Voici pourquoi le groupe Arval devrait devenir une filiale de BNP Paribas Fortis

©Arval

Le groupe français BNP Paribas est sur le point de céder le groupe de location de voitures d’entreprise à BNP Paribas Fortis. Quelles sont les motivations à l’origine de cette opération intragroupe de taille? Les voici.

BNP Paribas va bientôt transférer le groupe Arval (leasing de voitures d’entreprise) à sa filiale belge BNP Paribas Fortis, annonçait L’Echo ce jeudi. À bonnes sources, des précisions nous sont parvenues sur les modalités et les raisons de cette opération interne.

L’opération, qui doit encore être soumise à une série d’autorisations, dont celle des régulateurs, est prévue pour le quatrième trimestre 2016 ou le premier trimestre 2017. Il s’agira d’un apport en nature. C’est la totalité du groupe Arval qui sera apportée à BNP Paribas Fortis. Les actions Arval Service Lease (c’est le nom complet de l’entreprise) détenues actuellement par BNP Paribas seront transférées à BNP Paribas Fortis SA.

BNP Paribas Fortis "a l’opportunité d’acquérir une activité rentable qui lui permettra d’améliorer sa propre rentabilité". document interne

Augmentation de capital

La banque belge procédera à une augmentation de capital pour rémunérer l’apport de BNP Paribas et les fonds propres de BNPP Fortis seront augmentés à hauteur de la valeur d’Arval. Il n’y aura donc pas de paiement en cash de Bruxelles vers Paris. Quelle est la valeur d’Arval retenue pour ce deal? À ce stade, la question reste sans réponse.

Comment s’explique ce transfert intragroupe? "Avec Arval, la banque a l’opportunité d’acquérir une activité rentable qui lui permettra d’améliorer sa propre rentabilité et d’utiliser efficacement sa liquidité et sa solvabilité", peut-on lire dans un document interne à BNP Paribas Fortis. "La banque était à la recherche de ce genre d’opportunité et elles ne sont pas légion."

Fin août encore, lors de la présentation des résultats semestriels de la banque belge, le CEO Max Jadot se disait à la recherche de solutions pour compenser la baisse des revenus d’intérêts due aux taux d’intérêt ultraplats. "On va continuer à chercher des solutions à ce problème de faiblesse persistante des taux, disait-il. Les banques, qui ont longtemps gagné leur vie sur la marge d’intérêt, doivent aller chercher d’autres types de revenus."

25% de retour sur fonds propres

En fait de rentabilité, Arval a réalisé l’an dernier un bénéfice net de 361 millions d’euros, lit-on dans le même document. Le total de bilan s’élevait à 16 milliards d’euros, dont 13,3 milliards d’actifs de clients et 1,4 milliard de fonds propres. Ce qui situe le retour sur fonds propres (ROE) à quelque 25%. Arval revendique par ailleurs une présence dans 28 pays, une flotte de 949.000 véhicules et quelque 5.600 collaborateurs.

Financer Arval à meilleur compte

Ok mais, côté français, pourquoi ce transfert de propriété vers la Belgique d’une société battant pavillon bleu-blanc-rouge? Un autre document interne, rédigé cette fois à Paris, apporte quelques éclaircissements. On y lit que "BNP Paribas Fortis dispose d’un excédent de dépôts mais n’est pas en mesure d’allouer de manière optimale cet excédent, en raison de contraintes réglementaires qui limitent sa capacité à financer le reste du groupe BNP Paribas. Cependant, ces contraintes ne s’appliquent pas pour le financement de ses propres filiales."

Il semble en effet que, en devenant filiale de BNP Paribas Fortis, Arval puisse disposer sans limite de la forte base de dépôts de la banque belge, ce qui ne serait pas le cas actuellement en tant que filiale de la maison mère française et ce, nous explique-t-on, en vertu d’une règle propre à la Banque nationale de Belgique.

Le document français indique encore que l’opération "permettrait, après transfert du groupe Arval, à BNP Paribas Fortis d’affecter une partie de ses ressources excédentaires au financement de l’activité du groupe Arval (qui, n’ayant pas de dépôts, finance son activité par dette bancaire)."

Résumons-nous: avec le transfert d’Arval de BNP Paribas vers BNPP Fortis, l’idée est à la fois de financer Arval à meilleur compte et de relever la rentabilité de BNPP Fortis. Vu comme ça, le deal arrangerait Paris comme Bruxelles.

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