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L’épée de Damoclès qui menace l’action AB InBev

Depuis le rachat de SABMiller il y a cinq ans, l'action AB InBev a perdu plus de la moitié de sa valeur. ©REUTERS

Le désengagement potentiel d'un gros actionnaire d'AB InBev plane comme une menace sur le cours de bourse du brasseur. Voici ce qui pourrait arriver.

Le 11 octobre prochain, cela fera cinq ans qu’AB InBev a mis la main sur son concurrent SABMiller au prix d’un endettement colossal qui handicape aujourd’hui encore la valorisation de l’action.

Passée une brève période d’euphorie avec un titre frôlant les 120 euros, le cours n’a cessé de s’effriter au fil des mois, malgré quelques sursauts. Bilan des cinq dernières années: une chute de 58%.

Récemment encore, lors de la publication des résultats du 2e trimestre pourtant robustes, le marché a fait la grimace. Non seulement le niveau rentabilité n’était pas suffisant à ses yeux mais, en plus, le groupe brassicole n’a pas jugé opportun de relever ses prévisions annuelles.

Fin du lock-up

Un autre facteur pèse également sur le cours telle une épée de Damoclès. Cet anniversaire des cinq ans correspond, en effet, à la fin d’une période de "lock-up" (engagement de conserver ses titres) visant plusieurs actionnaires, dont Altria . Le géant américain du tabac détient une participation de 9% dans le brasseur et pourrait bien se défaire de tout ou d’une partie de celle-ci. Précisions qu'à ce stade, ni Altria ni AB InBev n’ont communiqué sur ce sujet.

Ces deux éléments pourraient être utilisés pour justifier une vente de la participation dans AB InBev.
Sanjeet Aujla
Analyste chez Credit Suisse

Sanjeet Aujla de Credit Suisse ("neutre"; 56 euros) rappelle, à cet égard, qu’Altria a annoncé dernièrement la vente de ses activités vinicoles, Ste Michelle Wine Estates, pour 1,2 milliard de dollars.

À ses yeux, cela constitue un pas important dans la création de valeur pour les actionnaires et permet à la direction de se concentrer sur son activité principale. "Ces deux éléments pourraient être utilisés pour justifier une vente de la participation dans AB InBev" écrit l’analyste.

Rachat du bloc?

Si tel est bien le cas, il estime toutefois qu’il est peu probable qu’Altria soit capable de passer par le marché étant donné la taille de l’opération (10,6 milliards de dollars). Il avance, dès lors, un scénario qui verrait AB InBev racheter le bloc d’actions pour les annuler ensuite, d'autant plus, souligne-t-il, que le titre a chuté de 25% au cours des trois derniers mois.

10,6 milliards
de dollars
La participation d'Altria dans AB InBev pèse 10,6 milliards de dollars.

En tablant sur un coût de la dette de 3%, il estime qu’une telle opération serait relutive (comprenez: génératrice de valeur) à hauteur de 7% pour le bénéfice par action d’AB InBev. Le hic, c’est que cette transaction augmenterait, du même coup, le ratio dette nette sur ebitda de 0,5 (il passerait en 2022 de 4 contre 3,5 actuellement), ce qui retarderait d’une année le désendettement du groupe.

L’analyste signale, pour finir, que le brasseur tiendra une journée investisseurs le 6 décembre, l’occasion, sans doute, de formuler ses aspirations de croissance à moyen terme sous la houlette du nouveau CEO.

En bref

  • Le géant du tabac Altria pourrait tout prochainement se défaire d’une participation de 9% dans le capital d’AB InBev.
  • Selon un analyste de Credit Suisse, cette participation pourrait être rachetée par le géant brassicole.
  • L’avantage pour AB InBev serait de racheter ces actions à bon compte, même si l’opération devrait reporter d’un an son désendettement.

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