Zalando veut profiter du boom de la seconde main

D'ici 2028, on estime que le marché de la seconde main sera 1,5 fois plus important que le marché traditionnel de la mode "Made in China". ©Vinted

Zalando annonce le lancement d'un site d'échange et d'achat de vêtements et articles de mode d'occasion. De quoi prendre pied dans un secteur en plein boom.

Le marché de la seconde main a la cote. Les unes après les autres, les marques s'y mettent: Dreamland, Decathlon, Ikea, H&M – via son enseigne COS –, ou encore Kiabi... Puis, il y a les acteurs qui se sont créés sur le concept même de la seconde main, comme 2ememain, Vinted, Videdressing, Depop ou encore Booxup, spécialisé dans les livres d'occasion.

À partir du mois d'octobre, les Belges pourront aussi acheter et échanger des articles de mode d'occasion via le site de Zalando, "Pre-owned".

La seconde main est tendance

"Deux Européens sur trois ont déjà acheté un bien d'occasion et 6 sur 10 ont vendu leurs biens sur des plateformes dédiées à l'e-commerce de seconde main", estime-t-on chez Cross Border Commerce Europe. "Rien que pour la Belgique, on notait en 2019 une croissance de 11% des ventes en seconde main", précise Sofie Geeroms de BeCommerce.

13%
D'ici 2028, l'habit d'occasion pourrait remplir 13% de nos garde-robes.

L'application Vinted revendique à elle seule de plus de 25 millions d'utilisateurs dans 11 pays. En 2019, elle affichait plus de 1,3 milliard d'euros de vêtements vendus via sa plateforme.

D'ici 2028, le marché de la seconde main pourrait être 1,5 fois plus important que le marché traditionnel de la mode bon marché. L'habit d'"occase" pourrait ainsi remplir 13% de nos garde-robes.

Jeunes et écolos pro-durable

"Nous sommes face à une tendance qui est loin d'être un effet de mode"
Carine Moitier
Cross Border Commerce

Cet engouement est-il le résultat d'un effet de mode ou le signe d'une évolution de notre société de consommation? "Nous sommes face à une tendance qui est loin d'être un effet de mode", indique Carine Moitier fondatrice de de CBorderCommerce.eu.

Ce marché n'est pas neuf. La crise sanitaire du coronavirus et la fermeture des commerces non alimentaires ont accéléré la donne. "L'effet de la pandémie sur les habitudes d'achats pourrait sonner le glas de la mode rapide… du 'Made in China'", poursuit Carine Moitier.

"L'effet de la pandémie sur les habitudes d'achats pourrait sonner le glas de la mode rapide… du 'Made in China'".
Carine Moitier
Cross Border Commerce

Et si par le passé, on se rendait dans les magasin de trocs ou des Cash Converters pour des raisons économiques, il semble que désormais le marché de la seconde main soit davantage porté par des raisons écologiques.

Figure de proue de cette tendance: les 18-37 ans. Ils opèrent 2,5 fois plus d'achats en seconde main que les autres groupes d'âge. Leur motivation n'est pas en premier lieu l'état de leur portefeuille. Ils sont véritablement motivés par le "achetons moins, mais achetons mieux". Pour eux, la nouvelle norme, c'est le rachat de vêtements dont les autres ne veulent plus, voire la location d'une garde-robe. On voit là aussi des acteurs comme Closet.fr ou le grandressding.com se développer.

La brique face aux clics

"Avec la pandémie, beaucoup revoient leur business model et accélèrent le développement de la vente en seconde main tant en magasin que via le digital où ils sont aussi présents."
Carine Moitier
Cross Border Commerce

Alors que les acteurs digitaux se multiplient, les acteurs physiques tentent de ne pas rater le train. "Avec la pandémie, beaucoup revoient leur business model et accélèrent le développement de la vente en seconde main tant en magasin que via le digital où ils sont aussi présents", ajoute Carine Moitier.

Il est ainsi possible chez Decathlon de revendre son vélo. Dreamland a développé un site de seconde main pour des articles de puériculture. "Notre idée était vraiment de promouvoir l'économie circulaire, de pouvoir donner une seconde de vie à certains objets en garantissant la qualité et en permettant d'acquérir à un prix moindre", explique-t-on au sein du groupe Colruyt.

Pour les magasins physiques, la seconde main nécessite des coûts de logistique. Mais, insiste Sofie Geeroms, ce service permet de fidéliser le client qui en échange de son article vendu ne perçoit pas de cash, mais des bons d'achat à dépenser dans l'enseigne même. En gardant le client dans ses murs, elle peut aussi accroître son chiffre d'affaires et en plus agir sur le climat. "Ils sont donc trois fois gagnants", conclut-elle.

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