de surveillance nucléaire, et du ministre de l'Intérieur, Google ne brouille toujours pas les images satellites de nos centrales nucléaires. L'AFCN y voit un réel risque sécuritaire.

Le 18 octobre dernier, l'AFCN et l'ancien ministre de l'Intérieur Jan Jambon ont adressé une lettre au géant du web Google. Dans ce courrier, ils ont demandé à Google Earth de brouiller toutes les images satellites des centrales nucléaires de notre pays. Malgré cette demande, Google refuse toujours de flouter les images. C'est ce qu'a déclaré Pieter De Crem (CD&V) aux députés PS et Ecolo. Il semble que Google n'a même pas l'intention de répondre à la question posée par l'AFCN et l'ex-ministre de l'Intérieur. 

"Il n'existe pas de base juridique en Belgique permettant de contraindre Google à flouter ces images. Si ce cadre juridique existait, nous le ferions."
Michiel Sallaets.
porte-parole de Google Belgique

"Il y a eu des contacts sur ce sujet, mais il n'existe pas de base juridique en Belgique permettant de contraindre Google à flouter ces images. Si ce cadre juridique existait, nous le ferions", a déclaré le porte-parole de Google Belgique, Michiel Sallaets. "Les images Google Earth sont souvent prises par d'autres parties qui les vendent à Google. Le gouvernement belge peut toujours demander aux parties de brouiller les images des centrales nucléaires. C'est différent pour Google Maps et Street View, où Google est lui-même propriétaire des images et peut changer des choses", ajoute encore le porte-parole. 

Mais l'AFCN y voit un réel risque sécuritaire. Une analyse de sécurité de l'organe de surveillance a révélé que diffuser publiquement des images précises des réacteurs de Tihange ou de Doel comporte un risque, notamment pour des attaques. Une commission d'enquête française était arrivée à la même conclusion.

L'Agence fédérale de contrôle nucléaire n'en restera pas là, indique sa porte-parole Ines Venneman: "Nous maintenons notre point de vue. Ces images doivent être brouillées et nous allons étudier les pistes possibles pour y parvenir. En premier lieu, nous allons essayer de suivre l'exemple de la Défense, qui a réussi à obtenir le floutage de sites militaires."

Base aérienne de l'Otan

Pour rappel, les images Google Earth de la base aérienne de l'Otan à Kleine-Brogel, après des années de demande de la part de la Défense ainsi qu'une menace de poursuites, ont finalement été floutées. 

Outre les centrales nucléaires et les bases militaires, d'autres bâtiments et sites sensibles en Belgique, comme le siège de la Sûreté de l'Etat ou encore l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, ne sont pas floutés par le géant du web.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect