Une plateforme web commune pour les torréfacteurs artisanaux

Les ventes aux entreprises et à l'horeca représentaient 90% des revenus de la bonne centaine de torréfacteurs artisanaux actifs en Belgique. ©Javry

Une vingtaine de torréfacteurs belges lancent une boutique en ligne commune. Objectif: faciliter l’accès des particuliers à une offre lâchée par les entreprises.

L'impact de la crise sanitaire se reflète jusque dans le fond de nos tasses. Avec la généralisation du télétravail et la fermeture de l’horeca, les ventes de café en "B to B" se tarissent. Au grand dam de la bonne centaine de torréfacteurs artisanaux actifs en Belgique, pour qui les ventes aux entreprises et à l'horeca représentaient 90% de leurs revenus.

Pour compenser cette perte sèche, une vingtaine d'entre eux ont choisi de faire découvrir leurs cafés aux particuliers par le biais d'une boutique en ligne commune. La plateforme montorrefacteur.be, lancée début avril, propose actuellement près de 80 cafés.

"Il est compliqué de se fournir en café belge et artisanal en ligne. L’idée, c’est de faciliter l’accès à cette offre."
Pierre-Yves Orban
Cofondateur de Javry

"La création de cette plateforme est née d’un double constat. D’une part, les acteurs belges ont été fort touchés par la crise sanitaire avec le télétravail généralisé et la fermeture de l’horeca. De l'autre, il est compliqué de se fournir en café belge et artisanal en ligne. L’idée, c’est de faciliter l’accès à cette offre", explique Pierre-Yves Orban, cofondateur de Javry et une des chevilles ouvrières de la plateforme montorrefacteur.be.

Jusqu'ici, la plupart des membres de la plateforme sont wallons et bruxellois. Seuls deux torréfacteurs flamands s'y sont joints à ce jour. Mais la liste des membres est ouverte. "L’objectif est de chercher d’autres torréfacteurs artisanaux dans le nord du pays et de créer un site en néerlandais", précise Pierre-Yves Orban.

Autonomie

Pour accéder à la plateforme, il faut impérativement être un torréfacteur artisanal. L'adhésion du Namurois Delahaut, le plus gros acteur (deux magasins à Namur et à Bruxelles), a d’ailleurs fait l’objet de discussions en interne.

Chaque membre garde son autonomie. "Certains torréfacteurs n’ont pas d’e-shop et profiteront donc de l’accès à la plateforme pour vendre en ligne. D’autres en ont un, mais sont prêts à l’arrêter si la plateforme fonctionne bien. Ce ne sera pas le cas de Javry, qui continuera de vendre sur son propre site", dit encore Pierre-Yves Orban.

25%
des ventes
Aujourd’hui, Javry réalise 25 à 30% de ses ventes auprès des particuliers, contre moins de 5% il y a deux ans.

Le cas de Javry est très exemplatif de la situation des petits torréfacteurs. Les premiers mois de la pandémie de covid-19 ont été très compliqués à vivre. L'entreprise schaerbeekoise s'est alors réinventée en ciblant davantage les particuliers et en vendant du café en vrac dans des épiceries fines.

"La part des ventes aux particuliers augmente, pas seulement à cause de la chute du B to B, mais grâce aussi à sa belle progression en valeur absolue", précise son responsable. Aujourd’hui, Javry réalise 25 à 30% de ses ventes auprès des particuliers, contre moins de 5% il y a deux ans.

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