Pourquoi une fusion ING-Commerzbank est peu probable

©Photo News

ING serait intéressée par l'acquisition de la banque allemande Commerzbank. Mais cette opération a peu de chances d'être saluée par les actionnaires de la banque néerlandaise.

Le patron d'ING , Ralph Hamers, aurait tenté d'entamer des pourparlers en vue d'une prise de contrôle de la banque allemande Commerzbank , selon le magazine économique "Manager Magazin", qui se base sur des sources anonymes. Cet éventuel intérêt ne devrait toutefois pas séduire les actionnaires de la banque néerlandaise, mais devrait tout au plus apporter le sourire à Commerzbank.  

Le gouvernement allemand, principal actionnaire, et la banque d'Amsterdam auraient tous deux été contactés. Commerzbank ne viserait pas immédiatement des pourparlers officiels, mais maintiendrait la porte entrouverte.

"Il y a des situations dans lesquelles la banque pourrait envisager une prise de contrôle".

Ni ING ni Commerzbank n'ont voulu réagir. Un porte-parole d'ING a déclaré que la stratégie de la banque néerlandaise était de se développer seule depuis des années. "Il y a des situations dans lesquelles la banque pourrait envisager une prise de contrôle. C'est-à-dire, par exemple, si elle veut avoir un certain portefeuille, ou si la situation sur un marché sur lequel ING est active depuis un certain temps change soudainement".

Les investisseurs de Francfort étaient enthousiastes à propos de cette nouvelle; une de plus. Début du mois, on entendait que l'enseigne italienne Unicredit aurait aussi fait part de son intérêt pour Commerzbank, de quoi mettre la pression sur Deutsche Bank et son CEO Christian Sewing, officiellement en discussions de fusion avec  Commerzbank. Le titre de cette dernière a terminé mardi en hausse de 3%. ING a maintenu une hausse de 0,9%.

Une fusion ING-Commerzbank? Vraiment?

La fusion de la Deutsche Bank et de la Commerzbank est à l'étude depuis un certain temps déjà. Si ING s'immisce dans le jeu, cela peut dynamiser Commerzbank. Néanmoins, dans le cas d'ING une telle opération aurait peu de sens aux yeux des actionnaires.

→ C'est qu'en Allemagne, grand marché bancaire, mais où être rentable est une autre histoire, la percée d'ING est décevante. De plus, les 8 millions de clients allemands d'ING et les quelque 150 milliards d'euros de dépôts sont tous gérés en ligne, reflet de la stratégie voulue par le CEO Ralph Hamers. 

→ Autre point, la taille de Commerzbank (à peine 10 milliards d'euros) et son faible rendement sur capitaux propres.

Améliorer la performance de Commerzbank serait donc un sacré défi qui passerait par des fermetures d'agences, des pertes d'emplois et donc un bras de fer avec les syndicats; et ce même si le bain de sang social devait être moindre qu'en cas de fusion des deux enseignes allemandes.

→ Un point en faveur d'ING: le "Manager Magazin" indique qu'en cas d'opération, ING pourrait installer le siège de l'entité fusionnée à Francfort. Doit-on y voir un geste politique? La réglementation néerlandaise est la plus stricte en matière de plafonnement des bonus des banquiers (maximum 20% du salaire de base). À Francfort, ils peuvent atteindre 200%.

Dans les rangs de Deutsche Bank, il se dit que de grands actionnaires auraient demandé à Sewing de travailler à un "plan B" si les obstacles à la fusion devaient se multiplier. Le CEO aurait donc mis sur la table, selon certaines sources, deux scénarios:

• Un léger update du plan stratégique avec une accélération des réductions de coûts dans la banque d'investissement.
• Un important virage stratégique.

Outre ING et Unicredit, d'autres noms d'acteurs bancaires ont déjà été cités comme repreneur potentiel: BNP Paribas et Santander.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect