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Comment la traduction instantanée est devenue intelligente

Les outils permettant la traduction instantanée, comme Google Translate, sont de plus en plus utilisés dans le monde. La qualité des traductions y est pour quelque chose. ©AFP

D'un robot faisant du mot à mot à une intelligence artificielle prenant en compte le contexte et faisant des prédictions, la traduction automatique en ligne a fait sa mue pour se rendre indispensable.

Pour comprendre et apprécier une innovation, il faut regarder d'où l'on vient. Dans le cas qui nous occupe avec la traduction en ligne, c’est peu dire si du chemin a été parcouru. Le premier service de traduction en ligne est né en 1999. Baptisé Babel Fish, en référence au roman "Le Guide du voyageur galactique", il a été conçu par Systran et mis en ligne par Altavista, deux noms qui sentent bon l'internet du début du millénaire. Le service existe toujours si vous le cherchez, mais il faut bien admettre qu’il y a beaucoup mieux aujourd’hui. Qui dit traduction en ligne, dit désormais Google Traduction. L’outil de Google s’est imposé au fil des années comme la référence pour les courtes traductions en ligne. Son positionnement en tête de page lors d’une recherche de traduction n’y est évidemment pas étranger, mais c'est bien la récente qualité de ses traductions qui en ont fait un incontournable.

Google translate, champion toute catégorie

2016 est un tournant dans l’histoire de ce qui s’appelait encore à l’époque Google Translator et dont les traductions étaient pour le moins basiques, la grammaire et le contexte n’étant quasi pas pris en compte. Cette année-là, Google revoit complètement le fonctionnement de son outil de traduction et lui offre littéralement un nouveau cerveau. Basée sur l’apprentissage automatique, la nouvelle technologie copie le fonctionnement du cerveau humain. Lorsque vous demandez une traduction, le cerveau virtuel traduit le début de la phrase et fait ensuite des prédictions sur ce qui suit jusqu’à trouver la combinaison la plus probable. Depuis son lancement en 2016, le logiciel apprend au fur et à mesure des traductions et se nourrit de chaque texte pour s’améliorer. Le résultat obtenu en quelques centièmes de secondes est bluffant par sa qualité que ce soit pour un mot, un texte, une image ou une page web entière.

"L’intelligence artificielle, ce n’est pas une grande lessiveuse dans laquelle on peut tout mettre. C’est bien, mais l'humain doit toujours définir les paramètres et de la diriger."
Théo Hoffenberg
Fondateur de Reverso

Derrière Google, ce n’est pas le désert. Il existe aussi un champion européen de la traduction en ligne. Fondée par Théo Hoffenberg, Reverso est le premier résultat qui apparait lors d’une recherche de traduction dans Google… après l’outil de Google, évidemment. Avec aujourd'hui 70 millions d’utilisateurs, Théo Hoffenberg et son logiciel Reverso ont réussi à tenir le choc face à Google même si l’arrivée sur le marché du géant américain a complètement redistribué les cartes.

Résister aux Gafa

Pour résister, il a fallu innover et là aussi faire appel à l’intelligence artificielle. "Depuis trois ans, nous travaillons avec l’intelligence artificielle. Avant cela, c’était des règles et des statistiques. On a pu nourrir le système de toutes sortes de données, de textes et il faut ensuite paramétrer l’apprentissage", nous explique le fondateur de Reverso. Un vrai changement pour Reverso qui est un pionnier en la matière, d’abord présent sur PC dès 1998 avec son logiciel et ensuite sur internet. Pour son fondateur, si l’arrivée de l’intelligence artificielle et du machine learning a révolutionné le secteur, l’humain reste indispensable. "L’intelligence artificielle, ce n’est pas une grande lessiveuse dans laquelle on peut tout mettre. C’est bien, mais l'humain doit toujours définir les paramètres et de la diriger."

70
millions d'utilisateurs
Reverso, champion européen de la traduction en ligne compte 70 millions d'utilisateurs de ses services.

S’ils sont sur le même marché, font face aux mêmes défis et usent du même type d’innovation, difficile de comparer Google et Reverso tant leur cible et leurs usages sont différents. Google est là pour les courtes traductions (maximum 5.000 caractères) sans contexte et s’apparente à un compagnon multilingue dans sa poche quand Reverso mise tout sur le contexte, la traduction léchée et professionnelle généralement pour de plus longs documents. Le constat est par contre le même pour les deux acteurs, le niveau actuel des traductions automatiques est incomparable à celui affiché il y a encore quelques années grâce à des cerveaux virtuels qui apprennent tous les jours.

"Bientôt, nos propres mots seront amplifiés, traduits et sous-titrés au fur et à mesure que nous parlerons, et d'autres personnes verront et entendront ces informations via leurs technologies oculaires et/ou auditives"
Fanny Meunier
Présidente de l’Institut langage et communication de l’UCLouvain

Voir et entendre la traduction

Le futur de la traduction est aussi celui de la communication. Un nouveau réseau de recherche européen (Language in the Human-Machine Era), auquel l'UCLouvain participe activement, cherche à déterminer l’impact des technologies sur la manière dont nous apprendrons et enseignerons les langues, traduirons les textes ou rédigerons et interprèterons les lois. "Bientôt, nos propres mots seront amplifiés, traduits et sous-titrés au fur et à mesure que nous parlerons, et d'autres personnes verront et entendront ces informations via leurs technologies oculaires et/ou auditives", explique Fanny Meunier, présidente de l’Institut langage et communication de l’UCLouvain.

Un scénario de science-fiction qui n’est pas si loin de nous, au vu des pas de géant que le secteur a fait en quelques années.

Le résumé

  • La traduction en ligne a fait des bonds technologiques de géant en quelques années pour aujourd'hui être indispensable sur internet.
  • Derrière l'incontournable Google, le français Reverso tire son épingle du jeu.
  • La prochaine étape, c'est l'utilisation de dispositifs oculaires ou auditifs pour traduire en temps réel nos conversations.

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