"Dexia ne posera aucun souci dans les deux ans"

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Le mois dernier, l’exposition de la Belgique à Dexia s’élevait à un bon 37 milliards d’euros: c'est la somme maximale que notre pays devrait débourser si Dexia sombrait pour de bon. Mais "la situation financière de Dexia est sous contrôle" , est-il ressorti lors du (large) débat sur le budget, lundi à la Chambre. Ambiance.

Ce lundi, une partie de l’exécutif défendait son budget et son action à la Chambre. Un débat sans réel enjeu, puisque la pièce est déjà écrite...

Ils avaient fait le déplacement en masse. Souvent, une commission parlementaire auditionne un ministre, voire deux les grands jours. Eh bien, ce lundi après-midi, il y en avait quatre pour le prix d’un, à la Chambre.

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À la barre: le Premier, Charles Michel (MR), le grand argentier Johan Van Overtveldt (N-VA), le ministre du Budget Hervé Jamar (MR) et celui des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR). Qu’est-ce qui a valu aux députés ce "raid ministériel"? La tenue d’un débat conjoint réunissant le comité d’avis chargé des Questions européennes, la commission des Finances et du Budget, ainsi que celle des Affaires sociales.

Le programme, pourtant, pouvait sembler un brin rébarbatif. Présentation du programme de stabilité, à savoir la trajectoire budgétaire 2015-2018 remise jeudi dernier à l’Europe, et du programme de réformes mené tambour battant par le gouvernement Michel. Rébarbatif et aussi réchauffé. Avant même d’entrer dans la salle, Hervé Jamar prévenait, ironique: "Nous sommes venus répéter ce que tout le monde sait déjà." Fin d’après-midi, le président de la commission des Finances et du Budget, le CD&V Eric Van Rompuy ne dira pas autre chose. "Nous n’avons rien appris de neuf. Cette séance tenait plus de l’exercice imposé."

Charles Michel y est donc allé de son refrain, devenu habituel. Le poids insoutenable de la dette et la nécessité de réformer. De mener à la fois une politique d’assainissement, mais aussi de relance. Et d’égrener les mesures déjà mises en place, qu’il s’agisse du saut d’index ou de la réforme des pensions, sans oublier les chantiers à venir, dont ce fameux tax shift que tous attendent de pied ferme. Ce qui fera bisquer le député socialiste Ahmed Laaouej:

"Le Premier ministre est en pilote automatique pour débiter ces supercheries. Mais ce n’est pas parce qu’on les répète à l’envi qu’elles deviennent vraies"

Cela parle chiffres et réduction du déficit ou de la dette. Le programme de stabilité de la Belgique le confirme: toutes les entités doivent atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2018. Et à partir de 2017, rappelle Johan Van Overtveldt, la Belgique doit réduire, chaque année d’un vingtième, l’écart entre son niveau de dette actuel (106,8% du PIB) et celui autorisé (60%).

Le gros nuage Dexia

Chiffres toujours. Puisque la Belgique a fait le point avec l’Europe, le ministre des Finances en donne un aperçu aux députés. Vous l’aviez peut-être oublié, mais le nuage Dexia assombrit toujours l’horizon budgétaire de la Belgique. Après le sauvetage de Dexia par la Belgique, la France et le Luxembourg, ces trois États ont dû accorder des garanties au paquebot financier en perdition, histoire de s’assurer qu’il puisse toujours lever des fonds sur le marché.

Le mois dernier, l’exposition de la Belgique au groupe en extinction s’élevait à un bon 37 milliards d’euros, précise Johan Van Overtveldt. Autrement dit, il s’agit de la somme maximale que notre pays devrait débourser si Dexia sombrait pour de bon. Impressionnant, le nuage! Pas trop menaçant toutefois, estime le gouvernement. "Dans l’état actuel des choses, il n’y a aucun risque de devoir activer cette garantie belge, et ce dans les deux ans à venir, précise le programme de stabilité de la Belgique. La situation financière de Dexia est sous contrôle."

Encore une petite passe d’armes sur les pensions et la séance touche à sa fin. Sans qu’un vote ne vienne sanctionner quoi que ce soit, au grand dam de Georges Gilkinet (Ecolo), qui déplore ce "déficit démocratique". "Allons, balaie le Premier. Tout ceci est la traduction de l’accord de gouvernement, de la note de politique générale, du budget initial et du contrôle budgétaire, qui ont déjà été largement débattus."

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