Toutes vos données de santé en un seul clic

La digitalisation des soins de santé se poursuit avec le lancement, hier, d’un nouveau portail pour les patients: la plateforme "Masanté"

La digitalisation des soins de santé vient de franchir un nouveau cap avec le lancement, hier, de "Masanté", un nouveau portail qui permet au patient d’accéder à toutes les données concernant sa santé.

Il existe déjà plusieurs plateformes où le patient peut consulter ses données en ligne, qu’elles soient médicales ou administratives. Mais elles restent le plus souvent méconnues des citoyens.

A QUOI ÇA SERT? Avec le portail Masanté, chacun aura un aperçu global du type de données de santé disponibles en ligne et il pourra ensuite, par un simple "clic", se diriger vers la plateforme qui l’intéresse en particulier (son dossier chez le généraliste ou les résultats de radios passées à l’hôpital par exemple). La Belgique est le deuxième pays après la Suède à proposer un tel portail.

Prescription électronique

Ce dispositif s’insère dans le Plan d’action e-santé 2013-2018 (actualisé en 2015), nom donné au processus de digitalisation des soins de santé voulu par la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld). Un processus parfois laborieux, car pour que le système fonctionne, il faut que les prestataires de soins aient d’abord encodé les données. Or, cette bataille-là n’est pas encore gagnée. L’utilisation obligatoire de la prescription électronique devait en effet entrer en vigueur le 1er janvier dernier. Elle a été reportée au 1er juin 2018 au vu des réticences chez certains médecins. Et toujours avec des exemptions importantes.

Ainsi, la mesure ne s’applique pas aux patients qui séjournent à l’hôpital ni pour une prescription lors d’une visite à domicile ou dans une institution (maison de repos par exemple). Cela ne concerne pas non plus les médecins qui auront plus de 62 ans au 1er juin 2018. Or, on sait qu’il y a beaucoup de médecins âgés parmi les généralistes.

Quelque 6,6 millions de patients ont déjà donné leur autorisation pour que leurs données médicales soient communiquées de manière électronique aux différents prestataires de soins. Ces données sont accessibles aux pharmaciens, qui ne doivent plus déchiffrer des pattes de mouche, mais elles restent en revanche inaccessibles pour la médecine du travail et les compagnies d’assurances.

Le médecin qui délivre une prescription fournit en général une preuve papier que le patient apporte chez son pharmacien. À partir de juillet 2019, cette preuve papier de prescription électronique va, elle aussi, disparaître. Le pharmacien ne devra plus qu’encoder le numéro de registre national du patient pour savoir quels médicaments ont été prescrits.

Guichet en ligne

La digitalisation concerne également les mutuelles. La plupart d’entre elles proposent déjà un guichet en ligne qui permet au patient de consulter par exemple l’état des remboursements, d’accéder à son courrier et à ses factures, de rechercher des prestataires de soins ou hôpitaux, de comparer des médicaments ou encore de simuler des coûts d’hospitalisation.

Pour les patients qui n’ont pas encore de dossier médical informatisé (il ne sera obligatoire qu’en 2021), les mutuelles acceptent néanmoins les prescriptions électroniques.

La digitalisation des soins de santé se décline de bien d’autres façons encore. Ainsi existe-t-il un système de traçabilité des implants et de certains médicaments. Dans les hôpitaux également, la digitalisation permet une amélioration de la qualité des soins: moins d’examens médicaux, suivi à distance des malades chroniques, etc.

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