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Reload Yourself, un véhicule au service de la relance

Jean-Olivier Collinet, l'administrateur délégué de JobYourself. ©saskia vanderstichele

En mettant l'accent sur la transmission et en créant un incubateur de faillites, JobYourself veut maintenir et/ou créer 1.000 emplois à Bruxelles en quatre ans.

Parce la faillite n'est pas une fatalité. Parce qu'elle n'est pas inéluctable. Parce que la fin d'une aventure peut aussi être le début d'une autre. Parce que le reprise d'activités ou la transmission de sociétés est encore trop souvent ignorée, Jean-Olivier Collinet, l'administrateur délégué du groupe JobYourself, a décidé de mettre en place le projet Reload Yourself, "un outil juridique, humain et financier" chargé porter la relance d'entrepreneurs ou d'entreprises en difficulté. Ces derniers mois, un incubateur de faillites, doté d'un budget de 7,5 millions d'euros, a même vu le jour au sein de JobYourself.

"Trop souvent, on préfère démarrer d'une feuille blanche alors qu'on a peut-être intérêt à démarrer d'une base existante."
Jean-Olivier Collinet
Administrateur délégué de JobYourself

"Relancer une activité, c'est anticiper. Il faut 'désautrucher' l'entreprise en difficulté", explique Jean-Olivier Collinet. "On doit créer des boutures économiques et sociales. On est dans l'existant, on veut mettre une bouture qui permet de relancer", explique notre interlocuteur, qui estime qu'il faut changer la posture des entrepreneurs.

"Trop souvent, on préfère démarrer d'une feuille blanche alors qu'on a peut-être intérêt à démarrer d'une base existante", précise-t-il encore. C'est par le biais de Reload Yourself que les repreneurs de Cameleon (qui avait fait aveu de faillite en novembre 2020) ont réussi à relancer l'activité en y incluant la plupart des membres du personnel.

Vivier d'entreprises à remettre

Pour Jean-Olivier Collinet, il y a, à Bruxelles, un potentiel de faillites à venir et un vivier d'entreprises qui doivent être relancées. "La force de Reload est de créer un cadre sécurisé pour relancer une entreprise qui, si on n'intervient pas, disparaîtra. Cela coûte parfois moins cher de réparer que de construire", explique l'administrateur délégué de JobYourself, initiateur de Reload Yourself.

"Reload", on l'a compris, pour relancer et "Yourself" parce que l'activité n'est pas relancée à la place des entrepreneurs, mais avec les entrepreneurs. "On leur donne les éléments pour redémarrer avec un cadre comptable et administratif sur une période de 24 mois", précise notre interlocuteur, qui veut porter un message fort et simple à Bruxelles: "Reprendre, c'est entreprendre".

"Souvent, des petites structures préfèrent arrêter au lieu de transmettre."
Jean-Olivier Collinet
Administrateur délégué de JobYourself

Après Start (permettre à des entrepreneurs de tester une activité en étant hébergé chez JobYourself), et Dies (salarier des entrepreneurs pour qu'ils n'aient plus à se soucier du volet administratif de leur société), Reload Yourself est le troisième pilier mettant en avant l'idée de transmission. Après un premier essai avec Cameleon, Reload travaille actuellement sur trois projets d'accompagnement. Confidentialité oblige, Jean-Olivier Collinet ne peut pas trop en dire, mais l'un des trois porte sur une petite société active dans le secteur de la mode qui sera reprise par une stagiaire. "Souvent, des petites structures préfèrent arrêter au lieu de transmettre", explique notre interlocuteur.

Incuber les faillites

Poussant plus loin encore sa réflexion, le groupe JobYourself vient de mettre sur pied un incubateur de faillites, avec le soutien du ministre bruxellois de l'Emploi, Bernard Clerfayt. Doté d'un budget de 7,5 millions d'euros tiré du plan de relance (étalé jusqu'en 2025), cette structure a pour but de racheter des sociétés en faillite avant de les relancer, de préférence avec l'entrepreneur qui, pour la cause, deviendra salarié de Reload Yourself (tout comme les travailleurs et les éventuels associés).

7,5
millions d'euros
Le budget obtenu par Reload pour lancer son incubateur de faillites.

Dans ce cas de figure, l'idée de Reload est, après analyse du dossier et de ses potentialités, d'accompagner la relance en proposant un support comptable et administratif. "La boîte est intégrée chez nous et on la transmettra maximum 24 mois plus tard", précise Jean-Olivier Collinet, sachant que le but est de la revendre à l'entrepreneur. L'objectif final, on s'en doute, est de sauver les emplois touchés par la faillite. On l'a dit, pour ce projet, soutenu par la Région, Reload a obtenu un budget global de 7,5 millions, d'ici à 2025, dont un fonds de roulement de 1,5 million d'euros pour l'acquisition d'entreprises.

Lancé à la fin de l'année 2020, le projet pilote Reload porte en lui deux innovations: un véhicule juridique chargé de transmettre des petites structures avec un portage temporaire et un incubateur dédié à la relance des faillites, sachant que ces deux projets utilisent les mêmes outils de portage – une mutualisation comptable, financière et administrative, une équipe d'experts et de coachs internes et externes et une forme de solidarité sur les succès. Comprenez que Reload se rémunère sur la marge générée par l'entreprise lors de son parcours chez Reload.

Et comme l'appétit vient en mangeant, l'ambition du groupe JobYourself est de maintenir et/ou créer 1.000 emplois à Bruxelles d'ici quatre ans.

Le résumé

  • Reload Yourself, un projet pilote de l'ASBL JobYourself, cherche à promouvoir la transmission d'activités avant qu'elles ne tombent en faillite.
  • L'idée est de pousser à la transmission plutôt qu'à la création.
  • Avec un budget de 7,5 millions d'euros, Reload vient de lancer un incubateur de faillites.

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