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AB InBev dans les starting-blocks pour un rebond?

©BELGA

Après avoir rebondi de 4% vendredi, l’action a eu du mal à confirmer ce mouvement ce lundi. Elle a clôturé la séance en baisse de 0,4% à 60,28 euros.

Après une descente aux enfers qui dure maintenant depuis 26 mois, peut-on espérer une remontée de l’action du premier brasseur mondial AB InBev? Ou à tout le moins une stabilisation de son cours à la Bourse de Bruxelles? Sur les seuls douze derniers mois, elle affiche un return négatif de 35%. Dans son secteur en Europe, on ne trouve pas d’autres actions qui ont réalisé une aussi médiocre performance. L’action du brasseur néerlandais Heineken a réalisé un return négatif de 18% et celle du Danois Carlsberg de 6,7%.

Par return, on entend la performance du cours d’une action, tout en tenant compte des éventuels dividendes payés par la société.

Ratios financiers séduisants

Presque tous, les uns après les autres, les analystes revoient leur appréciation à la baisse. Cette démarche, alors qu’ils ont été fort longtemps très optimistes, devrait à elle seule inciter les investisseurs intéressés par cette valeur à ne pas trop rapidement revenir sur l’action AB InBev. Pas plus tard que vendredi dernier, l’analyste Mitchell Collett de chez Goldman Sachs avait abaissé sa recommandation sur ce titre d’ "acheter" à "conserver" et son objectif de cours de 97 à 65 euros. Fin 2017, il visait encore un cours de 123 euros fin 2017.

2,7%
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Malgré la division par deux du montant de son dividende, l’action d'AB Inbev offre le rendement dividendaire (2,7%) le plus élevé dans son secteur.

Indéniablement, l’enthousiasme dont faisait preuve cet analyste, comme d’autres, s’est considérablement amenuisé. Est-ce pour autant que tout espoir d’assister au retour du cours de l’action du brasseur au niveau des 100 euros, voire davantage, est perdu à jamais? Car, du fait de sa chute en Bourse, l’action AB InBev affiche à présent des ratios financiers les plus favorables par rapport à Heineken et Carlsberg. Elle se traite à 17,3 fois les bénéfices attendus pour 2018 contre 18,6 fois pour le brasseur néerlandais et 19,8 pour le brasseur danois. Malgré la division par deux du montant de son dividende, l’action offre le rendement  dividendaire (2,7%) le plus élevé. Enfin, en Bourse, la valeur du groupe belgo-brésilien (119 milliards d’euros) ne représente que 2 fois sa valeur comptable contre 3,3 fois pour Heineken. Mi-2016, elle avait atteint un pic de 6 fois!

Les bières traditionnelles en déclin

Tout cela ne suffit pas à séduire les analystes de Bank of America – Merrill Lynch qui estimaient toujours il y a deux semaines la valorisation de la société élevée. Ils pointent notamment le fait que les ventes de bières traditionnelles, qui représentent 81% des volumes du brasseur, soient "en déclin structurel à l’échelle mondiale". En outre, ils entrevoient que les marges d’AB InBev resteront sous pression cette année en raison de la faiblesse des devises des pays émergents.

Quant à l’analyste de Goldman Sachs, il soulève, lui, un problème de concurrence de plus en plus intense dans le secteur de la bière sur certains de ses grands marchés, comme le Brésil.

Les analystes sont de plus en plus nombreux à faire la fine bouche face à la chute de l’action AB InBev. Celle-ci est susceptible cependant de retrouver de la hauteur à terme, lorsque les premiers effets de sa politique de réduction de sa dette se feront sentir et lui permettront d’assurer un nouveau coup de pouce à l’expansion de ses affaires. En attendant, on peut raisonnablement estimer que l’action a au moins suffisamment baissé.

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