AB InBev utilise ses canettes pour réduire sa dette

Le groupe brassicole a obtenu trois milliards de dollars de ses canettes américaines. ©BLOOMBERG NEWS

AB InBev poursuit sa stratégie de désendettement qui passe, cette fois, par la cession d'une participation minoritaire dans ses usines de canettes aux États-Unis.

Voilà une affaire rondement menée. Et sans faux-col.

Le 23 décembre, AB InBev annonçait un accord stratégique avec un consortium d’investisseurs institutionnels dirigé par Apollo Global Management. En jeu: la prise d’une participation minoritaire de 49,9% dans les usines de canettes du brasseur basées aux États-Unis pour un montant d’environ trois milliards de dollars.

Dans le cadre de cet accord, AB InBev aura le droit, mais non l’obligation, de racheter la participation minoritaire à partir du cinquième anniversaire de la clôture de l’opération et à des conditions financières prédéterminées qui n’ont pas été dévoilées.

Huit jours plus tard, soit le 31 décembre, le numéro un mondial de la bière signalait que cette transaction était déjà bouclée.

Alléger la dette

De son point de vue, l’objectif de cette opération est double. D’un côté, garder le contrôle sur ses usines tout en créant une valeur supplémentaire pour les actionnaires en optimisant son activité à un prix attractif. Et, de l’autre, générer des recettes pour rembourser sa dette, conformément à ses engagements de désendettement.

Lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre, AB InBev a décidé de ne pas distribuer d’acompte sur son dividende.

Pour Wim Hoste et Alan Vandenberghe, de KBC Securities ("acheter"; 80 euros), la transaction semble principalement s’apparenter à un effort supplémentaire pour réduire le poids du passif du groupe. "La clôture avant la fin de l’année signifie que notre estimation du multiple de la dette nette sur ebitda fin 2020 baisse de 0,2 pour atteindre 4,7", précisent les analystes.

Quid du dividende?

On se rappellera par ailleurs qu’AB InBev, lors de la publication de ses résultats du 3e trimestre, en octobre dernier, avait déjà décidé de ne pas distribuer d’acompte sur son dividende pour donner la priorité à son désendettement. Un analyste estimait même que le coupon final pourrait également passer à la trappe.

D’autres initiatives en ce sens ont déjà été prises antérieurement, comme la cotation sur la Bourse de Hong Kong de sa filiale asiatique Budweiser Brewing APAC, qui a rapporté un peu moins de  6 milliards de dollars, et la cession de la filiale australienne Carlton & United Breweries pour 10 milliards d’euros.

87,4
milliards de dollars
Au 30 juin 2020, l’endettement net d’AB InBev s’élevait encore à 87,4 milliards de dollars.

Au 30 juin 2020, l’endettement net d’AB InBev s’élevait encore à 87,4 milliards de dollars soit un ratio sur ebitda de 4,86.

En ce début d’année, 16 brokers recommandent un achat de la valeur, autant de la conserver et deux de la vendre. L’objectif de cours moyen s’élève à 61,3 euros, soit un potentiel de hausse limité à 5%.  

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