L'exploitation forestière interdite dans le Sud Luxembourg

Une barrière devant la forêt près d'Etalle, dans le Sud Luxembourg. Cinq sangliers ont été retrouvés morts de la peste porcine dans la région. ©EPA

Les mesures pour lutter contre la peste porcine africaine se renforcent. Tout accès aux bois est strictement interdit, y compris pour la sylviculture, une activité économique importante dans le sud du pays.

Avec la découverte de nouveaux cadavres de sangliers dans la même zone à proximité d’Etalle ce week-end, cela porte à 5 le nombre de cas confirmés de sangliers morts de la peste porcine africaine dans le sud de la province du Luxembourg. "Beaucoup d’autres cadavres sont à l’analyse. On va arriver à des dizaines voire 300, 400 sangliers, selon ce que les experts nous annoncent", précise René Collin (cdH), ministre wallon de l’Agriculture.

"Beaucoup d’autres cadavres sont à l’analyse. On va arriver à des dizaines voire 300, 400 sangliers, selon ce que les experts nous annoncent."
René Collin (cdH)
ministre wallon de l’Agriculture

Les ministres fédéral et régionaux de l’Agriculture de même que l’Afsca rencontraient lundi matin le commissaire européen à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis pour étudier la stratégie à appliquer pour tenter d’enrayer la progression de la maladie.

Dans la foulée de cette réunion, René Collin a encore renforcé les mesures de confinement. Tout accès à la forêt est totalement interdit sur les 63.000 ha: cela signifie, les activités de loisirs, la cueillette des champignons, la chasse, le nourrissage des animaux, mais aussi toute exploitation forestière. La coupe et le ramassage de bois sont donc à l’arrêt. Un sérieux coup pour cette activité dont dépend une grande part de l’économie en province de Luxembourg.

Le monde agricole est également astreint à des mesures strictes de décontamination des engins qui travaillent à proximité des bois dans la zone de confinement. Et les élevages porcins y font également l’objet d’un véritable blocus.

"L’objectif est évidemment de limiter autant que possible le déplacement des sangliers qui pourraient être infectés, mais surtout d’éviter que le virus puisse se transmettre via les véhicules, qui se déplacent dans les bois. Ce virus, qui se transmet par les déjections notamment, est très résistant et reste actif jusqu’à 120 jours sur une carcasse par exemple", réaffirme René Collin.

Ces mesures viennent renforcer celles prises ce week-end jusqu’au 15 octobre. "Une date virtuelle, mais il y a fort à parier malheureusement que cette situation demeurera bien au-delà", précise Benoît Petit, président du Saint-Hubert Club, l’association des chasseurs de Belgique. Théoriquement, les mesures de confinement ne pourraient reprendre que 2 ans après la découverte du dernier cadavre contaminé.

"L’objectif est évidemment de limiter autant que possible le déplacement des sangliers qui pourraient être infectés, mais surtout d’éviter que le virus puisse se transmettre via les véhicules, qui se déplacent dans les bois."
René Collin (cdH)
ministre wallon de l'Agriculture

Numéro d’appel 1718

La Belgique a maintenant 90 jours pour présenter à la Commission un plan d’éradication de la maladie. La Lituanie comme l’est de la Pologne ont connu des épizooties de peste porcine et luttent encore contre le fléau. Mais c’est de Tchéquie que viennent les exemples de gestion les plus efficaces.

Après la fermeture totale des bois et forêts dans la zone de confinement, une observation minutieuse est mise en œuvre pour détecter les indices de progression, essentiellement en récupérant les cadavres et carcasses. Cette phase de détection se fera en collaboration étroite avec le monde de la chasse, mais l’enlèvement des dépouilles ne pourra se faire que par du personnel du Département Nature et Forêt (DNF), dans des conditions précise de biosécurité. Un numéro d’appel spécifique a d’ores et déjà été mis en place, le 1718, à appeler dès que l’on découvre un nouveau cadavre.

Cette observation permettra de délimiter une zone d’éradication plus réduite que les 63.000 ha actuels où tout le cheptel de sangliers devra être détruit. En Tchéquie, cette zone d’éradication avait été très largement clôturée pour véritablement enfermer les animaux potentiellement contaminés. Une telle mesure, particulièrement complexe, pourrait également être appliquée en Belgique mais n’a pas encore été prise, malgré des demandes françaises insistantes.

Autour de cette zone "noire", la densité de la population de sangliers devra être très sensiblement réduite. Le ministre Collin en profite d’ailleurs pour rappeler sa volonté d’interdire les limitations dans le tir du sanglier partout en Wallonie.

Déchets ménagers

"La souche la plus proche est à 1.000 kilomètres de nos frontières."
René Collin (cdH)
ministre wallon de l'Agriculture

Il apparaît de plus en plus évident que le virus a bien été "importé" dans notre pays via des déchets ménagers. "La souche la plus proche est à 1.000 kilomètres de nos frontières. Cela ne peut provenir de transports d’animaux, qui n’auraient pas survécu au voyage s’ils avaient été infectés avant le départ. Reste donc des déchets qui auraient été infectés à l’est avant d’être rejetés en Belgique et d’entrer en contact avec les sangliers omnivores", analyse-t-on au cabinet Collin.

Un appel a d’ailleurs été lancé à Carlo Di Antonio (cdH), en charge des Travaux publics pour entretenir et restaurer les clôtures anti-gibier le long des autoroutes, particulièrement aux abords des aires d’autoroute. "Les grillages sont souvent délabrés ou de plus en plus souvent ouverts par des migrants qui se réfugient dans les bois en attendant de pouvoir se faufiler dans un camion. La situation est particulièrement délicate sur l’aire de Tellin sur l’E411 par exemple", constate René Collin.

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