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Le fleuron belge Asco repris par un groupe austro-helvétique

Asco dispose de sites de production en Belgique, en Allemagne, aux États-Unis et au Canada. ©ID / Bas Bogaerts

Après l'échec de la reprise par l'américain Spirit AeroSystems, l'équipementier aéronautique belge Asco passe dans le giron du groupe austro-helvétique Montana Aerospace.

Pour Asco, la deuxième tentative sera peut-être la bonne: l'équipementier aéronautique belge, spécialisée dans la fabrication de pièces d'avions délicates, va passer entre les mains de l'industriel austro-suisse Montana Aerospace, un groupe coté à la bourse de Zurich depuis mai 2021. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué. Mais selon la banque d'investissement Berenberg - qui a accompagné Montana pour son IPO au printemps -, l'accord s'élèverait à un peu moins de 200 millions d'euros. 

Il y a deux ans, l'américain Spirit AeroSystems avait mis 541 millions d'euros sur la table pour reprendre le constructeur de Zaventem. Une vente qui avait finalement échoué l'année passée, Asco n'ayant pas pu répondre dans les délais aux exigences de reprise de la Commission européenne. D'autres facteurs comme la cyberattaque qui frappa Asco en juin 2019 et la crise sans précédent du secteur de l'aviation n'avaient pas facilité la clôture du dossier.

Montana envisage d'émettre jusqu'à 6,8 millions de nouvelles actions pour financer l'achat d'Asco, mais également d'autres acquisitions potentielles. Au cours de lundi soir, cela rapporterait 225 millions d'euros. La famille Boas, actionnaire de l'entreprise belge, recevra du cash, mais une partie du montant pourrait également être payé en actions.

Le nom Asco sera conservé. Fleuron de l'industrie aéronautique belge avec Sonaca, Blueberry (Sabca et Sabena Aerospace) et Safran Aero Boosters, Asco a été fondée en 1954 par Emile Boas, grand-père de Christian - l'actuel CEO - qui fabriquait des pièces de rechange destinées à l’armée dans un petit atelier situé à Bruxelles. Dans les années 1960, le fondateur s’est lancé dans une production propre et s’est spécialisé dans l’usinage de précision de métaux, qui représente encore en grande partie le cœur de métier d’Asco. Par après, l'entreprise familiale s'est focalisée uniquement sur la production de pièces pour l'aéronautique.

Asco a été fondée en 1954 par Emile Boas, grand-père de Christian, l'actuel CEO.

Son savoir-faire a rendu Asco incontournable dans de nombreux programmes civils, avec des collaborations avec Airbus, Boeing, Dassault, Embraer, Bombardier, Gulfstream... L'entreprise de 1.200 personnes fournit également des pièces pour le Lockheed Martin F-35. Le chiffre d'affaires a chuté d'un tiers l'an dernier à 203 millions d'euros, avec un Ebitda proche de zéro, et la société a reçu un coup de pouce du Fédéral via la SFPI. Elle dispose de sites de production en Belgique, en Allemagne, aux États-Unis et au Canada.

Une filiale d'un conglomérat

Montana Aerospace, dont le siège est à Reinach, au sud de Bâle, est plus important: le groupe occupe 5.000 personnes sur 28 sites dans le monde. L'entreprise, dirigée par Markus Nolte,  est une filiale de Montana Tech Components, qui est aussi coté. Ce conglomérat a été créé par l'entrepreneur autrichien Michael Tojner, qui avait fait fortune avec le portail de jeux en ligne Bwin, basé à Vienne. Montana Tech Components comprend également le fabricant de microbatteries Varta ainsi que Aluflexpack.

614
millions d'euros
Le chiffre d’affaires net de Montana Aerospace en 2020 était de l’ordre de 614 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires net de Montana Aerospace en 2020 était de l’ordre de 614 millions d’euros, avec un Ebitda de 45 millions d’euros. L'équipementier aéronautique fournit des composants de systèmes et de sous-ensembles complexes pour la plupart des avions d'Airbus et de Boeing. Selon un spécialiste, "les produits de Montana, qui s'étendent aussi au fuselage et au train d'atterrissage des avions, seraient plutôt complémentaires à ceux d'Asco, qui est assez spécialisé, dans l'aviation civile, sur les pièces qui actionnent les volets et les bords d'attaque".

"Des discussions détaillées sur le transfert de certaines fonctions centrales de Montana Aerospace vers la Belgique sont en cours."
Montana Aerospace

Le groupe suisse a d'ailleurs annoncé vouloir intégrer Asco dans son réseau mondial d'usines et renforcer la marque belge. "Des discussions détaillées sur le transfert de certaines fonctions centrales de Montana Aerospace  vers la Belgique sont en cours", a-t-il précisé. Ce qui a semblé rassurer les syndicats à Zaventem. Autre élément positif: Montana affiche un confortable carnet de commandes de 4,2 milliards.

Un dossier moins complexe

Enfin, sur le plan de la concurrence, il semblerait que les choses s'annoncent nettement moins compliquées que pour le cas de Spirit. La fusion avec le groupe américain, un gros fournisseur de Boeing, imposait de respecter des clauses de confidentialité par rapport à la Sonaca, avec qui Asco collabore depuis des années sur les programmes Airbus. Ce qui s'est avéré impossible à respecter. La Commission européenne ne devrait pas non plus s'opposer à la croissance d'équipementiers européens qui sont aujourd'hui plus petits que leurs homologues d'outre-Atlantique.

Le résumé

  • L'équipementier aéronautique belge Asco est racheté par le groupe industriel austro-suisse Montana Aerospace.
  • Asco avait failli être repris par l'américain Spirit Aerosystems, mais le dossier avait finalement capoté.
  • Montana Aerospace occupe 5.000 personnes sur 28 sites dans le monde. L'entreprise est cotée à la Bourse de Zurich.
  • L'acquéreur annonce vouloir intégrer Asco dans son réseau mondial d'usines et renforcer la marque Asco.

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