Le mariage Ahold Delhaize officialisé

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Après avoir terminé son parcours boursier par un feu d’artifice, Delhaize s'est marié ce samedi avec Ahold. Le dernier obstacle à la fusion a été levé vendredi soir avec le feu vert donné par la FTC, le gendarme américain de la concurrence.

Cette fois, les jeux sont faits. Delhaize et Ahold se sont mariés ce samedi, comme ils l’avaient annoncé jeudi. Vendredi soir, la FTC (le gendarme américain de la concurrence), a fait savoir qu’elle acceptait la fusion pour autant que le nouveau groupe vende 81 magasins dans sept états américains (Delaware, Maryland, Massachusetts,  Pennsylvania, Virginia  West Virginia et New York).  En réalité, Delhaize et Ahold ont fait plus que répondre à ses exigences puisque, la semaine dernière, ils avaient annoncé la cession de 86 magasins dans sept états. Cinq de plus donc, ceci afin de répondre à la demande d’un des acheteurs.  

"Nous sommes heureux de clôturer notre fusion avec Ahold. Je souhaite remercier nos collaborateurs pour leur travail et leur dévouement. Le moment pour fusionner ne pouvait être mieux choisi, et nous sommes convaincus que nous serons encore davantage au service de nos clients, nos communautés et nos investisseurs", a commenté le CEO de Delhaize, Frans Muller.

Dès lundi le nouveau groupe, baptisé Royal Ahold Delhaize, sera coté sur Euronext Amsterdam et Bruxelles. Vendredi, l’action Delhaize, introduite en Bourse de Bruxelles il y a 54 ans, a clôturé son parcours en hausse de 0,29% à 102,8 euros. Un nouveau record qui renforce encore aux yeux des investisseurs l’opportunité de ce mariage.

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N°1 au Benelux

Il aura donc fallu 13 mois entre l’annonce de la fusion et son dénouement. Le timing a été plus ou moins respecté, mais les obstacles étaient nombreux et l’opération compliquée. Elle donne naissance, pour rappel, à un géant qui pèse 62,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 2,0 milliards d’euros de résultat opérationnel et 1,2 milliard de résultat net (chiffres 2015). N°1 du secteur au Benelux, n°1 européen en termes de capitalisation boursière (27,8 milliards d’euros hier). L’ensemble emploiera 383.000 personnes dans quelque 6.600 magasins.

Ahold Delhaize, c’est aussi, selon ses dirigeants, une même culture axée sur des enseignes locales fortes, une compatibilité géographique (même si 86 magasins ont dû être cédés aux Etats-Unis et 13 en Belgique), la mise en commun d’atouts complémentaires (produits frais pour Delhaize, commerce électronique pour Ahold…), des synergies de 500 millions… 50 à 60% de ces dernières viendront de meilleures conditions d’achat, 25 à 30% de diminution de frais généraux et de charges administratives et 15 à 20% d’achats indirects. 40% de ces synergies seront réalisées d’ici la fin de cette année, 80% à la fin 2017 et 100 d’ici la fin 2018.

Alléchant sur le papier, le mariage laisse pourtant à certains un goût amer, les nostalgiques pleurant la énième dissolution d’un fleuron de notre économie. Présentée comme une fusion entre égaux, l’opération s’assimile dans les faits à une reprise du Belge par le Néerlandais pour, rappelons-le, 9,3 milliards d’euros. De fait, les actionnaires belges ne vont recevoir que 39% des parts de la nouvelle entité, le siège est basé près d’Amsterdam, le CEO (Dick Boer) vient d’Ahold et il n’y a qu’un Belge (Marc Croonen) parmi les dix membres du comité exécutif, dont six viennent d’Ahold et quatre de Delhaize. Seul le conseil de surveillance est composé de manière paritaire. Les optimistes voient pour leur part le bon côté de ce mariage: le maintien de l’enseigne Delhaize, la poursuite de sa stratégie et des opportunités de développement au sein d’un ensemble plus puissant.

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Quid d’Albert Heijn en Belgique?

Le plus dur reste évidemment à venir: faire fonctionner cette énorme machine, harmoniser les cultures et régler quelques dossiers urgents, comme le maintien ou non en Belgique d’Albert Heijn, l’enseigne phare d’Ahold, réduite à une trentaine de magasins. Le nouveau Ahold Delhaize va-t-il continuer à exploiter deux marques différentes et concurrentes en Belgique? Ce sera un des premiers chantiers de ses dirigeants.

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