Après le Brexit, le "Dexit" ?

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Après la Grande-Bretagne, où un vote crucial sur le Brexit est prévu pour mardi, le débat sur une sortie de l'UE gagne l'Allemagne: l'extrême droite a décidé de faire campagne en ce sens, brisant ainsi un tabou national.

Réuni en congrès à Riesa dans la région de Saxe ce dimanche, son principal bastion électoral, le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a adopté un programme pour une sortie du pays de l'UE, en vue des élections européennes de fin mai.

Les délégués du mouvement l'ont fait prudemment, sans fournir de date et en stipulant que le "Dexit", version germanique pour Deutschland du Brexit britannique, devrait intervenir "en dernier recours" si l'Union européenne n'était pas réformée de fond en comble "dans une délai raisonnable". Mais c'est la première fois dans l'histoire allemande d'après-guerre qu'un parti politique ose ouvertement remettre en cause l'idée de l'appartenance nationale à l'Union européenne, ancrée dans l'ADN national.

Les Allemands attachés à l'Europe

De nombreux délégués de l'AfD voulaient au départ un programme encore plus dur sur le "Dexit", avec une date-butoir fixée à l'issue de la prochaine législature européenne, à savoir 2024, pour la mise en place des réformes que le parti appelle de ses voeux. Mais les dirigeants de l'AfD ont fait pression pour que cette formation ne se lie pas les mains avec une date contraignante.

"Je pense que nous serions mal avisés de faire campagne avec une revendication maximaliste"
Alexander Gauland
coprésident de l'AfD

L'AfD redoute plus fondamentalement, en allant trop loin sur le sujet, de s'aliéner une part importante de l'opinion allemande majoritairement pro-européenne. Les Allemands restent parmi les plus attachés à l'UE : 51% d'entre eux disaient avoir "plutôt confiance" en celle-ci dans un sondage du Parlement européen de novembre, neuf points de plus que la moyenne européenne. Et 23 points de plus qu'en 2015.

L'extrême droite est à recherche d'un second souffle à la suite du retrait programmé du pouvoir au plus tard en 2021 de la chancelière Angela Merkel, jusqu'ici sa principale cible politique

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