AB InBev renaît après sa mise en bière de 2018: jusqu'où peut aller l'action?

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Depuis le début de l'année, l'action AB InBev s'est envolée de 33%. Quel est son potentiel à court terme? Ne risque-t-il pas d'être limité par l'énorme dette du groupe?

L’eusses-tu cru, comme dirait une fameuse marque de pâtes? Après une année 2018 catastrophique en Bourse, ressemblant à une mise en bière l’action, AB InBev a entamé sa reconquête tambours battants. Depuis le début de l’année, elle a bondi de plus de 33% pour se traiter aujourd’hui autour de 77 euros.

Le titre en a-t-il encore sous le pied pour au moins renouer avec son niveau de fin 2017 (93 euros) ou s’essoufflera-t-il avant ? Pendant ce temps-là, son concurrent Heineken a touché un plus haut historique cette semaine.

Le prochain catalyseur de cours devraient être les résultats trimestriels attendus pour le 7 mai avant Bourse. A moins que, d’ici là, des premières tendances soient dévoilées lors de l’assemblée annuelle organisée le 24 avril ou que la cotation des activités asiatiques du brasseur, une rumeur récurrente, prenne corps.

Objectif moyen de 83 euros

Dans une note récente, un analyste de Bank of America Merrill Lynch estime que les chiffres trimestriels devraient être solides avec un gain de 1,8% du volume organique et de 4,4% des ventes organiques hors Argentine. Il a relevé sa recommandation à "neutre" contre "sous-performer" avant.

"Les coûts en capitaux ont chuté suite à la récente forte baisse des rendements obligataires à long terme", écrit l’analyste. "L’action va garder du soutien dans la mesure où les inquiétudes portant sur la dette et les bénéfices à court terme s’apaisent".

Mais il considère que le potentiel de hausse de l’action reste toutefois limité car il anticipe, notamment, des pressions accrues sur les marges à partir du second semestre. Son objectif de cours est fixé à 82 euros contre 60 avant.

L’objectif de cours moyen (horizon de douze mois) calculé par Bloomberg à partir des avis des brokers s’élève aujourd’hui à 83 euros soit un potentiel de hausse limité à 7%. C'est KBC Securities qui parmi les 36 brokers qui couvrent la valeur est le plus confiant (105 euros) tandis qu'ING reste particulièrement timoré (54,9 euros).

Il y a quelques jours, Jefferies a réitéré son conseil de se séparer du titre avec un "target" limité à 63 euros. 

S&P menace, Fitch confirme

Auprès des agences de notation dont chaque décision revêt une importance particulière pour un groupe comme AB InBev dont la dette atteignait 104 milliards de dollars fin 2018, on semble aussi mettre un peu d’eau dans son vin. Certes, début mars, S&P (A- ; perspective négative) a menacé d’abaisser la note du géant brassicole si des mesures concrètes concernant l’endettement n’étaient pas prises rapidement.

Mais hier, Fitch a confirmé sa note BBB avec une perspective stable. Après un processus de réduction de la dette relativement lent en 2017 et 2018, l’agence souligne que la réduction de 50% du dividende annoncée en octobre 2018 permet d’accélérer le rythme du désendettement. Elle juge, qu’à partir de 2019, entre 4 et 5 milliards de dollars pourront être utilisés chaque année pour résorber la montagne de dettes contre moins de 2 milliards auparavant.

"Malgré des volumes consolidés de bières vendues en stagnation, AB InBev conserve une rentabilité et un cash flow libre avant dividende supérieurs aux autres multinationales des produits de grande consommation" ajoute Fitch. "Et cela grâce à des positions fortes sur le marché et une stricte discipline des coûts qui sont reflétées dans notre perspective stable."

Moody’s pour sa part a décerné une notation de Baa1 avec une perspective stable également.

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